‹ De la peine de mortChapitre 85 sur 163 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

/ient encore peser sur le cœur , lorsque la société fait usage du supplice capital.... L'innocent ne peut-il plus succomber? existe-t-il un mode de jugement qui puisse désormais nous préserver des artifices du mensonge, des illusions de Terreur ? les témoins ne seront- ils plus jamais trompeurs ou trompés? la confession libre de l'accusé ne donnera-Uelleplusjamais lieu à des présomptions trop souvent décisives (i)? les preuves ne seront-elles plus abusives? les machinations ou le hasard n'imprimerout-ils plus une fausse direction aux procédures? les juges sont-ils désormais à l'abri de l'aveuglement, dei^ préventions , de la haine , des passions ? — Telles sont les pénibles réflexions que doit nous suggérer chaque arrêt de mort ; car^ ne nous trompons pas , malgré nos réformes et nos améliorations , nous n'avons pas plus atteint la perfection dans nos sanctions pénales que dans nos autres institutions , et jusqu'à ce que cette perfection soit atteinte , nous aurons toujours à redouter les abus.

Mais ces abus seront rares , nous dit-on ; et d'ailleurs les abus sont inséparables de tout ce qui existe. — Ce n'est pas ce qui les excuse , répondrai-je , ce n'est pas ce qui en iustifie la source : l'objet des lois pénales est d'assurer la Jocurité de l'innocent ; on ne punit le coupable que pour ;>arvenir à ce but : lorsque le criminel échappe , la loi n'a ait que manquer son eifet ; elle n'a pas fait de bien , il est vrai , mais aussi elle n'a pas engendré d'injustice. Mais lorsque l'innocent devient la victime de la loi , la loi est tiou-seulement inefficace , elle manque non-seulement son but, elle injurie encore la personne quelle devait protég«îr , elle occasîonini le mal même qu'elle devait prévenir ,

i, - et. détruit la sécurité qu'elle devait assurer. Il \

•* . '[ mieux absoudre mille coupables , disait le présid

moignon , que de faire mourir un innocent (2). < exécution injuste doit être un coup de mort pou qui l'a provoquée , un sujet de douleur pour la soc '; \ ;» fut témoin de l'agonie de la victime , une source

j/^ ^ sable de désespoir , de remords pour les juges , ]

Vr.. y^ ' jurés , pour les accusateurs, pour les témoins qui s'i

pour la faire monter ignominieusement sur l'é^ destiné aux plus grands scélérats. Que ne donne , . .., pas alors pour réparer une aussi grande calamité !

?§::;^; verserait même uue partie de son sang pour ranii

.* ' m- \ froid cadavre , arrosé des larmes de sa triste famille!

expiation oflrira-t-on à ^^^ mâues ? 0rnera-t<(0n se beau de fleurs? viendra- 1 -on y exprimer des amers? la placera- t-on au rang des martyrs? co t-on sa veuve , ses enfans , de richesses et d'honneui que diront ces cispiations et ces larmes , si le leo

• '• • •> on se trompe encore !

J'ose le dire, on n'obtiendra de garantie efEcace <

plus irréparable des erreurs que lorsqu'on aura

**:.;-' •? peine dé mort; ce n'est qu'alors que les législatei

juges , les jurés , les accusateurs , les témoins , que

citoyens enfin pourront s'arrêter à la pensée consol

, .1. l'innocence reconnue respire encore , que tout espc

habilitation n est pas perdu pour elle. Il n'importe au bien-être de la société d'égorger de temps en \k coupable, que d'éviter toute occasion d'injustice le bien fait douteux que l'on attend de la peine de / l balancera l'impression funeste produite par une

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