CHAPITRE V
ges , le voir là , pâle et ti*emblant , attendant son an*êt de e ou de mort , être témoin de ses larmes, de son désespoir )rès sa condamnation ; il fallait rentrer avec lui dans son ichot , observer l'empressement avec lequel il accueille , il îurrit l'espoir d'une gi'âce ou d'une commutation de peine , son froi , son anéantissement lorsqu'il apprend que son sort est écidé , que l'échafaud s'apprête : il fallait apprécier son )andon dans ce moment affreux , voir son cœur livré à toute imertume d'un éternel adieu à tout ce qu'il chérit sur la Tre , souffrant surtout de l'opprobre qu'il lègue à sa famille ifortunée; il fallait le suivre dans son trajet jusqu'au lieu 2 l'exécution , prêter l'oreille à ses sanglots convulsifs , au de de son agonie ; il fallait le considérer sur l'échafaud , lire sans défense au bourreau, dépouillé, garotté, prêt à îcevoir le coup fatal... fixer alors les yeux sur ses yeux égals, écouter ses derniers gémissements, son. dernier cri... oilà les soufirances véritables qui trop souvent déchirent le lalheureux voué à la mort ! Que peuvent après cela sur lui îs tourmens physiques ? Que signifient quelques minutes de »rtiu*e sur l'échafaud à côté de ces jours, de ces nuits marqués ir la plus honûble des tortures morales ?.... Où aboutit donc 3rès tout cette prétendue compassion des législateurs aclels pour le coupable ? — Nous ne voulons plus que la mort mple , ont-ils dit ; les supplices atroces augmentent inutilement les souffrances du condamné ; en fait de châtimens , il e faut sanctionner que ce qui est strictement nécessaire pour exemple public; toute peine qui ne tend pas directement à ce 'Ut est évidemment tyrannique... Voilà l'arrêt de condanmaiondu supplice capital,prononcé par ceux mêmes qui le regarlenl comme indispensable : si la plus grande rigueur du châtiment pour le criminel frappé parune loi sanguinaire , consiste wns l'appréhension , si cette appréhension est peixiue pour a société, qui ne considère ordinaii*ement dans la peine de
mort que la souffrance physique , que le moment de Texéca.tion , tous les raisonnemens sont désormais superflus ; lefl échafauds doivent être renversés , le glaive des lois n est plus que celui de l'injustice et de la tyrannie,
NOTE VIL
C'est à tort que le législateur suppose qu'une seule d même idée occupe le peuple assemblé devant un échafaud: mille circonstances , mille incidens sont toujours là pour neutraliser l'effet salutaire qu'il croit produire par ses exécutions : la contenance du patient , sa jeunesse ou son grand âge, son sexe, sa physionomie, influent d'une manière remarquable sur les spectateurs ; un geste , une parole suffisent pour les émouvoir , pour les maîtriser. Tous les esprits sont tendus , tous les regards sont dirigés vers un même point; le plus grand silence règne ; on croirait assister à la représentation solennelle d'une horrible tragédie. Le bourreau est en présence de juges sévères et inexorables ; il doit rassembler toute sa présence d'esprit , toute sa dextérité , s'il ne veut que les laniies et l'intérêt pour le patient ne se transforment soudaiu en malédictions furieuses contre la loi et contre ses agens. Il, est rare que le supplice de la corde ne soit la cause d'une scène cruelle. Ces apprêts hideux, ce nœud coulant, passé au cou d'un être encore vivant , cette échelle qu'il doit gravir avant que d'être suspendu , cette planche qui s'échappe de dessous ses pieds , les convulsions effi'ayantes qui l'agitent, ne sont rien encore si le malheureux ne tarde pa s à expirer : ce qui est horrible, ce qui est insupportable , c'est cette agonie
trop souvent prolongée , c'est cette lutte pénible entre la n^ et la mort., (i) !
(i}Il n'est pas rare en Angleterre de voir l'un des assistans, em' de compassion pour le patient , se suspendre à ses jambes pourhâie>