XXXI
laires: Offirait cependatit aux médéciis des po vinces et aux praticiens des carnpagnes Surtout l’occasion de rendre à l'humanité et à la science des services Signalés; mais il faudrait avant tout entreprendre une étude rétrospective de ces malädies, afin de ne pas isoler nos études de celles des médetins qui nous ont précédés ét dont les écrits peuvent nous fournir tant de lumières.
Qu'il me soit permis À ce propos de faire, en términant, un aveu, que j’adresse à ceux qui entrent come moi TE li carrière, et qui retrouverbft ici Sans doute les tristes impressions qu’ils 6nt plus d’üne fois ressénties dans létrs veilles, lorsque le découragettient Est vénu suspendre leur ardeur. N’est-0h pas forcé de reconnaitre qu'à dater du jour où le dégoût des vieux Sÿstèmes ét l'Amüür de l'innovation oht établi une solution de continuité entre le présent et le passé de là médecine, li stience semble märcher dañs une tés E Absorbée dans l’utile hais insuffisante étude des Syinptômes, dans Ia désespéränte contemplation des lésions anätomiques, là voit-on $'élever au-dessus de la matièré qu’elle interrogé, UW'elle torture sous ses instruments, et quireste muette si souvent? Ne fautil pas reconnaître cependant que là n’est pas toute la science, que là n’est plus la vraie ou du moins la seule route du progrès ?
Après un demi-siècle d’exubérante ardeur pour ce qu’on à nommé les études positives, la vérité ne fuit-elle pas toujours devant nous? Ne
( XXXH )
sent-on pas l'indifférence qui gagne, le scepticisme qui prend la place de ioute croyance, enlevant aux observations leur moralité, à l’enseignement lui-même son autorité et son prestige ?
S'il en est ainsi de la plus belle des sciences , à une époque où les preuves abondent de cette perfectibilité merveilleuse que l'humanité possède en partage, c’est qu’en effet les médecins ont dû se placer hors des voies du progrès; ils ont répudié leurs aïeux, et après avoir abattu de vieilles erreurs et des croyances surannées, ils ont cru avoir fait assez, parce qu'ils n’ont vu autour d'eux que des ruines. Il ne faut point répudier ses pères ; 1} ne faut point marcher seul et sans regarder derrière soi, ni à côté : ce serait méconnaître les lois du progrès, dont Guy de Chauliac donnait, il y a cinq siècles, une si poétique image, en disant aux hommes de son temps :
«Nous sommes des nains montés au col d’un géant; nous sommes plus petits que lui, mais, placés sur ses épaules, nous voyons mieux et plus loin que lui.» Nous sommes toujours des nains, malgré notre science, lorsqüe nous quittons les épaules du géant, qui est l'humanité.
DE