‹ De la peine de mortChapitre 83 sur 163 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

....Occidere noii Serviet utiliter.

HoR., JEp. I.

Satiùs est impunitum relihqui facinus quam innocentem damnare.

(Dig. L 5fde pœnis, ) Nemo dubitabit quia si nocentes mu« tari in bonam mentem possint, sicut posse interdùm conceditur, salvos esse eos magisé republicâsit, quàm puniri.

( QoiKTIL. )

anctionnant des peines dans l'intérêt général , on a uvent négligé Fintérêt des particuliers ;on a songé ent à prévenir de nouveaux crimes , et l'on n'a pas la nécessité de réparer, autant que possible, le mal it. — Qu'est la peine de mort pour la partie of- ? quelle espèce de réparation , de compensation lui elle ? Un homme assassiné laisse une femme , des sans appui , sans ressources ; la misère la plus af> les menace : le meurtrier en travaillant aurait r procurer du pain ; son exécution au contraire r présente que la consolation d'une stérile ven- . — Un bon médecin ne se contente pas d'arrêter

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les progrès de la contagion , il prodigue encore ses soiiii| aux malades ; loin d'aigrir leurs maux , il les adoucit: pourcpoi les législateurs ne suivraient- ils pas cet exempicf

Et l'intérêt général lui-même n'est- il pas encore coinpromis ici? Le coupable ne peut-il plus devenir un citoyen utile , laborieux ? Est-il désormais incapable de servir la société^? Si Ton m'objecte que lexistence d'un, homme n'est presque rien par rapport à la masse de la nation , )e répondrai que cette existence est souvent as moins très-importante par rapport aux individus : le criminel peut avoir une famille que sa mort laisserait dans le besoin; pourquoi la priver de son unique soutien? Pourquoi faire jaillir sur elle , avec l'opprobre et le dése^ poir , la misère la plus affreuse? Le crime n'affranchit paf l'homme des devoirs sacrés de la nature ; la société en frappant le coupable doit éviter autant que possible de faire retomber la peine sur des innocens.

La peine de mort blesse plus directement encore l'inlé' rét public en enlevant une source d'évidence souvent indispensable pour découvrir d'autres crimes ; elle aisiire l'impunité à tous ceux qui ne pouvaient être convaincof que par le témoignage de celui qu'elle sacrifie ; elle eompromet même quelquefois l'innocence en détruisant im témoin nécessaire pour sa justification. Le jour del'exécation du coupable est en quelque sorte un )our de triomphe pour ses complices ; jusqu'alors ils avaient tremblé , le kt restait suspendu sur leur tête ; délivrés désormais de lenrt craintes, ils sortent de leurs retraites, ils marchent la télé levée ; dans l'acte d'une justice exorbitante , ils ont puisé une nouvelle sécurité. Qu*on enferme au contraire le cri-

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