‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 22 sur 94 · I. Le 'Volume du poumon peut 'varier · texte numérisé non relu

I. Le 'Volume du poumon peut 'varier

Ces variations sont en général subordonnées à l’état des organes voisins. L’étendue de la cavité thoracique , les dimensions du foie et du cœur, la distension de l’estomac, de la plèvre ou du péricarde par des liquides ou des gaz, sont autant de circonstances qui peuvent faire varier le volume de ces organes. Quelquefois les poumons sont réduits à une masse très-petite, et ils peuvent d’autres fols acquérir une dimension considérable. Les organes de la respiration, dans l’état anormal, peuvent être plus ou moins spacieux que dans les conditions normales,’ leur tissu est quelquefois plus dense, et d’autres fois plus rare que dans l’état sainj et dans un grand nombre de cas des excavations y ont leur siège.

IL Le poumon peut augmenter de densité.

Cette augmentation peut tenir à diverses causes;

1° Elle peut être l’effet d’un simple engouement cadavérique ^ qui se fait dans les derniers momens de la vie , ou dans les heures qui suivent immédiatement la mort. Cette altération est tout-à-fait soumise aux lois de la pesanteur, soit qu’elle ait lieu seulement dans les vésicules aériennes , soit, ce

DISPOSITION DU r'üUMüN

qni est ])liis probable, qu’elle se manifeste aussi ilans le tissu cellulaire qui réunit les lobules : toujours est-ll c[u’clle a lieu dans les ]>artles déclives; et f[ue les liquides, obéissant dans ce cas à la gravitation, infiltrent sur tous les points et à peu ])rès à une égale hauteur le tissu mou et perméable du poumon. De là résulte une ligne à peu près de niveau sur l’espace où l’engouement finit et sur le Heu où il commence.

Si cette accumulation de liquide est formée seulement aux dépens de la sérosité du sang, c’est l’œdème du poumon qui a Heu; et, chez les sujets aOalblis, il se comporte à peu près comme chez les mourons : presque toujours il reste dans le tissu engoué de l’air renfermé dans plusieurs bronches et dans beaucoup de vésicules. Cela doit arnver nécessairement , car une grosse bronche est souvent inférieurement placée par rapport aux rameaux aériens ou aux vésicules qui lui correspondent et dont elle est le seul moyen de communication avec la trachée : or si des liquides sont déposés dans ee gros rameau avant que l’air contenu dans les lobules se soit évacué , il s’y trouve incarcéré; et, pour qu’il put sortir, il hmdralt qu’il déplaçât le liquide contenu dans la bronche, déplacement auquel s’opjmse la déclivité de celle-ci.

2° V inflammation rend aussi le poumon jilus . dense; mais ici le phénomène est subordonné à la vie : aussi la maladie n’occupe pas toujortrs h partie déclive, et, lorscpie cela arrive, le point où le tissu sain est séparé de la partie alfectée n’est pas sur une ligne droite , mais suit les inégalités de hauteur

DANS l’état normal ET ANORMAL.

que présentent les divers lobes ou lobules : souvent les parties placées inférieurement à des portions de poumon malades ne sont pas atteintes d’emmr^ement péripneumonique. Ici, il y a moins d’air dénis les vésicules et déins les petites bronches ; car les liquides sont d’abord déposés dans les dernières divisions, et doivent chasser de proche en proche devant eux les gaz qui s’y trouvent contenus. Plus visqueux que dans le cas de simple engouement , ces liquides adhèrent aux parois des cavités où ils se trouvent; et cetteadliérence doit s’opposer à ce qu’ils se portent avec autant de facilité vers la partie déclive. A plus forte raison en est-il ainsi s’il arrive qu ils se condensent par suite de l’absorption, de 1 évaporation ou des opérations vitales qui y ont lieu, ou bien encore si le tissu du poumon lui-méme acquiert plus de densité par le travail inflammatoire. C’est éi ces dernières causes réunies qu’il faut rapporter la très-grande densité' du poumon parvenu au deuxième ou au troisième degré de la pneumonie; mais, dans tous ces cas encore, très-généralement les grosses bronches contiennent encore de l’air.

L’engouement peut déterminer la pneumonie chez des sujets ou la vie se conserve encore un certain temps; et la pneumonie de son côté, en ramollissant les tissus, dispose davantage à l’engouement ; de la vient (fue ces deux étéits se trouvent combinés dans beaucoup de cas ; et que, sur le cadavre comme au lit du malade, on ne peut établir enti e eux de différence tranchée. .Des consuléra— tions du meme genre sont ajijibcables à l’oedème du poumon.

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