CHAPITRE V
pirer le respect pour la vie des hommes , c'est aller évidemment contre le but qu'on se propose. Il est un autre moyen de le retenir dans le devoir; c'est de lui montrer les motifs et la possibilité d'être bon , humain et vertueux ; il est un autre moyen de lui prouver que la loi veille sans cesse , et qu'elle ne menace pas en vain; c'est de poursuivre le crime sans relâche et de le punir sans délai. Il est un moyen plus sûr de prévenir les forfaits atroces , que de renforcer par Un assassinat l'aversion toute naturelle que doit inspirer fassassinat ; c est d'en cacher , autant que possible , lexisiitnce , c'est de les plonger dans l'oubli ( 1 1 ): et en supposant même qu'il faille des peines et des peines capitales pour apprendre aux hommes à distinguer ce qui est mal ift ce qm est bien , pour leur donner des idées justes sur la Criminalité des actions humaines , serait-ce, je le demande, în leur montrant le parricide et le faux monnoyeur atta- Aés au même gibet , qu'on pourrait espérer d'atteindre le but proposé? Ne serait-ce pas au contraire leur dire que le vol n'est pas plus condamnable que Fassassinat? Et quel frein resterait-t-il , après leur avoir inculqué de telles nolions !.. n faut l'avouer ; si le cœur des citoyens ne valait pas mieux que certaines sanctions pénales , si leur raison lii'était pas là pour réformer tout ce qu'elles ont de défectueux et d'absurde, la sécurité publique ne reposerait que inr de bien faibles garanties.
le le répète ; une tâche plus noble , plus sublime que «elle d'exciter de vaines terreurs est imposée au législateur qui ne veut que la félicité de son peuple : protéger, cultiver , exciter les sentimens généreux , les vertus douces et compatissantes , voilà quel doit être l'ob-
jet de sa plus vive sollicitude ; écarter tout ce qui ]
'en affaiblir l'influence , en empêcher le dévelopf
en détruire les germes, voilà le plus sacré des ses
Qu* il lave donc la soci(^té du soupçon que font ph
elle les eicécutions publiques, qu'il lui épargne <
blés et sanglans spectacles , qu'il lui accorde la sati
.J^ < de pouvoir se dire que ce n'est pas à la crainte de^
l ri nales , mais bien à l'impulsion des sentimens les pi
5j!;^ rels , qu'elle doit son aversion pour le meurtre ; q
' vj"^ tifie encore cette aversion en abolissant la peine
;^^.'. qui n'est, à proprement parler, qu'un meurtre h
. ;*■■•: place en quelque 'sorte le bouri'eau à côté de Pa
qu'il rende les âmes à l'énergie et au mépris de L en ne leur montrant désormais cette mort que un but glorieux , que comme une nécessité con tous les êtres ; qu'il se rappelle sur -tout que, les '. en se réunissant en corps de nation , ont abdi<] droit aux récriminations , ont fait le sacrifice vengeances particulières au bien-être général ; c{ idée morale respire dans toutes ses sanctions , et il ; dra bientôt autant de crimes , il fera autant de < libres , nobles et compatissans , que les supplices ont depuis tant de siècles engendré de forfaits de pencbans funestes , de lâcheté et d'endurcis Je conclus : La peine de mort est tout-à-fait ii par rapport à la société en général ; dans aucun ne peut effectuer ce qu'on se propose d'obteni: compassion qu'elle excite presque toujours, elle^ tement contre son but ; et en supposant même qu' quelquefois populaire, que les hommes aient