‹ De la pellagre sporadique [electronic resource]Chapitre 63 sur 73 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Pronostic.

La pellagre sporadique commençant ordinairement d'une manière latente, et les malades ne consultant, en général, qu'a une époque Irèscloignée du début, il est difficile de déterminer exactement la durée de cette affection.

Dans les vingt-huit faits que j'ai trouvés épars dans la science, la date de l'invasion n'est notée que sept fois, et encore d'une manière trop vague pour servir a la statistique.

Dans cinq cas mortels que j'ai directement observés, la pellagre a duré 2, 6, 10, 11 et 12 ans, et elle dure depuis 2, 4, 9, 12, 13, 14 et 20 ans dans dix autres cas où j'ai pu exactement noter le début, et que je ne perds pas de vue (1).

(1) Trois de ces malades en observation sont à l'Hôtel-Dieu. Les autres sont à Aumcnancmirt, à Baznncourt, à. Moulins, à Reims et à Witrv- Jijs -Reims.

Al

l'nONOSTIC.

Ces chiffres, quoique trop peu nombreux pour permettre de fixer la durée moyenne du mal, sont cependant suffisants pour eu faire apprécier la chronicité.

A l'état endémique, cette chronicité s'étend de trois ans jusqu'à plus de cinquante. Caldérini cite, en effet, des cas où la pellagre a duré soixante ans, et Brierre de Boismont a observé, au grand hôpital de Milan, une femme qui en était affectée depuis quarante-cinq ans.

La rémission des accidents pendant les trois quarts de l'année explique cette longue durée de la maladie, comparativement à d'autres affections moins diathésiques, mais qui sont plus promptement mortelles, parce que leur réaction sur l'économie ne cesse pas un instant.

Si, entre des termes aussi extrêmes que deux et soixante ans, il est impossible d'adopter une moyenne, toujours est-il qu'on devra, dans le pronostic, tenir un plus grand compte des chiffres élevés que des chiffres inférieurs, et qu'en l'absence de tubercules pulmonaires ou d'autres complications graves, on pourra prédire une longue durée de la maladie, quelle qu'en doive être la terminaison.

Cette terminaison serait toujours fatale, d'après les auteurs qui ont observé dans les conditions endémiques.

Mais, d'une part, le savant professeur Gintrac a observé à l'hôpital de Bordeaux un infirmier chez lequel la guérison se maintenait depuis sept ans, et d'une autre part, j'ai sous les yeux un cas (obs. m) dans lequel la guérison est parfaite depuis six ans, et deux autres (obs. yhi et ix) qui durent depuis treize ans avec une amélioration graduelle des plus manifestes.

Quelle que soit l'époque à laquelle remonte la cessation des accidents , on peut, il est vrai , en craindre le retour, soit que le principe pellagreux soit resté à l'état latent dans l'économie , soit que la cause

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