CHAPITRE IV
iraver les supplices ; la seconde est composée de ces êtres âches et yils qui mûrissent en quelque sorte leurs forfaits le Zode pénal à la main ; la troisième renferme ces infortunés mirâmes au crime par faiblesse , par manque d'éducation, et |ue Tignorance a mis dans- l'impossibilité de connaître ou de prévoir le châtiment.
G)mme ce n'est ordinairement que dans les deux premières que l'on rencontre les auteurs des crimes que nos lois punissent de mort , c'est à cette division que j'ai rapporté ici mes vaisonnemens.
NOTE ÏX.
Voîci encore une des inconséquences du supplice capital. Des exemples rares ne frappent que faiblement les espnts ; ce sont des phénomènes qui étonnent un instant , mais qui ne dérangent guère le cours ordinaire des choses. Pour que la peine de mort soit donc efficace, il faut que les exécutions soient répétées à des époques assez rapprochées ; pour que les exécutions soient rapprochées , il est indispensable que les jlflCeiises soient fréquentes : ainsi la prétendue efficacité du ^luppUce capital se base sur la fréquence même des crimes ifCû devrait prévenir !
NOTE X
Quelque temps après que l'on eut décrété l'acte pour la t'âbrme des lois pénales de Pensylvanie (1786), deux indi- '^idus furent convaincus, l'un de vol simple, l'autre ^e vol ^vec e£Braction, commis antérieurement audit acte. Us avaient la faculté de choisir la nouvelle peine au lieu de l'ancienne ; mais ils refusèrent obstinément de se prévaloir du bénéfice de l'acte, et se soumirent à la sentence de mort dans
l'espoir d'être grades. Les espérances de Tun furent réalisces, mais celles de Fautre furent déçues. Les regrets amers qne fit éclater ce malheureux lorsqu'on lui annonça sa prochaÎDe exécution, et le désespoir qui le saisit lorsqu*on le condiûil au lieu du supplice, prouyèrent à la fois combien Tima^ d'une mort présente est terrible, et combien sont fortes pour le coupable les espérances du pardon. (Bradford. (1795) Gtneral obsetvaiions upon the purùshment qfdeaih. )
NOTE XI
On asouvent cherché a déterminer les causes de h firéquence ou de la rareté des grands crimes; on s'est souvent demandé pourquoi les assassinats étaient plus communs ea Italie , en Espagne , qu'en Angleterre , en France , en Allemagne , en Belgique ; et l'on a cru surtout en apercevoir b raison dans la difierence du climat , des mœurs et du goavemement. — Je conviens que les passions sont souvent plus impétueuses dans les contrées du midi que dans celles da nord , que la moralité des peuples est en quelque sorte k thermomètre de leur sécurité , que l'oppression est la source la plus féconde des maux qui affligent l'espèce humaine; mais je crois qu'il faut aussi beaucoup attribuer, sous ce npport, à la natiure du système répressif. — Dans le pays o& l'administration de la justice est bien organisée , où elle est fortifiée de toutes les forces individuelles , chaque citoyen sait que s'il conunet un assassinat , tous ceux qui Fentoii- ^ rent s'uniront contre lui; que, partout poursuivi, on mettfi w tout en œuvre pour découvrir sa retraite , pour le saisir, et | le tramer devant les juges : élevé dans cette croyance forti- \ fiée encore par cette aversion pour l'homicide que la natnre excite dans tous les cœurs , il ne se porte que rarement i