‹ De la peine de mortChapitre 65 sur 163 · A LA SOCIETE EN GENERAL · texte numérisé non relu

A LA SOCIETE EN GENERAL

Carnifex et obductio capilis (!t nomen Ipsum crucis absit non modo a corpore ciyium Romanorum , sed etiam a cogitatione , ocuHs , auribus. Harum enim omnium rerum non solùm eventus alque perpessio, sed etiam conditio, expectatio, mentio ipsa denique, indigna cive Romano atque homine libero est.

( CicEx. pro C, Rahirio 96.)

....Plerique mortales postremameminere ; et in hominibus impiis, sceleris eorum obliti , de pœnâ tantùm disserunt si ea pauco seyerior fuerit.

(Cr. Sallust. , Catil, 5x. )

Aiirsi que la peine de mort , les esLecutlons publiques doivent leur origine à des temps d'esclavage et de barbarie. Comme alors les tyrans croyaient voir des ennemis et des conspirateurs dans chacun de leurs sujets , il dressèrent de ^chafauds , et craintifs eux-mêmes , ils n'aperçurent de la sécûvllëque dans les supplices et dans la terreur que devait inspirer la vue du sang répandu.

Il n'en fut pas ainsi chez les peuples libres. Socrate

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but la ciguë , entouré de ses amis , et une populace efirénëe ne s'attroupa pas autour de son gibet pour s'assoQvir du spectacle de son agonie. Dans les premiers siècles de Rome , les condamnés étaient exécutés dans la prison , et les sénateurs , au lieu d'appeler le peuple au massacre solennel d'un citoyen , prenaient le deuil en signe de douleur , chacpie fois qu'on avait cru devoir décréter la mort d'un coupable. Ce ne fut que sous la tyrannie des empereurs , que les Romains dégénérés furent rangés autour des échafauds et des bûchers pour y recevoir leur dernière leçon de lâcheté et d'asservissement.

Il serait curieux de suivre les progrès de cette coutume féroce , de rechercher les motifs de son maintien : on 5 apercevrait bientôt qu'elle ne s'est perpétuée que comme tant d'absurdes préjugés , de restes de barbarie ^ que le moyen âge légua à notre siècle , et que la philosophie oublia de marquer de son sceau réprobateur.

Rien aujourd'hui n'autorise le législateur à faire jaillir le sang au milieu des places publiques : je concevrais son but, s'il avait le pouvoir d'agglomérer exclusivement autour de l'échafaud tous les scélérats de la contrée; mais lorsque je ne vois accourir à cet affreux spectacle qu'un peuple inoffensif, je ne puis m'empécher de n'y apercevoir qu'un de ces nombreux affronts dont on l'abreuve depuis si longtemps. I

J'ose le dire ; si ce peuple était tout entier composé de ce | que nous appelions la bonne société y le monde poli , on se garderait bien d'aflliger ainsi les regards, d'exciter le trouble et le frémissement dans les âmes; on croirait avoir une garantie assez efHcace dans l'éducation , dans les lu-

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