CHAPITRE IV
Imt une femme avec laquelle il avait vécu* Ce cas est un peu inrt, ajoute-t-il,mais je ne doute pas qu'il n'y en ait beaucoup ie semblables, »
Un témoin plus compétent que nul autre, en cette matière, k ministre de Newgate , interrogé : u Avce-vous observé l'effet de la sentence sur les prisonniers? » a répondu : »Elle n'en produit presque aucun ; la plupart des condamnés à mort , pensent et s'occupent de toute autre chose qu'à se préparer à ce moment.» Interrogé relativement à l'effet produit sur l'esprit du peuple pai* l'exécution capitale, il a répondu : u Je pense qu'elle produit un mouvement instantané de saisissemeut et d'horreur sur la jeunesse et l'inexpérience ; mais fimpression n'est pas durable , et la scène est à peine termiaée que l'image en est effacée. Les vétérans expérimentés disent que la chance a tourné contre le patiept , que cela ne prouve rien, et qu'on doit s'attendit à ces aocidens : mais leur eiprit ne reçoit aucune impression sérieuse* J'ai eu occasion Mler dans les cours de la prison une heure «t demie après une exécution, et j'ai trouvé les autres s'amusant, jouant à k paume , aux palets , comme s'il ne fût rien arrivé. » - Ces esquisses n'ont pas besoin de couleur pour en relever Teffet. Rien , à mon avis , ne prouve plus matériellement fttutiiité absolue de cette prodigalité de la vie humaine, son entière inefficacité comme punition , et son opération destnicftive sur la morale publique.
NOTE VII
L'amour des parens pour leurs enfans et celui des enfans pour leurs parens, est peut-être ie sentiment que la nature imprima en caractères les plus ineffaçables dans tous les cœurs ; c'est ce sentiment divin qui fut le premier lien des sociétés ,
c'est lui qui perpétua les familles , qui fut tout à la fiû le gei*me des plus douces et des plus nobles vertus : les sièdei et les générations ont passe sur la terre et ce penchant a toujours conservé sa puissance ; jamais la nature ne cessa de veiller i|n instant à ses droits.
Us avaient bien compris ce penchant , ces anciens législateurs , lorsqu'ils se refusèrent à la pensée même de ces crimes horribles , contre lesquek nos codes plus civilisés ont de- ~ puis accumulé toutes leurs rigueurs. Pourquoi Solon ne sanctionna-t-il aucun châtiment contre le parricide ? ËtaitJl | intimement persuadé que jamais Tenfant ne lèverait un bras sacrilège sur Tauteur de ses jours , sur celle qui le porta dans son sein , qui le nourrit de son lait? Non; mais il s'arrêtait à ridée morale et consolante , que cet attentat ne serait jamais que celui d'un furieux, incapable de raisonner et d'apprécier toute l'énormité de sa faute ; il livrait le parricide à son dâire ou à ses remords , et ne croyait pas qu'il fut nécessaire de ci menter les liens les plus naturels par le sang de qadqaai monstres.
Je n'énumérerai pas ici les peines atroces qu'on sanctkHmt par la suite contre le parricide et l'infanticide ; mais leur opé- • ration incertaine et toujours immorale , me permet d'afiSmcr'4 que ces forfaits n'auraient pas été plus fréquens, si l'on avait ^ consacré le silence du législateur d'Athènes.
Indépendamment de l'inutilité des lois existantes pour pré* ^ venir ces crimes, on est encore frappé de leurs inconséquences J et de leurs imperfections intrinsèques ; et d'abord , il semble " que non contentes de rappeler à l'humanité la possibilité des fureurs les plus hideuses , elles se sont encore efforcées d'en agrandir le domaine. C'est ainsi que le code pénal qui noii»l régit , comprend également sous la qualification de parri' cide , le meurtre des pères ou mères légitimes , naturels ou