CHAPITRE y
hnus par la pitié, plaignent dans les antres les maux qu'ils craignent encore pour eux-mêmes. Voilà le moment de châlier le crime : ne le laissez pas échappe!", hâtes>vous de le con-. raincre et de le juger î. . . n
Voici ce qu'il ajoutait alors et ce qu'il n'aurait pas ajouté au-. jourd'hui : u Dressez des échafauds , allumez des bûchers, traînez le coupable dans les places publiques, apjpelez le peilple à grands cris ; vous l'entendrez alors applaudir à la proclamation de vos jugemetis, comme à celle de la piaix et de la liberté ; TOUS le verrez accourir à ces terribles spectacles , comme au triomphe des lois : au lieu de ces vaios regrets, de cette imbe'cilejpitié , tous veri'ez éclater cette Joie et cette mâle insensibilité qu'inspirent le goût de la paix et l'horreur du crime ; chacun voyant encore son ennemi dans le coupable , au lieu d'accuser le supplice d'une vengeance trop dure , n'y veiTa que la justice des lois. Tout rempli de ces terribles images et de ces idées salutaires , chaque citoyen viendra les répandre dans sa famille ; et là , par de longs récits , faits avec autant de chaleur, qu'avidement écoutés , ses enfans ,. rangés autour de lui , ouvriront leur jeune mémoire pour recevoir, en traits inaltérables , l'idée du crime et celle du châtiment , l'amour des lois et de la patrie , le respect et la confiance pour la magistrature. Les habitans des campagnes, témoins aussi de ces exemples, les sèmeront autour de leurs cabanes , 'et le goût de la vertu l'enracinera dans ces âmes grossières. )>
Remercions le cîel de n'avoir enfin plus besoin de ces exemples et de ces leçons !
NOTE IX
C'est à l'emploi de la peine de mort qu'il faut attribuer la plus basse des habitudes que puisse contracter lin peuple, celle ^^ plaisanter sur les supplices.
Avant que la plus terrible révolution tieùt deMillé les yeux les moins claii*voyan8,n'eât provoqué de profondes réflexions même chez les êtres les moins accoutumés à réfléchir , Ja nation française, si aimable, si compatissante d^ailleurs , ne craignait pas de déshonorer journellement le plus noble des caractères par cette légèreté révoltante;, cette raillerie cruelle qui auraient dû faire frémir les bourreaux eux-mêmes,Le petit peuple s'entretenait fréquemment de Texécuteur ; il connaissait parfaitement sa figure; c*était pour lui le grand acteur tragique ; il savait son histoire et celle de ses victimes , tout aussi bien que Thommedo cour sait l'histoire des rois de l'Europe et de leurs miniitrei. La potence avait reçu par dérision le surnom de la veui^e ; le cadavre du supplicié fournissait la graissé de pendu, 'L' extrêmement bonne société elle-même avait adopté l'expression noble de roué pour en décorer ses aimables ^scB libertins du bon ton» Ainsi que la place de G rêve ^ la cour avait ses roués ; les mots traître , perfide , méchant avaient pâli; on n'osait point dire de prime-abord, c'est un scélérat; le terme aurait paru trop fort; on disait : c'est m roué^ et chacun apercevait les vices brillans et les vices voilés de celui dont on traçait ainsi le panégyrique.
G est «msi que les expressions devenaient ignobles à mesure que la sensibilité s'émoussait.
Une femme accusée d'avoir empoisonné son mari qui dépérissait de langueur , s'écria : « Qu'on toui^re , on verra cjue rien n'est plus faux! » On cita partout ces afireuscspa* rôles comme un trait unique , comme un naïveté impayable
Un abbé fut pendu pour de faux billets de banque ; le mal, heureux, au pied de la potence, s'accrochait à l'échelle; le bourreau lui dit : u Allons , montez doncj M. l'abbé, vous Jaites l'enfant. » Tout Paris a répété ce mot affreux.
U*n ivrogne sort d'un cabaret , place de Grève : on avait