‹ De la pellagre sporadique [electronic resource]Chapitre 57 sur 73 · MAÏS ALTÉRÉ · texte numérisé non relu

MAÏS ALTÉRÉ

D'une autre part, elle épargne des contrées où l'on se nourrit de DQaïs verderamé (1).

Les arguments établis, comme cette dernière donnée , sur de simples négations, ont besoin, je le sais, de preuves toutes particulières ; aussi, afm qu'on ne puisse objecter que, si la pellagre n'est pas observée partout où l'on consomme du maïs altéré, c'est qu'elle y passe inaperçue ; je me hâte de dire qu'à la Teste-de-Buch, oiile verderamé a été constaté, la pellagre ne s'est jamais montrée (2), quoiqu'elle y ait été attentivement cherchée par MM. Hameau et Lalesque , c'est-à-dire par les plus compétents observateurs de la pellagre des Landes.

Une plus longue discussion serait superflue pour démontrer que le mais n'est pas la cause intime de la pellagre.

(1) Depuis ] époque où M. Roussel a publié ses travaux sur la pellagre M. HiUairet, médecin des hôpitaux de Paris, a recherché souvent l'existence de la maladie dans les deux Charentes et dans le Périgord, où l'alimentation par le mais est répandue , et n'a jamais pu trouver de cas de peUagre ni de folie pellagreuse.

Société Médicale d'Emulation de Paris. Séance du 5 Mai 1860.

(2) C'est une erreur de croire que le maïs entre notablement dans le régime alimentaire du paysan des Landes; ce qu'ils appellent cruchade, escauton mllasse, n'est le plus souvent qu'un gâteau de bouillie épaisse faite avec de la fanne de millet ou de panis , tandis que celle de maïs est réservée à de meilleures tables ; et la raison en est bien simple, c'est qu'on ne l'y récolte pas • et comme son prix est ordinairement assez élevé, peu de cultivateurs des Landes sont en, état d'en acheter. D'un autre côté, le peu de maïs qui se récolte dans les Landes qui avoisinent la Teste-de-Buch, et dans lesquelles règne la pellagre, est porté dans cette petite ville, où il est consommé. C'est là que j ai pu surtout rechercher le verderamé ; je l'ai rencontré en assez grande quantité dans plusieurs greniers, et, chose remarquable, jamais un seul cas de pellagre n .i été observé à la Teste !

G. Hameau. Loc. cit., p. 52.

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ÉTIOLOGIE.

Faut-il inférer de là que les beaux travaux de Thouvenel et Balardini, que les savantes recherches de M. Roussel, que les intéressantes statistiques de M. Costallat auront eu lieu en pure perte, et que les considérations hygiéniques qui en découlent resteront anéanties?

Loin de moi cette pensée ! Evidemment, le maïs altéré est une des causes prédisposantes de la pellagre, sinon par la spécialité même de l'altération, au moins comme toute nourriture toxique ou insuffisante, et c'est un immense service rendu aux contrées méridionales que cette donnée d'une corrélation irrécusable entre la fréquence du verderame et la fréquence de la pellagre.

Je n'essaierai donc, en aucune façon, de combattre les déductions hygiéniques de ces auteurs, lors même qu'elles seraient, comme le veulent leurs contradicteurs, empreintes d'exagération. Car, si quelque chose pouvait être impunément exagéré dans la science, ce serait assurément le danger de la misère , de l'insalubrité et d'une alimentation insuffisante ou altérée.

L'idée que je tenais essentiellement a détruire, c'est que le maïs n'est pas la cause essentielle de la pellagre, car celte idée devait empêcher la notion delà maladie. Mais que le maïs altéré soit l'une de ses causes prédisposantes, il ne peut venir à l'esprit de personne de le contester.

Je dis plus , le maïs altéré prédispose de toute nécessité à la pellagre, comme il prédispose, d'ailleurs, 'a toutes les autres maladies.

Une substance alimentaire détériorée ne peut pas ne pas altérer la santé dans une certaine mesure.

Y aurait-il dans le verderame une action spéciale prédisposant plutôt à la diathèse pellagreuse qu"a toute autre? cela est possible, car chaque substance alimentaire ou toxique a nécessairement une

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virlualilé propre doit donner lieu à une action particulière sur l'économie.

Or, dans une contrée où existe une endémie, toute influence propre à léser ou à all'aiblir l'organisme, surtout d'une manière continue comme les aliments, prédispose fatalement à cette endémie.

Taie alimenlum talis chylus ; talis chylus talis sanguis ; talis sanguis talis spirilus.

C'est donc avec ces resti-ictions , c'est-à-dire en envisageant le maïs comme alimentation insuflisante ou malsaine, ou même toxique, que nous le rangeons au nombre des principales causes prédisposantes de la pellagre.

Ne résuitât-il des théories de Thouvenel et Balardini que les mesures administratives obtenues par M. Costallat relativement a la vente du maïs verderamé , que ce serait déjà un très-important service rendu à Thygiène, la surveillance des denrées alimentaires devant être considérée comme l'une des premières conditions de la santé publique.

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