‹ De la pellagre sporadique [electronic resource]Chapitre 14 sur 73 · ACCIDENTS NEUVEUX, CUTANÉS ET DIGESTIFS DEPUIS 2 ANS · texte numérisé non relu

ACCIDENTS NEUVEUX, CUTANÉS ET DIGESTIFS DEPUIS 2 ANS

Homme de 56 aas, propriétaire, cullivatcur à Bazancourl (Marne) ; constitudon très-robusle; bonne liygiène; bonne nourriture, yamaà do mais.

Excellente santé physique et morale jusqu'à il y a cinq ans, environ, où de violents chagrins ont paru assombrir son caractère, mais sans rien changer à ses habitudes de travail. C'est seulement l'an dernier, vers le commencement du printemps, qu'il sentit ses forces diminuer tellement, qu'il ajournait tous ses travaux des champs.

La marche lui éiait devenue si difficile, qu'en faisant ses charrois, il était parfois obligé de s'appuyer sur les traits. Souvent il chancelait et manquait de tomber, et, un jour même, quoique ayant essayé de se maintenir en s'accrochant aux brancards delà voiture, il tomba et se contusionna gravement.

A l'arrière saison, nous dit-il, les forces revinrent, il put reprendre ses travaux et les continuer tout l'hiver.

Au mois de Mars dernier, la faiblesse reparut ; l'appétit, qui avait semblé augmenter l'hiver, diminua, et en même temps survint un érylhème douloureux, rouge vif, borné au dos des deux mains.

Une chaleur mordicante se produisant aux mains, soit lorsque le malade approchait du feu, soit lorsqu'il s'exposait au soleil, il s'enveloppa les mains pour se préserver.

Depuis deux mois, au moins, l'érythëme ne causait plus au malade aucune incommodité, lorsque vers les premiers jours de Juillet, ime nouvelle inflammation survint au dos des mains, et avec une telle intensité que le malade vint consulter mon père. J'avais précisément sur moi des notes prises peu auparavant a la dinique médicale, dans un cas analogue, et, en comparant, mon père et moi, les symptômes que nous avions sous les yeux avec la description de M. le professeur Landouzy, nous demeurâmes convaincus qu'il s'agissait ici d'un cas de pellagre.

Quelques jours après, M. Landouzy vint conflrmcrnotre diagnostic.

L'érythëme est, aujourd'hui, 26 Juillet, eu voie de diminution; il est cependant encore d'un rouge obscur, nettement borné au dos des mains, et limité au poignet comme par un bracelet de petites écailles grises qui commencent à se déachér.

OBSKIIVATIONS.

La poau est line, sèche, comme parcheminée et couverte çà cl là de squames.

L'appétit est presque nul, la soif modérée, les selles naturelles.

La langue est épaisse à la hase, profondément sillonnée et fendillée sur sa moitié antérieure.

L'état de tristesse du malade est extrême et il pleure à diverses reprises pendant les questions que lui adresse M. Landouzy.

L'intelligence est très-affaiblie ; la mémoire presque perdue.

Les réponses, quoique très-lentes, finissent, à force d'insistance , par devenir précises.

La démarche est vacillante et incertaine, malgré les eflorts du malade.

M. Landouzy nous fait remarquer qu'il y a eu ici, au début, pellagre sans pellagre, c'est-à-dire accidents nerveux et troubles digestifs sans troubles cutanés, et il insiste particulièrement sur l'invasion de la dermatose un an après l'invasion des accidents nerveux, sur la récidive du mal au printemps avec ses trois symptômes caractéristiques, sur la réapparition de l'érythème pendant l'été, sur l'absence de rachialgie l'an dernier et cette année malgré l'amyoslhénie, et enfin, sur la profonde lypémanie du malade.

M. le professeur Landouzy conseiUc un éméto-cathartique d'abord, en raison de l'anorexie et de l'état saburral de la langue , l'essai de l'iodure de potassium à dose progressive, et, au besoin, de la liqueur de Fowler, l'eau de Labassère à la dose d'un demi-litre par jour, les bains sulfureux, de grandes précautions contre le soleil, et, dès la fin de l'hiver, des préparations de quinquina.

Urban, élève de l'Ecole de Reims.

OBSERVATION XIV

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