‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 31 sur 94 · MALADIES DU COEUR ET DU PERICARDE · texte numérisé non relu

MALADIES DU COEUR ET DU PERICARDE

Art. u De la disposition physique du cœur et du. péricarde dans Vétat normal et anormal.

ÉTAT iSORMAL. Le coeui’, obliquement place dans le médiastin et couché sur le diaphragme, est en rap-

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port en avant avec les parois thoraciques, qui partout sont consistantes et peu de'pressibles ; sa pointe vient frapper entre les cartilages de la sixième et : septième côte , en comptant de haut en bas. Une distance assez considérable sépare le cœur de la face postérieure de l’os sternal:; et cet espace, qui correspond au médlastin , varie d’étendue chez les divers sujets. En arrière la base du cœur est séparée de la (Colonne vertébrale par l’œsophage, l’aorte, du I tissu cellulaire, de sorte qu’il est fort éloigné des Itégumens de la paroi postérieure du thorax. Les poumons recouvrent ses parties latérales. Ces orgaines, les gros vaisseaux et la trachée correspondent là sa partie supérieure; et sa face inférieure n’est ‘séparée du foie et de l’estomac que par le péricarde , le diaphragme et le péritoine.

Le volume du cœur varie infiniment chez les I divers individus. Laennec a trouvé qu’en général il I équivalait, chez l’homme sain , à celui du poing du : sujet : ceci n’est guère applicable qu’à cet organe vide de sang et observé sur le cadavre. Le volume I du cœur , sur le vivant , se compose de deux choses :

I d’abord de la proportion des fibres charnues qui entrent dans la structure du cœur, ensuite de la quantité de sang qui se trouve dans ses cavités. Or, si la dimension de l’organe varie peu chez mi même sujet, sous le rapport delà masse musculaire, elle peut être très-différente dans des cas divers, relativement aux quantités de sang qu’il contient. L’état ■delà respiration a, sous ce rapport, une influence très -grande sur le volume du cœur. La densité de ce muscle creux est celle d’un corps

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solide et charnu, qui, dans l’état normal, présente sur tous ses points à peu près la même densité.

Le péricarde, dans l’état sain, lorme autour du coeur et du commencement des gros vaisseaux, une couche si fine, qu’il ne peut altérer les phénomènes auxquels donne lieu la percussion médiate de la région du cœur.

ÉTAT ANORMAL- Le cœur est sujet à divers déplacemens. 11 éprouve quelquefois une Inversion latérale, comme cela a heu dans ia transposition générale des viscères; mal fixé, mal soutenu dans la ' place qu’il occupe, il peut s’abaisser vers la cavité abdominale en poussant au-devant de lui le diaphragme , le foie et l’estomac ; refoulé par un épanchement péritonéal , par le foie hypertrophié, par une tumeur abdominale , ou par 1 estomac et les intestins que distendent des liquides et des gaz, il est susceptible de s’élever très-haut dans la cavité thoracique; dévié par des epancliemens pleurétiques, il est souvent porté à droite si la maladie a lieu à gauche, et à gauche si l’hydro-thorax a son siège du côté droit.

Le volume du cœur, dans 1 état pathologique , peut être de beaucoup augmente : les parois des ventricules se trouvent quelquefois épaissies (hypertrophie); plus de sang peut le distendre (dilatation). Ces affections, simples ou combinées , existent tantôt d’un seul et d’autres fols des deux côtes, ou bien dans les ventricules ou les oreillettes a la fois, ou bien encore sur un point circonscrit des uns et des autres. Le cœur'peut être moins gros ([ue dans l état

DAWS l’état normal 'ET ANORMAL. 1 2g

normal (atrophie); Corvisart, Laennec , Bertin et .M. Bouillaud ont étudié avec soin ces divers états.

La densité du cœur ne varie que de la mollesse à la dureté ; il n’en est pas ici comme du poumon qui , de très-léger et dé très-sonore qu’il est en santé, devient pesant et compacte dans certains états morbides. Que le cœur contienne beaucoup de liquides ou qu’il y ait une hypertrophie concentrique, la pesanteuret lasonoréité , observées par la percussion médiate, seront à peu près les mêmes.

Le péricarde peut être distendu par des liquides variables en consistance et en quantité. Il contient quelquefois des gaz ; mais ce fait , sur le vivant , doit être infiniment rare,. 11 peut enfin renfermer à la fois des gaz et des liquides. Dans tous ces cas, qui peuvent exister avec ou sans épaississement du feuillet libre du péricarde , il arrive , lorsque l’épanchement est considérable, que les poumons, retenus par leur racine située postérieurement , sont écartés, refoulés en dehors et çn arrière; la tumeur du péricarde s’approche alors des parois antérieures du thorax; elle est posée sur le diaphragme, qui la sépare de la partie gauche de la face supérieure du foie. Si elle est un peu considérable, l’estomac, tantôt rempli par des gaz et d’autres fois par des alimens, peut aussi avoir des rapports avec elle.

Ces états pathologiques étant les seuls dans lesquels la percussion me . paraisse pouvoir être de quelque utilité, je passe sous silence les autres lésions dont le cœur et le péricarde peuvent être atteints.

EXPÉRIEÎiCES ET RECHERCHES

Art. II. Expériences -et recherches sur le cœur et le péricarde dans l’état normal et anormal.

J’ai étudié le cœur avec le plessimètre sur vingt •sujets chez lesquels cet organe paraissait être sam, et (pii étaient aÜectés de maladies légères; sur des individus robustes comme sur des sujets plus fiiibles ; sur des malades dont le pouls était large, fort, comme sur des hommes où il était petit et iaible ; sur des sujets dont on entendait avec le stéthoscope le cœur dans une grande étendue du thorax , comme chez les individus où ce bruit était seulement perceptible sur la région cardiaque , les résultats de la percussion médiate ont beaucoiq^ moins varié que je ne m’y attendais. Un son dont la matité se rapprochait du foie , quoiqu un peu moins marqué que sur ce viscère , était obtenu dans la région cardiaque et sur la partie gauche de la région sus-gastri([ue (son cardial ). Cette matité variait un peu sur chaque sujet, et elle était en raison de la portion de poumon dont la pointe du cœur était recouverte , et de l’éloignement où ce clernier organe se trouvait des parois. Je pouvais bien mesurer de droite à gauche 1 espace où le son mat existait; mais il était ])lns difficile d’avoir ses dimensions en hauteur ; car la matité de la région cardiacpe se confondait chez beaucoup de sujets avec celle que lournissait le pe titlobe du foie. Lorsciu’en effet ce dernier viscère s'étend jusqu’au-dessous du cœur, des nuances de son ne peuvent guère les distinguer , et aucun organe contenant des gaz ne leur est interposé.

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