II. DiininutioTi de densite des poumons
Expérience (Dilatation des cellules pulmonaires ). Sur le cadavre d’une vieille femme , la région pulmonaire droite donnait une résonnance pulmonale beaucoup plus claire que ne le faisait la région correspondante à gauche, qui cependant fournissait un son analogue à celui du poumon sain. On ne distinguait point autour du son trèsclair obtenu à droite de matité qui pût faire croire à l’existence de masses indurées; on n’entendait pas non plus de bruit humorlque : cependant voulant absolument expliquer cette ddlérence de son , je croyais à l’existence d’une caverne. A l’autopsie , il ne se trouva point d’excavation , mais les cellules pulmonaires étaient beaucoup plus dilatées sur ce point que sur tout autre, et elles avaient un volume qui égalait celui d’un grain de millet.
M. Harlsson m’a assuré avoir vu des faits sem-
blables.
Expérience. MM. Coudret, Briançon, Baudran, voulurent bien, à la clinique de M. Récamier, faire conjointement avec mol quelques recherches sur les résultats que donnaient les organes sains, par l’emploi de la percussion médiate; oi , sui plu sieurs individus, nous constatâmes que, dans une très forte inspiration , le son est plus claii , a un timbre pkis fort que dans une expiration poitee très-loin. Il est facile de répéter sur-sol-même cette épreuve; et, pour peu (ju’onalt 1 habitude duplessl mètre, on saisira facilement cette différence qu Avenbrugger avait déjà indiquée.
Il résulte de ces faits ijue ,. dans la dilatation des
•dans l’état normal et anormal. 119
cellules pulmonaires , surtout lorscju’elle sera compliquée de l’expansion des bronches et lorsque ces altérations seront portées un peu loin , il y aura un son plus clair que dans l’état normal. MM. Harisson et Tarral m’ont assuré qu’ils distinguaient très-bien , à l’aide de la percussion médiate, l’emphysème pulmonaire de l état normal du poumon.
Lors donc qu’aux signes généraux tels que la dyspnée, l’aspect terne et violacé de la peau , etc. , et aux signes stéthoscopiques de l’emphysème du poumon , c’est— a— dire, a la diminution ouau defaut du bruit respiratoire, au râle sibilant, et a la crépitation sèche, viendra se joindre un son très-clair obtenu par la percussion médiate, tout portera a faire admettre l’existence de l’emphysème pulmonaire; et cela sera encore plus probable si la poitrine est
bombée et très-arrondie.
Le diagnostic est plus précis dans les cas ou un seul poumon est affecté et daiys ceux où l’emphysème est circonscrit , parce qu’alors il est facile d établir des différences de sonoréité entre le point malade et ceux qui l’entourent. La facilité c|ue donne le plessimètre délimiter la partie affectée, jointe à la mesure du son qu’il fait mieux apprécier, sont les seuls avantages qu’il présente ici sur la percussion d’Avenbrugger.
T 4® Expérience (Excavations dans le tissu du poumon). Le cadavre d’une femme vieille et trèsmaigre, exploré par MM. Manec , Miquel et moi , offrait au dessus et au dessous de la clavicule gauche un son mat, assez prononcé pour que l’on pût annoncer sur ce point l’existence d’une altéra-
DES POUMONS
tioii en plus dans la densité du poumon. Cette lésion d’après le siège quelle occupait, la maigreur du sujet' et la nature de la résonnance^ paraissait dépendre de masses tuberculeuses. L’un de nous, trèsversé dans l’emploi de la percussion directe, ne trouvait pas de différence, en employant ce moyen, entrelessons obtevius à droite et à gauche au dessous des clavicules. On entendait aussi vers la partie moyenne de la région pulmonaire antérieure gauche et dans une largeur moindre que celle du plessimètre , un bruit assez clair et accompagé d’un frémissement particulier ( bruit humorique) : on présuma dès-lors qu’il existait une caverne sur ce point. Il est à remarquer que cette résonnance cessa d’être produite par la percussion lorsque la trachée-artère fut liée ( cette remarque appartient à M. le docteur Miquel).
À l’autopsie cada ,'érique , on trouva des tubercules à différens états dans le lobe supérieur du poumon gauche; une vaste excavation, à moitié pleine de liquide, existait sur les points ou 1 on avait entendu le bruit humorique.
i5® Expérience. MM. Van Puyfelick, De Vaictti, Fau , docteurs en médecine , plusieurs élèves et moi , nous explorâmes le cadavre d une vieille femme maigre.
Toutes les régions inférieures du thorax, soit
en avant , soit sur le côté , soit en arrière , présentaient pai' la percussion médiate un son puhnonal tout-à-fait pur..
La région sus-pulmonaire antéi ieure gauche donnait lieu à un bruit moins clair que dans I état
DANS L ETAT NORMAL ET ANORMAL. Î2ï
normal. Il en était ainsi pour la région sus-pulmoinaire antérieure droite. Ici le son était encore plus obscur : la région pulmonaire antérieure gauche tfournlssait une résonnance moyenne entre celle que idonne le cœur et ia matité que fournit le foie; mais lici , il y avait en outre un bruit humorlque très-proinoncé, qui cessait lorsqu’on fermait la bouche et les ifosses nasales du cadavre : cette résonnance n’existtait pas à droite.
Nous crûmes devoir supposer l’existence de tu- Ibercules au sommet des deux poumons et annoncer 'à gauche et profondément une vaste excavation iremplle de fluides et de gaz.
L’autopsie cadavérique vérifia pleinement ce idlagnostlc.
i6® Expérience. Une observation du même ^enre a été recueillie à la Charité, devant MM. les (Idocteurs Rochoux et Cabarrus. On obtenait par la ipercussion médiate et sur une large surface du }poumon gauche, très-près du foie, un son humori- (que très-prononcé. A l’ouverture, on trouva sur Ite lieu où ce bruit avait été entendu de nombreuses Lcavernes tuberculeuses : chacune d’elles était assez pietiie, mais, communiquant les unes avec les autres, Edles formaient ainsi par leur réunion une large I ravité. Les unes étaient vides , d’autres étaient oleines d une substance purifoi’me, d’autres enfin contenaient à-la-fois des liquides et des gaz.
Deux autres fois nous avons trouvé le même bruit ur des cadavres; nous avons annoncé des lésions lu meme genre , et trouvé à l’ouverture des résultats Identiques.
122 des poumons
M. C. Tarral a observé un grand nombre de faits ^ semblables.
\f Expérience. Une seule expérience négative faite en présence de M. Magendie, est venue contrarier l’espérance que donne ce moyen de diagnostic : mais Ici l’existence de la résonnance dont Il s’agit n’étalt pas manifeste. Un de mes élèves crut entendre ce bruit; Il annonça des cavernes: le cas n’était pas évident pour moi, et je restai dans le doute ; l’ouverture ne fit pas reconnaître dans le
poumon de cavités anormales.
Expérience. Sur un malade couche dans une
dessalles de M.Cayol en 1826 , on trouvait , aiuiiveau
des réglons sus et sous-pulmonaires d’un cote , un bruit tympanique autour duquel existait un son mat circonscrit lui-même par une résonnance pulmonale assez pure. Le professeur que je viens de citer avait reconnu , à l’aide de la pectorlloqule , une vaste caverne sur le point où le son clair avait lieu : l’autopsie démontra que son avis était fondé, et que la percussion médiate avait bien jugé de l’étendue
du mal. ,
10'= Expérience. Viu autre malade couche dans une
^ ' 4.^*.!- Ici l’PfTinn
des salles deM. Récamier, i)résentait dans la région pulmonaire antérieure gauche un son analogue au cardial , et très-distinct du bruit pulmonal qu on obtenait à rentour. Au centre de l’espace ou la résonnance C était olitenue , on trouvait un son plus clair , tpii partici pait un peu du caractère stomacal , et sur ce point la pectorlloqule était pai aite. ou nous porta donc à croire qu’il existait en ce lieu une caverne entourée }>ar un tissu pulmonaiie m me.
dans l’étaï normal et anormal. 123
MM. Harlsson , Tarral et Van Puyfellck m’ont asssuré avoir obtenu plusieurs fois sur le vivant, et illans le cas de cavernes tuberculeuses , le bruit huimorique tout-à-fail analogue à celui qui avait été rreconnu sur le cadavre : la pectorilocjuie ou l’auftopsie ont vérifié leur diagnostic.
M. Martinet a trouvé avant moi le bruit dont il sVagit , sur des individus qui portaient des cavernes cd ans les poumons.
Corollaires.
1° Sur le point correspondant à des excavations Uarges , vides , superficielles , entourées par des porttions de poumon tuberculeuses ou hépatisées, circconscriies elles-mêmes par un tissu pulmonaire ssain , la percussion médiate fait obtenir un son tymlpanique(S ou I) dont l’intensité est en raison de la tldlmenslon de la caverne. C’est dans une forte inssplration qu’il doit être plus facile de trouver ce Ibrult. Autour du point ôii on l’obtient, est un son wolsln du cardial ou du jécoral; et la résonnance ipulmonale circonscrit l’espace où ces derniers bruits ‘se font entendre.
2° Dans les excavations larges, vides, superficielles, (entourées d’un tissu pulmonaire sain , dans la dilata- !tion des bronches par exemple, un son tympanicjue (dont letlmbre doit correspondre à la dimension de la I caverne existe probablement sur celle-ci , et autour 'd’elle un son pulmonal pur doit se faire entendre.
3“ Quand l’excavation est large , profonde et re- ' couverte de cellules pulmonaires saines , il peut arriver ffu’on obtienne sur le lieu qui lui correspond un
124 diagnostic des excavations pulmonaires. son stomacal mélangé avec la résonnance pulmonale. Dans ce cas, si la percussion médiate est pratiquée avec beaucoup de légèreté, elle dojt donner lieu h un bruit pulmonal pur ; si elle est, au contraire , exécutée avec plus de force , le son tympanique de la caverne doit se faire entendre.
4'’ Dans les excavations de peu d’étendue on ne trouve pas le bruit tympanique.
5" Si l’excavation esta moitié remplie de liquides et de gaz , et s’il y a des communications fistuleuses libres avec les bronches , on obtiendra le bruit humorique ; et cela aura lieu aussi dans les cas où l’ex^ cavation sera profondément placée.
6" Le bruit humorique peut se trouver dans les • petites excavations; son intensité est en raison du • nombre et de la position plus ou moins superficielle des cavernes.
■ Diagnostic des excavations pulmonaires .
L’expectoration des crachats nummulaires, puriformes , ne peut prouver l’existence d’une caverne dans les poumons : MM. Laeonec et Andral ont suraboiiviamment prouve ce fait. L auscultation donne dans ce cas le râle caverneux, mais celui-ci peut avoir lieu dans de très-grosses bronches ; la respiration caA'erneuse est dans le meme cas. La pectoriloquic elle-même , qu’il faut beaucoup d habitude pour distinguer de la bronchophonie peut être, facilement prise pour celle-ci. Je suis bien loin de nier l’importance de ces moyens, ou même de croire (juela percussion médiate leur soit préférable; mais