‹ De la peine de mortChapitre 70 sur 163 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

iz lesquelles les lois de mort , ea frappant tous les jours nouvelles victimes, n'ont fait qu'enfanter de noules calamités. Je dis plus ; pour juger de la moralité {peuples, \e n'ai besoin que de jeter les yeux sur 1rs lois criminelles , je n ai besoin que de connaître spectacles auxquels les entraînaient leurs chefs. Les Dibats de gladiateurs chez les premiers Romains , m'inquent des hommes farouches , altérés du sang de leurs Demis, Incapables d'agir en vainqu.eurs généreux ; les pplice^ atroces chez les Romains dégénérés me rêvé* it de Iftches esclaves qui n'aspiraient qu*à poignarder jrs ty rans pour tendre ensuite les bras à de nouvelles aines: les épreuves judiciaires , les tortures, les pel* 8 du moyen âge , rappellent à mon esprit le régime niai avec sa barbarie et son ignorance : lorsque je ige aux auto Jo/ed'Espagne, aux horreurs de la Saintrthélemi , aux lois contre les hérétiques , aux persécu- »ns reb'gleuses de toute espèce , il me semble voir le fatisme agitant ses torches funéraires et appellant la moi^ îdu genre humain au massacre de l'autre moitié : le sou. nir des tourmens infligés aux sorciers et aux magiciens , s roues, des chaudières, des bûchers, des échafauds "essés sans cesse pour les moindres coupables , me trans- >rte au milieu d'une multitude avide de sang, et puisant à % affreux spectacles la lâcheté et l'endurcissement. Mon ne au contraire se repose agréablement en parcourant pelques codes modernes ; partout je vois l'adoucissement Itt mœurs suivre radoucissement des peines. Elisabeth de ■Qssie , en régnant pendant 25 ans sans échafauds , paiit mettre le sceau à la grande œuvre commencée par

Pu?rrc-lc- Grand ; bientôt «pW» la ToHcanc m'offre le «peOi iacle sublime (Van prince junte et humain , \iirtii d'un peu»;, pie aucpiel il communique ses douces vertus et pour leqail j il abolit (également la peine de mort : dans les pays sep'^ tentrionaux les crimes diminuent , les caractères s'enno* i blissent à mesure que la justice et l'humanitd pénètrent 1 dans les lois criminelles : plusi(mrs provinces de la Hol* 1 lande , de la Suisse , de THcosse ne pressentent pas pendant !, plusieurs annifes un seul exemple sanglant , et j'en concluf ! avec raison que leurs habitans sont justes, compaHssaiis< heureux : les Ktats-Unis d'Amifrique réforment les abof^ delà mère-patrie, ne craignent pas de franchir en quelquaf années , l'espace immcmse ({ui sépare un système atroce du système ))énal le plus doux qui ait encoif L régi les hommes , et les mœurs de leurs citoyens semblent se mouler soudain sur le caractère des sanctions de lears législateurs. Enfin, je compare les codes et les peuples anciens avec les codes et les peuples modernes, et je m'aper* fois que ce n'est que depuis que les exécutions sont dere* nues rares, que les crimes sont également d<;venus moini nomlmmx et moins atroces, que les vies et les propriété ont obtenu une garantie réellement eflicace. — Peut*<m se refuser h ces frappantes analogies? Peut'On méconnat* tre que la barbarie et la fréquence des supplices , i;t que la férocité et les passions qui font les grands criminels , ont toujours , en quelque sorte, marché et se sont affaiblies de concert?

Je crois l'avoir prouvé i élever des échafauds sur lespla* ces publi((ues , entraîner le peuple à des s]K*ctacles san* glans , sous prétexte d'exciter %^ craintes et de lui îds-

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