ACCIDENTS CUTANÉS , DIGESTIFS ET NERVEUX ; MOUT AU BOUT DK
Femme de 70 ans, originaire de Sommepy (Marne), n'ayant jamais mangé de maïs.
Bonne santé jusqu'en 1842, c'est-à-dire jusqu'à 60 ans.
A cette époque et sans causes appréciables, céplialalgie, insomnies, anorexie, vomissements, constipation, lassitude générale.
A cette même époque, érylhème des mains borné au poignet.
Affaiblissement graduel; vertiges fréquents; augmentation graduelle des troubles digestifs constitués par les aphtes, l'anorexie et les alternatives de diarrhée et de constipation.
Tous ces symptômes sont plus intenses, chaque année, à partir de Février ou de Mars, jusqu'en Juin ou Juillet.
(!) Dans presque tous ces extraits, les circonstances relatives au traitement ont été passées sous silence, afin que les observations ne se trouvassent pas allongées par des détails superflus.
Considérant la pellagre comme une diathèse cachectique, ma thérapeutique a été celle des symptômes principaux, en insistant particulièrement sur les toniques réparateurs, sur les bains sulfureux, et en proccrivant surtout d'une manière absolue toute médication débilitante.
S'il n'est pas non plus question des circonstances héréditaires, c'est que dans aiicune de nos observations je n'ai trouvé do donnée intéressante à cet égard.
OBSERVATIONS
La malade continue, malgré ses sounVances , à servir pendant six ans deux vieillards cliez lesquels elle est domestique depuis Kl ans.
Un an après leur mort, ayant perdu toutes ses épargnes , elle retourne à son pays, où elle vit deux années dans les privations.
La démence et la paralysie étant survenues dans les quatre derniers mois, elle entre à rHôtel-Diea de Reims dans le service de M. Landouzy, le h Juillet 1851.
Les internes de la clinique, envoyés à Sommepy, constatent que quoique vivant dans la misère, cette femme mangeait le même pain que les habitants du village et s'assurent que le maïs y est absolument inconnu.
Cachexie profonde ; bouche scorbutique; trouble profond des fonctions digestives ; démence ; paralysie incomplète des membres inférieurs; érylhème terreux borné au dos des mains et nettement terminé au poignet ; épidémie sec et se détachant par petites écailles sur la main, calleux et épais au niveau des articulations des doigts ; peau rosée et gercée sous les squames ; ongles cassants et déformes.
Agitation, divagations , insomnie, anorexie , constipation , escarre gangréneux au sacrum, érysipèle du sacrum jusqu'à la région cervicale. Mort, le 31 Juillet 1851.
AUTOPSIE. — Quelques tubercules crus, quelques-uns suppurés, quelquesuns crétacés au sommet des deux poumons; pneumonie hypostatique.
Ramollissement gélatiniforme du grand cul-de-sac de l'estomac, deux ulcérations de 3 millimètres au milieu, rougeur foncée de la muqueuse et développement considérable des follicules isolés dans le jéjunum , follicules confluents dans l'iléon.
Plaques gaufrées au-dessus du cœcum.
Utérus bicorne.
Engorgement des sinus cérébraux, cerveau normal.
Ramollissement manifeste de la moelle à la région lombaire.
Les mains sont conservées par M. Landouzy, comme types de l'érythème pellagreux, présentées à l'Académie de Médecine et déposées,' l'une au Musée Dupuytren, l'autre au Musée de l'Ecole de Reims.
Brébanï, interne. (Extrait.)
OBSERVATIONS
OBSERVATION II