ACCIDENTS DIGESTIFS
En un mot, vous avez eu peut-être la pellagre sans pellagre, surtout chez les malades qui ne se sont pas exposés à l'insolation.
Les médecins aliénistes m'ont objecté, il est vrai, que la diarrhée est fréquente dans la période ultime de la folie, et que celte diarrhée pellagreuse pourrait bien n être que la diarrhée passive des affections asthéniques.
Mais un clinicien exercé ne confondra pas plus la diarrhée cachectique de la folie avec la diarrhée vernale ou intermittente de la pellagre, qu'il ne confondrait la diarrhée coUiquative des phthisiques avec l'entéro-péritonite diarrhéique qui se manifeste au début même ou dans le cours de la tuberculisation, et qui alterne le plus souvent avec la constipation.
Il y a certainement dans ces troubles digestifs, chez les pellagreux, matière à une étude des plus intéressantes.
Pour moi, les accidents gastro-intestinaux, et particulièrement la diarrhée, survenant au printemps et même à toute autre époque, chez des aliénés dont le délire aigu se transformerait en démence, ou dont la manie se transformerait en lypémanie, constitueraient la pellagre.
Ces troubles digestifs pourront rester isolés une ou plusieurs ■années, et plus tard, comme nous le voyons dans plusieurs de nos observations, surviendra l'éry thème pellagreux, soit qu'il ait manqué au début par défaut d'insolation, soit qu'il ait manqué parce que la prédisposition interne n'était pas encore assez intense pour permettre l'action complète de l'influence solaire, considérée comme cause occasionnelle.
Etat de la langue. — Les gerçures de la langue, notées dans un grand nombre d'observations des pays à maïs, et que j'ai vues moimême très-prononcées dans les Landes, me semblent avoir dans la pellagre une signification spéciale, car elles s'y présenlenl sous deux