CHAPITRE l
DES MM.AIUES DES PAROIS ABDOMINALES OU LA PERCUSSION MEDIATE PEUT ÊTRE UTILE.
11 est plusieurs affections des enveloppes abdominales sur la nature desquelles la percussion médiate me paraît pouvoir fournir quelques signes. La plupart des considérations établies à l’occasion des maladies des parois thoraciques trouvent ici leur application : j’insisterai seulement sur les lésions des parois du ventre oii le plesslmètre peut être essentiellement utile.
Ainsi que cela a lieu pour la cavité abdominale, celle d’une hernie peut contenir des organes creux remplis de gaz, tels que l’estomac et les intestins; des viscères distendus par des liquides , tels que la
DES PAROIS ABDOMINALES. 1 4y
vessie } des réservoirs membraneux contenant à la fols des fluides élastiques et des liquides. Elle peut encore renfermer des parties dont le tissu est dense et solide.
La percussion directe , pratiquée au moyen d’une chiquenaude légère donnée sur la tumeur, fait jusqu’à un certain point juger si des gaz se trouvent ou non contenus dans celle-ci ; mais la percussion médiate donne des résultats plus précis et fournit les moyens de diagnostic sulvans ;
A. SI l’estomac, les intestins grêles et les gros Intestins sont renfermés dans une tumeur herniaire, le soi\sera plus ou moins tympanlque et à un degré correspondant à celui de la capacité des organes creux renfermés dans la hernie.
M. C. Tarral a vérifié ce fait sur un homme vivant. Une hernie inguinale donnait un son intestinal pur : ce bruit à l’occasion d’un effort prenait un caractère plus tympanlque. En simulant une entérocèle sur un cadavre, M. Tarral a trouvé que les sons produits par le plessimètre correspondaient par leur timbre et leur Intensité à la capacité de l’anse intestinale renfermée dans le-scrotum.
B. Si 1 on présumé que F estomac se trouve placé dans une hernie , il faudra percuter celle-ci à jeun : elle fournira un son clair. Alors on mettra le malade dans une position telle que la tumeur soit déclive par rapport aux autres parties de l’abdomen. Si le ventricule est vide, le son obtenu par la percussion médiate ne sera pas altéré , et aura le caractère stomacal. Que le sujet boive alors une ou deux verrées de liquide, qu’il soit placé dans l’attitude
c[ue je viens de signaler : si la résonnance change de caractère si elle prend une nuance humorique, il sera certain que T estomac est contenudanslatumeur.
C. Si l’on a des raisons pour croire que les grosintestins soient placés dans une hernie, des injections dans le rectum rempliront le même objet relativement aux gros intestins que l’introduction de boissons par rapport à l’estomac.
D. Si l’épiploon, la matrice, le rein, se trouvent dans la tumeur, ou si elle contient des productions accidentelles, un son mat s’y fera observer. Un sarcocèle donnera un bruit très-sourd; il en sera ainsi du varicocèle, de l’épiplocèle , tandis que l’entérocèle fournira un son tympanique.
M. C. Tarral fit pénétrer une anse d’intestin et une portion d’épiploon dans l’anneau inguinal d’un cadavre. La première donna lieu a un son intestinal, la seconde produisit un bruit jécoral; celui-cr ne variait pas en raison de la position du sujet.
I E. Si la vessie, renfermant de l’urine, est contenue dans une tumeur herniaire , on trouvera un son assez mat avant de faire uriner le malade. Si des in testlns se rencontrent en meme temps dans la heinie , le son sera clair apres 1 expulsion du liquide.
F. Si, comme cela peut avoir heu dans le cas de complication d’ascite, la hernie contient alafois des gaz et des liquides, ceux-ci se rencontreront dans la partie déclive de la tumeur : leur couche supérieure sera de niveau , et les fluides élastiques seront situés à la partie supérieure. La position respective de ces tluldes variera suivant l’attitude du malade.
M. Tarral a eu la preuve de cette assertion en in-
DES PAIIOIS ABDOMINALES.
joctaiit des liquides dans des tumeurs herniaires artificielles.
Ces moyens de diagnostic ^ pour être complètement confirmés, auraient besoin de plus de faits que je n’en possède à ce sujet. L’analogie qui existe entre les observations que j’ai recueillies sur l’abdomen et les considéi’ations relatives aux hernies me donne cependant beaucoup de confiance dans celles ci. Je pourrais citer quelques observations qui me sont personnelles : je me borne à la suivante, qui m’a été communiquée par M. Bally : « Une malade de l’hôpital Cochin portait, dit-il, sur la région du foie une tumeur qui me paraissait hydatidique. On élevait des doutes sur sa nature , et on présumait qu’il s’agissait d’une hernie. Le plessiniètre démontra positivement c[ue la tumeur observée ne contenait pas de fluides élastiques. » 2 2 août 1826..