‹ De la peine de mortChapitre 57 sur 163 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

^tre long , son retour incertain : il avait^ un ami ; c'est lui {u il chargea du soin de veiller à la conduite de ses affaires >endant son absence ; les fonctions de celui-ci lui donnèrent m libre accès près de Tépoiise de son ami ; elle était jeune , >elle et aimable ; il possédait les mêmes avantages. — J'omets :et enchaînement successif d'entraînement , de séduction , l'artifice , d'audace , d'égarement d'une part , d'indignation , de froideur , de compassion , de faiblesse , d'aveuglement de L'autre ; j'arrive au dénouement : elle fut commise cette faute que semble excuser la société, et que la loi ne poursuit qu'en tremblant : ses conséquences furent terribles.... L'épouse déchue ne se réveilla d'un égarement involontaire que pour mesurer toute l'étendue de sa détresse. . . . elle était enceinte. . . Le malheureux séducteur avait fui la juste indignation d'un époux, d'un père, il s'était dérobé aux reproches amers de sa victime : elle resta seule , livrée à ses remords , abîmée dans «on désespoir ; elle fuit les regards , elle repoussa ses enfans de son seixK adultère ; l'image d'un époux indignement trahi dans ses affections les plus chères , se présenta sans cesse à K)Q ipiagination ; elle le vit irrité , gémissant , déshonoré , numdissant celle sur laquelle jadis il rassembla tout son amour; elle oublia sa propre honte pour ne s'occuper que de l'igno- Aiinie qu'elle allait faire jaillir sur le meilleur des hommes : ^lle le savait , lui déclarer sa faute, c'était lui porter le coup Hortel ! Mille pensées funestes , mille songes sinistres vinrent bouleverser , anéantir son ame... L'époux plein de tendresse, kleinde confiance annonça son retour.... La foudre est moins apide que ne le fut la détermination de l'infortunée... /époux ne reti*oiiva plus qu'une victime destinée à l'échalud.... (i)

(i) Monbttt^eQ traçant ces tableaux, iVcst ni d'eiuouvoir, ni do faire

Mais pourquoi] in'arrêter k tracer ce« tableaux a£9igeaiis1 Ils connaissent bien peu le cœur d'une noière, ceux qui croical à la possibilité de Tinfanticide, sans le concours de laplupai| de ces circonstances que la plume ne peut décnve que bie^ faiblement, mais que l'ame toute entière comprend avec ta«i d énergie. — J)t comment puniront-ils donc la xëcîdiTe, s'ib appellent les châtimens les plus extrêmes sur une premièm faute qui ne peut être que celle de l'égarement ? Saint-Louii avait bien compris cette difficulté , et ce législateur, si zéU protecteur de la morale publique , si sévère pour une fouk d offenses à peine punies aujovi\:d'hui de peines oorrectiomielles, ne sanctionna la peine de mort que contre la inèr^ coupable d'un second infanticide (i).

Je sais que quelques criminalistes à théories et à systémef m'objecteront que lorsque le législateur sanctioBfie use peine , il ne doit nullement avoir égard au sentiment moral | aux motifs qx>X dingcnt le coupable .; qu'il ne doit considéret que le dommage occasionnait \^ société , etc. Voîd ma réponse :

Plus l'homme acquieit de l'intelligence, de la force, etploi aussi son existence devient précieuse à la société : la société ne méconnaît-elle donc pas ses propres intérêts en punissant plus sévèrement le meurtre d'un enfant nouveau-né que cdtfi d'un citoyen utile ?

Je dis plus ; combien de chances de destruction n'y a-t*â

de l'éloquence : je ne fais qu*analy|er sommairement trois causes d'infanticide , qui ont occupé les tribunaux de France |iiendant le covfi de Tannée qui vient de s*écouler,

^i]Etab, de S^ LouUy ch, 35, cité par Mr. Taillandier, danssoo ouyrage smv les lois pénales de f rance et d'Angleterre.

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