‹ De la peine de mortChapitre 74 sur 163 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

duicendie ; transporté au lieu de rexécutiou , personne ne se 'présenta pour remplir les fonctions de bourreau ; on fut obligé

Îdc le reconduire en pnson ( i ). Encore tout récemment , les bbitans de la capitale de la Russie donnèrent une exemple jon mmns remarquable de leur aversion pour les lois sanguÎDaires. Le jour fixé pour l'exécution des condamnés par «nitede la conjuration qui éclata à Saint - Pétenbourg , était arrivé; mais cette ville qui n'avait pas offert le spectacle d'un tel événement depuis nombre d'années , ne possédait aucun des instrumens nécessaires au supplice des conspirateurs. Le matin , les exécuteurs èherchèrent en vain les cordes indispentùikè à leur terrible ministère ; les boutiques se fermèrent et tous ceBX qui possédaient des cordes , s'étaient donné le mot pour refuser d'en vendre. On alla à l'ai'senal de la marine pour en chercher. Les préposés n'osant refuser , ne donnèrent que des espèces de ficelles, dans le but d'obtenir la grâce; on sait que cet espoir ne se réalisa pas et que Fhorreur du supplice en fut augmenté pour trois de ces malheureux (2).

Ces faits parlent trop fortement par eux-mêmes pour que j'aie besoin d'y rien ajouter. Que les législateurs y réfléchissent ; qu'ils craignent sur-tout d'attendre pour abolir la peine de mort, que les bourreaux et les instioimens de supplice ne manquent à leurs sanctions.

NOTE III

Mille exemples sont là pour prouver que le criminel sur l'é-

(1) V. Retfue hritanique ^ mai 1826. S'il m'en souvient, un fait ^0 tout semblable au précèdent, eu lieu , il n'y a pas long-temps , à

(î) V. Courrier des Pays-Bas j a septembre i8a6.

chafaud est en quelque sorte réintégré dans ses droits à la pi* tié , k l'estime , k l'admiration de ses concitoyens.

Deux condamnés fiirent exécutés près d'Exeter ( comté de Devon en Angleterre ) , W. Snow , pour vol avec effi*actioa e^ J. Wajboum, pour vol de grand chemin. Snow déclara au pied de Tinstrument de son supplice que ce jour était le plus beau de sa vie , et exhorta les assistans à éviter ses erreurs. Il né- . tait pendu que depuis quelques secondes, IcMrsque la corde se détacha de la potence , et il tomba par terre. Il serait impossible de décrire les sentimens de la multitude à la seule peu* sée de le voir pendre de nouveau. Cet intervalle affireux fiit moins pénible pour le malheureux patient que pour les 8pe^. tateurs. Snow entendit leurs exclamations douloureuses et leur dit avec un air de compassion : u Mes bons amis, ne vous désolez pas , je ne suis pas pressé , je puis attendre un instant, a Le bourreau avait besoin d'allonger la corde fatale^ Snow attendit avec calme jusqu'à ce que son compagnon fût mort; alors on détacha la corde du cadavre et l'exécution de Snow fut achevée ; il fut lancé une seconde fois de l'échafaud, et le peuple , tout en admirant son courage , versa des larmes sur sa fin malheureuse (i).

Pendant la guerre de l'indépendance américaine , le major André fut condamné à mort comme espion de l'ennemi : arrivé au lieu de l'exécution , sa contenance et son regard consenrèrentleui* fermeté accoutumée: u J'en appelle à vous tous. Mes sieurs, dit-il à ceux qui Tentouraient, pour porter témoignage que je meurs en brave ? » On sait quel effet ce peu de paroles produisit sur Tarmée américaine ; Tespion devint un héros , et l'indignation générale qu'avait excité son crime, fut remplacée, par l'admiration et les louanges dues à son inti^épidité.

(i) Historical magazine, febr. lySg.

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