CHAPITRE V
A chaque instant les journaux retentissent de ces détails hileux ; ils plaignent le condamné , ils révèlent l'horreur et Tei^ roi des assistans, mais c'est en vain ; quelques jours après, on Iresse de nouveau la potence, et on Uvre une nouvelle victime L la maladresse du même boun*eau et à la répugnance du même >ubhc!
Les législateurs devraient être les premiers spectateurs et es premiers juges des châtimens qu'ils sanctionnent encore iu nom de la société ; ils devraient se mêler à la foule qui entoure les échafauds , assister à l'agonie des criminels dont ils ont provoqué l'extermination : peut-être alors reviendraientils de cette erreur funeste , de ce préjugé invétéré qui , pendant tant de siècles, fît inutilement couler tant de sang ! Peutêtre ces scènes de mort seraient-elles plus capables de porter la conviction dans leurs âmes, que tous les argumens qu'on pourrait leur objecter ! — Le peintre qui a exposé un de ses
•on étranglement et mettre ainsi fin à son agonie. ...et l'on conserve un supplice qui transforme de tels services en bienfaits ! — On se rappelle la condamnation à la peine capitale, prononcée récemment à Londres contre le libraire White, convaincu d'avoir incendié sa propre m aison pour frauder une compagnie d'assurance. Cette sentence fut exécutée le 3 janvier 1827. White, qui avait reçu à '5 heures du matin les secours de la religion, supplia le shériffet les sous-shériffs, de permettre que ses bras fussent attachés avec deux mouchoirs , au lieu de l'élre avec des cordes. Cette permission lui fut accordée, et comme il versait des larmes, les exécuteurs attendris remplirent, à ce qu'il parait, assez Bal leur devoir. Au moment terrible, et lorsque le plancher de la plate-forme s'abattit sous les pieds du patient , White qui avait déjà Kcoué et rejeté au loin le bonnet abaissé sur ses yeux , dégagea ses Btins et se cramponna à la corde ; mais les exécuteurs se précipitant *u bas de réchafaud, le tirèrent par les pieds, et cette malheureuse tentative n'aboutit qu'à prolonger de quelques secondes l'horreur de «on supplice.
tableaux, aime à se joindre à la foule des curieux, pou de Timpression qu*il a su produire ; le chimiste , qui a f découTerte tiouvelle,* ne confie pas à des étrangers d'en faire Texpérience; c'est par lui-même qu'il v< préçîer ses résultats. Pourquoi n'en serait-il pas de me législateur ? Poui'quoi ne quitterait-il pas aussi son c potir se rendre une ou deux fois par an sur la place que? — Mais j'oublie qu'une sensibilité exquise, qu'une , nité toute supérieure lui prescrivent de détourner la têt qu'il a cru devoir porter une loi sanguinaire ; j'oublie qt ses instans sont coçmptés , que la tâche de veiller aux h et à la félicité de ses concitoyens , que des occupatioi importantes nfe lui permettent pas de s'occuper des d'exécution. Quelle sçrait sans cela son excuse? Quelle tans cela l'excuse de ces gpu vemans qui , pendant si long-i se dispensèrent de visiter ces prisons infectes où des n de malheureux languissaient pai* le vice des lois et la gence coupable de leurs agens , de pénétrer dans ces * cachots où l'innocence souvent confondue avec le c lasse d'invoquer la justice , appelait la mort pour met à ses souffrances?...
NOTE VIII
Voici ce que Servan écrivait en 1766 (i) : u Considéi premiers momens où la nouvelle de quelque action atr répand dans nos villes et dans nos campagnes ; les citoyei semblent à des hommes qui voient tomber la foudre a d'eux; chacun est pénétré d'indignation et d'horreur; le ginations alarmées peignent vivement le danger , et les •
(i) Disc, sur l'administration de la justice criminelle.