‹ De la peine de mortChapitre 62 sur 163 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

des violences meurtrières ; dans se$ querelles , il préfère supporter avec coui^age les coups d'un antagoniste dont la force «xcède la sienne , que de tirer contre lui le couteau , et de se défendre à Taide de moyens réprouvés par l'opinion et qui attireraient immédiatement sur sa tête toute la vindicte des lois.

Il n'en est pas de même dans les contrées où les moyens répressifs sont imparfaits, et n'ont pu se concilier le suffrage de la communauté. En Italie, en Espagne, le scélérat, l'homme pasionnné ne sont pas retenus par l'idée que le châtiment est la suite inévitable du crime ; dès-lors rien ne les arrête dans l'exécution de leurs lâches projets ; leur haine ou leur Teageance ne connaît pas de bornes ; en quelqu'endroit qu'elle se trouve, leur victime ne peut échapper au fer assassin; en effet , ils savent que dans l'absence des sbires, personne ne mettra la main sur eux et ne remplira spontanément des fonctions regardées comme déshonorantes ; que, dans tous les cas, il leur sera facile de se dérober aux poursuites , de gigner un asile protecteur, de passer dans un état voisin jusqu'à ce que l'affaire soit assoupie. — D'ailleurs le gouvernement lui-même s'en^presse le plus souvent de leur offrir impunité. Chaque jour, l'Espagne gémit sur le meurtre d6 ^elque citoyen, mais les échafauds du pouvoir sont réservés aux victimes du fanatisme et des réactions politiques ; on renouvelle les mito-daje conXxe les hérétiques , et les assassins bravent impunément les lois qui n'ont de force que pour Finjostice et l'oppression. On rétablit à Rome le droit d'asile , et le chef de l'église ne croit pas s'abaisser en traitant d'égal à ^al avec les brigands qui désolent ses états. 28,000 assassinats ont été commis dans la seule île de Corse pendant l'espace de 3o ans ; mais l'on sait aussi que l'autorité, ti'op timide dans remploi de ses moyens , facilita plus d'une fois l'évasion

des coupables. Doit-on s'étonner après cela si , dans ces cmitrées, les lois les plus séyères restent sans efficacité ? — A quoi faut-il surtout attribuer les heureux résultats de la réforme opérée en Toscane au siècle passé ? Indubitablement à Tadoption d'un système répressif tout à la fois juste et menaçant: redit qui y abolit le droit d'asile dans les églises et les couvents, fit soudain abandonner lusage du stilet ; et Léopoid eut, le premier, la gloire de prouver, au sein mémederitalie, qu'un châtiment mpdéré mais certain, est plus propre à prévenir les crimes que toute la riguetu* d'un châtiment atroce mais douteux*

NOTE XII

Voy«9 la note i^. de la conclusion.

NOTE Xlif.

11 est une objection accréditée par laquelle les apologistes du supplice capital croient pouvoir détruire tous les raisoDnemens de leurs adversaires : u Si , disent-ils, de ce que la mort M est inefficace dans quelques cas , on concluait qu'elle » doit l'être dans tous , ce serait condamner également toutes B les peines ; car il n'y en a pas une seule qui n'ait également H été bravée ou oubliée plus d'une fois » •

La peine de mort n'est pas seulement inefficace dans quelques cas , elle Test dans presque tous ; je crois l'avoir prouvé. Mais supposons qu'elle fût susceptible de prévenir le plus grand nombre des crimes qu'elle menace, serait-ce une raison pour la conserver? Il me semble qu'il faudrait d'abord pouvoir affirmer que nul autre châtiment ne serait capable d'opérer les.mémes résultats yet que dans le cas d'une opération égale, le supplice capital serait moins que tout autre productif de conséquences

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