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ACCIDENTS CT!TANÉS, DIGESTIFS ET NERVEUX DEPUIS 4 ANS

Homme de .55 ans, manouvrier, né à Gernicourt (Ardennes), habite depuis longtemps le département de la Marne.

Travail excessif; mauvaise hygiène, nourriture mxiïïmnte,jamaù de maïs, pas d habitudes alcooliques.

.jQ OnSEIlVATIONS.

11 V a i ans pour la première fois, au prinlcmps. érylhfcmc rouge, douloureux, squameux à la'face dorsale des mains. Eu même temps, airaiblissement général et

diarrhée.

Tous ces accidents disparaissent graduellement l'été, cl la guérison se manilient complète pendant tout l'hiver.

Au printemps de 1858, même érythème, mais plus prononcé. Anorexie ; aUernalives de diarrhée et de constipation. Anéantissement des forces; tr.stesse extrême. Guérison complète pendant l'hiver.

Au printemps de 1858, mêmes accidents que les années précédentes; la tristesse du malade s'accroît encore par la mort de sa femme. Plusieurs fo^ d cherhe à se pendre, d'autres fois à s'étrangler, et la vigilance seule de ses enfants enn^eche i suicide de s'accomplir. A cette époque apparaissent des douleurs rachialgiques, de la titubation et une faiblesse plus grande.

La convalescence est plus longue après cette crise qu'après les crises des années prédentes, cependant le rétablissement est complet en hiver.

AU printemps de celte année, l'érythème, la diarrhée et la lypémanie ayant repart. :;- pL d'intensité, le malade entre dans un hôpital où l'affection est méconnue, et d'où on le renvoie au bout de quelques jours.

C'est alors que ne pouvant subvenir à ses besoins, en raison de son état de faiblesse et des accidents précédents, il est reçu à l'Hôtel-Dieu de Reims , le 28 Juillet, dans la salle de clinique de M. Landouzy.

Etat présent. Les troubles intellectuels ont disparu, mais la tristesse pers.ste „Xire est obscure et les réponses lentes. Le sommeil est souvent trouble par des cauchemars.

Amaigrissement considérable; faiblesse notable; cet homme, autrefois fort et vigoureux, se traîne avec difficulté.

La peau est d'un jaune terreux ; pas de coloration bronzée excepté aux ongles. La face dorsale des mains est recouverte d'une peau fine, sèche, luisante et rosée qui envahit même un peu la face palmaire.

Cette peau rosée est bordée par de petites squames qui forment une sorte de manchette aux poignets.

A la face dorsale des pieds, la peau offre la même apparence mais la desquaniaiion est moins avancée, et M. Landou^y, regardant ce cas ""^P d'érythème pellagreux des pieds, en fait prendre la photographie pour 1 allas d'anatomic pathologique du professeur Lcbert de Zurich.

OBSERVATIONS

Les ongles présentent un aspect tout particulier, lis sont nettement divisés en deux parties quant à la coloration. Du côté de la matrice, la couleur est naturelle, tandis que l'autre moitié est très-fortement brunie, ce qui me semble s'expliquer facilement par la dermatose pellagreuse vernale.

La langue est le siège de sillons nombreux et profonds, sans gerçures ni enduit anormal.

L'appétit est assez bon; les digestions sont faciles ; la diarrhée n'existe plus depuis deits jours.

Prescription : Bains do Barèges, alternant avec des bains alcalins ; eau de Labassère, un demi-litre chaque matin; vin de quinquina, 100 grammes; alimentalion fortifiante ; précautions contre le soleil.

Palle, Interne de La clinique. (Extrait.)

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