‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 32 sur 94 · SUR LE COEUR ET LE PERICARDE · texte numérisé non relu

SUR LE COEUR ET LE PERICARDE

Pour mesurer le volume du coeur de haut eu bas, je crus donc qu’il fallait rechercher à droite le point où le foie commence, et est en ^contact avec le poumon ; tirer ensuite une ligne horizontale et perpendiculaire à l’axe du corps, sur le côté gauche, et prendre cette ligne pour le point probable ou finit le cœur et où. commence le foie.

J avais, ainsi le moyen de mesurer approximati vement le volume de la pointe du cœur et d’une partie de sa face supérieure et antérieure. Me servant donc de ce mode de mensuration, j’ai trouvé que dix-huit sujets sur vingt présentaient, dans la largeur de deux pouces , un son mat (son cardial) correspondant au cœur. Sur les deux autres individus cette résonnance occupait une surface de deux pouces et demi. Chez tous ces sujets , c’était à ])eu près un espace de 20 à 24 lignes en hauteur que le bruit cardial occupait. Le stéthoscope et l’application de la main trouvaient les battemens du cœur suivies points dont il s’agit.

La matite du cœur se trouvait à la même hauteur, soit que le sujet fût couché, soit qu’il fût placé dans 1 attitude assise : cela variait à peine dans l’inspiration et l’expijration. l’out porte donc à penser que la pointe du cœur reste à peu-près à la même hauteur dans ces deux positions du corps et dans les divers mouvemens de la respiration.

Dans 1 attitude couchee à droite ou à gauche, le son mat du cœur se portait d’un demi pouce vers le coté sur lequel le corps reposait. La percussion médiate tend donc à faire admettre un déplacement

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latéral correspondant au coucher alternatif sur f un ou sur l’autre côté.

C’est inutilement que j’ai cherché à trouver et à mesurer en arrière l’espace correspondant à la hase du cœur. Mes résultats ont été nuis ; mais les tentatives que j’al faites ne sont pas nombreuses : ce sujet exige de nouvelles recherches.

Indépendamment des faits relatifs a la mensuration de l’espace auquel le son mat dit* cœur correspond en avant , 11 en est d autres non moins Importans qui tiennent à l’appréciation de la portion de cet organe qui est située dans le côté gauche. La comparaison que l’on peut établir entre la percussion légère et la percussion forte du plessimètre fournit les résultats dont-il s’agit : sur l’homme dont le cœur et les poumons sont sains , lorsque l’instrument est appuyé exactement sur le côté gauche , une percussion forte donne le son pulmonal à une grande profondeur , à peu près comme cela a Heu pour le côté droit au dessus du foie j chez celui dont le cœur est très-volumineux et dont les poumons sont exempts de maladie, une percussion léaère fait apprécier l’état des cellules pulmonaires, tandis qu’un choc plus fort donne un bruit sourd en rapport avec la masse du cœur située profondément.

Sur six cadavres dont la trachée avait été liée , et chez lesquels nous avons , par la percussion , détei miné le lieu où se trouvait la pointe du cœyr, nous avons trois fols enfoncé une tige de fer au centre de l’espace où le son cardial était obtenu, et trois fois l’Instrument a pénétré au milieu de la pointe du cœur. Trois fols nous avons in-

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troduit des aiguilles autour de cet espace, et trois fols, à l’autopsie, la partie gauche du cœur, non recouverte par le poumon , ou se'parëe des parois costales par une lame pulmonaire très-mince, s’est trouvée entourée par les aiguilles (i).

La transposition latérale du cœur ne s’est pas présentée à mon observation depuis que je me sers du plessimètre. Dans un cas pareil, on trouverait infailliblement à droite le son mat que l’on rencontre ordinairement à gauche.

Je n’al pas vu de cas d’abaissement du cœur qui soit digne d’être noté» Il n’en est pas ainsi de son élévation et de son refoulement vers la partie supérieure de la cavité thoracique.

Trois individus présentaient, dans les régions cardiaque et sus-gastrique , un son stomacal trèsclair qui s’étendait aussi dans toute la partie inférieure du côté gauche du thorax , et qui , sans changer de caractère, se propageait vers l’ombillc. L’espace intercostal qui répond aux quatrième et cinquième côtes , en comptant de haut en bas , offrait sur une surface de deux pouces carrés le son mat qui correspond au cœur. Le stéthoscope faisait distinctement entendre sur ce point les batteraens de cet organe.

(i) Ces expériences doivent être faites avec des carrelëts. Si on les pratiquait avec des incisions , et en ouvrant le péricarde , on s’exposerait à changer les rapports du cœur avec les autres parties , de sorte qu’à l’autopsie on ne trouverait pas l’organe sur les points où l’on avait cru le rencontrer, et où il était en effet avant l’ouverture du cadavre.

EXPEUIENCES ET RECHERCHES

Les individus dont il s’agit étaient considérés comme asthmatiques ou anévrysmatiques: ils avaient des palpitations , de la dyspnée ; ils rendaient quelquefois par l’oesophage d’énormes quantités de gaz, ce cjul les soulageait beaucoup. Ce refoulement du coeur de bas en haut d’une part, et de l’autre la . compression des poumons par les gaz contenus dans l’estomac et les intestins étaient-ils la cause des accidens qu’éprouvaient ces malades?

Le volume du principal organe de la circulation examiné sur plusieurs anétrysmaticjues a donné peu de résultats; cela vient sans doute de ce que la pointe et une petite portion de la face supérieure du coeur peuvent seules être exactement explorées parla percussion médiate. Toutefois je n’ai pas assez observé de faits de ce genre pour avoir encore sur ce point une opinion fondée.

Sur plusieurs individus qui avaient tous des symptômes de dilatation simple, ou de dilatation avec hypertrophie , ou d’hypertrophie combinée avec dés affections organiques des orifices , le coeur donnait quelquefois un son mat dans la largeur de trois pouces carrés.

Sur plusieurs de ces malades, la percussion directe du côté gauche produisait un bruit généralement plus mat qu’à droite , tandis que la percussion médiate , bien qu’elle circonscrivît mieux la pointe et une partie de la face supérieure du cœur , ne faisait pas aussi bien saisir cette différence; mais en modifiant le procédé, il fut possible à l’aide du plessiraètre d’obtenir sous ce rapport de très-bons résultats. En effet, en appuyant l’Instrument et en le

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