CHAPITRE IV
tdoptifsy ou de tout autre ascendant légitime, ( art. agg. ) Vlais si les législateurs ont imaginé une paternité fictive , 3nt-ils également pu imaginer un parricide fictif ?
Les liens de la reconnaissance , dit- on , ne doivent pas être noins sacrés que ceux de la nature : cette maxime serait vraie ii le bienfaiteur ne pouvait jamais perdre ses droits à cette nême reconnaissance ; mais combien n*en voyons-nous pas jui de leurs faveurs mêmes , font jaillir une source d'amertume , et qui, tous les premiers, brisent ces liens qu'on nous représente comme inviolables ? Et d'ailleurs cette paternité Bctive , cette adoption ne peut-elle pas être la conséquence d'un :bienfait reçu par Fadoptant lui-même ? (i) —De quel c6té dans ce cas devrait se trouver la reconnaissance ? Et qui cependant la loi frappe-t-elle comme ingrat ? ' '
Je ne puis assez le répéter ; le parricide est un de ces crimes qui décèlent si évidemment le délire , la fureur de celui qui s'en rend coupable , qu'on ne peut supposer qu'il puisse jamais être la conséquence d'un plan prémédité : nos lois lemblent même avoir consacré cette vérité en le punissant MHS avoir égard à la circonstance de guet-apens ou cfe préméditation. — Mais on a d'autant plus de raison de s'étonner ^'elies aient décidé en même temps que le parricide n'était jamais excusable. ( art. 322 , C. P. ) (2)
(i)Art. 345, G. civil, «c La faculté d'adopter peut être exercée en- ^•Ten celui qui aurait sauvé la vie de Fadoptant , soit dans un combat, * toit en le retirant des flammes ou des flots, m
()) L'art. 323 du Code pénal est une exception aux articles 3a i et 323, !• I. Le fils qui, provoqué par des coups ou des violences graves de la
Cde son père, lui porte dans son égarement un coup mortel, est dans les cas punissable de mort.
J'aperçois d'abord ici une difficulté qui souvent doit être insurmon- (i6le : — Comment déterminer la nature des violences exercées par le
Ainsi le fils qui défendit son épouse, ses enfans des (an d'un père indigne de ce nom, et qui , dans sa juste colère, porta une blessure qui précipita le terme de son existence!
père à regard du fils? A quoi reconnaître si ces yiolences pooTaient non mettre en danger la vie de ce dernier, ou celle des individus dont embrassait U défense 7 Peut-on acquérir quelque certitude sur ce'poui| sans rechercher d'abord l'intention du père 7 et celte recherche n'eil^ elle pas presque toujours impossible ? — Tout cependant dépend delîfl le supplice ou l'acquittement de l'accusé. -* Qu'on se mette ici à Ift place du fils. -* Le père dans un moment de fureur s'empare d'une antff qui peut devenir meurtrière; il frappe.... Ne redonblera-t-il pas? qv tait où s'arrêtera sa rage! — Beaucoup d'enfans, sans douté, prël»reraient recevoir la mort de la main de leurs parents, que de $*j sooi gj traire au péril de la leur donner eux-mêmes : mais ce dévoûment de^ grandes âmes ne peut pas être exigé du commun des hommes ; ce ne BoJk pas pour des êtres privilégiés que sont faites les lois. — Que fera donelfl fils ? — Le danger actuel s'agrandira à ses yeux , il ne pourra se iBattriP| •er, il portera un coup et par un funeste hasard ce coup 8eraniortel«H4l Ce cas c«(-{r impossible? . g
L'inconséquence de la loi a occasionné un doute plus pénible enco i ^ Y a-t*il parricide lorsque la vie du fils a été mbe en périt dans le dm^* ment même où le meurtre a été commis 7
En comparant Fart. 333 avec le i«r. S. de l'art. 324, quelques erial^ nalistes ont cru que l'affirmative résultait évidemment de l'esprildelNJ loi. -* Mais l'art. 334 a disposé pour un cas particulier, et il est dt li| nature des exceptions de ne régir que les cas qu'elles ont prévus.
L'art. 334 n'en est pas moins inexplicable , j'oserais même dire ab^ surde : -— Pourquoi en effet n'y a-t-il ni crime , ni délit lorsque le par* ricide est provoqué par la nécessité de la légitime défense de soi ou d'autrui ( art. 338 ) , tandb que dans des circonstances absolu semblables, le meurtre commis par l'époux sur l'épouse ou par celle-ci sur son époux, n'est qu'excusable et par conséquent passible d'un cbâti-' ment ( art. 336 } 7 Pourquoi cette exception k l'art. 338? Le parrieid0 est- il donc moins condamnable que le conjugicide? — - Et cepefidant sflt^ lequel de ces deux crimes- s'appesantit la rigueur de la peine? Ponrle* quel de ces deux crimes a-t-on sanctionné l'art. i3du Code pénal?