‹ De la pellagre sporadique [electronic resource]Chapitre 6 sur 73 · ACCIDENTS NERVEUX, CUTANÉS ET SCORBUTIQUES; MORT AU BOUT DE · texte numérisé non relu

ACCIDENTS NERVEUX, CUTANÉS ET SCORBUTIQUES; MORT AU BOUT DE

Femme de 46 ans , lisseuse à Saint-Elicnnc (Marne) , n'ayant jamais mangé de maïs.

Conslitiilion forlc ; gaîlé habituelle.

Bonne santé jusqu'à l'âge de 39 ans.

Au printemps de 18Zi3, et sans cause appréciable, U'istesse; accès violent de délire furieux pendant quelques heui-es ; autres accès de temps en temps moins violents et pendant lesquels la malade criait au feu, croyant voir encore un enfant qu'elle avait vu près d'être dévoré par les flammes quelques mois auparavant.

Plusieui-s fois, elle se sauvait vers la rivière ou vers la mare où elle se serait noyée, si on ne l'avait secourue à temps.

Tous ces désordres cessent à la fin de Juin, et pendant 9 années consécutives ils se reproduisent au printemps pour cesser régulièrement en Jnm ou Juillet, laissant seulement après eux une profonde tristesse, mais sans folie, sans abandon de travail, et sans aucun dérangement des fondions digeslives.

En Mars 1852 reparaissent les mêmes accidents et avec eux un érythème squameux des mains et du cou qui n'avait encore appelé l'attention ni de la malade ni de ceux qui l'observaient.

Tourmentée sans cesse par les idées de suicide, et uniquement de suicide par Veau , elle est amenée dans un accès de folie à la clinique de Reims, le 30 Juillet 1852,

Tous les symptômes les plus caractéristiques de la pellagre sont notés, sauf la cachexie et le trouble des fonctions digestives.

On donne de grands bains, on combat la constipation, et la malade quitte l'Hôtel-Dieu le 27 Novembre, guérie en apparence, digérant bien, raisonnant bien, mais avec une demi-paralysie des membres inférieurs.

Au mois d'Avril 1853, lassitudes, vertiges ; scorbut buccal et gingival ; érythème du dos des mains marqué seulement par l'état rugueux et brunâti e de la peau, les squames épidermiqucs, et des plaques de peau fine, rosée, sèche et fendillée.

La malade reste à l'hôpital, à la demande de M. Landouzy, pour y être observée, depuis le 22 Juillet jusqu'au 27, et l'on constate que tous les éléments consii-

OBSERVATIONS

tutifs de la pellagre ont existé cette année corauic les autres , mais à un moindre degré.

L'automne et la première partie de l'hiver s'étaient bien passés; la gaîLé même et l'aplitude générale semblaient reparaître, lorsque quelques vertiges surviennent h la fin de Janvier, suivis d'un allaiblissement général et de quelques accès de folie.

Le 12 Mars 185Z», retour à l'Hôtel-Dieu avec fous les accidents périodiques développés au plus haut degré ; œdème presque général.

Erylhème pellagreux des plus caractérisés aux mains, et enveloppant les doigts comme un gant; érythème de même nature, mais de moindre intensité au cou; délire continuel ; prostration rapidement progressive. Aucune trace d'albumine dans l'urine.

Mort, le 19 Mars.

NÉCROPSIE. — Pas d'émaciation, malgré l'anasarquc.

Injection vive d'une partie de la muqueuse de l'estomac. Vers la pariie moyenne du grand cul-de-sac, à 15 centimètres du cardia, deux ulcérations taillées à pic, d'un centimètre de longueur sur deux de largeur.

Vive injection du pylore jusqu'à la fin du jéjunum. Nombreuses plaques gaufrées. Eruption confluente dans l'iléon.

La substance cérébrale paraît ramollie, car en ne peut, sans la déchirer, détacher quelques millimètres de pie-mère.

La moelle est considérablement ramollie et sort en bouillie aussitôt l'incision de l'étui. Le ramollissement paraît moins marqué à la partie inférieure. La queue-decheval semble saine.

Les mains sont conservées, à la prière de M. Landouzy , pour être déposées l'une au Musée de Reims, l'autre au Miisée de Paris, comme types de l'exanthème pellagreux appelé paltes-d'oie.

HerbiN; interne. (Extrait.)

OBSERVATIONS

OBSERVATION III

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