CHAPITRE IL
DES MALADIES DU PÉRITOINE DANS LESQUELLES LA PER- CUSSION MÉDIATE PEUT ÊTRE UTILE.
Article 1". De La disposition physique du péritoine dans les états normaux et anormaux.
ÉTAT NORMAL. Le péritoine, en circonscrivant la* surface des viscères , en doublant les parois abdominales, et en donnant naissance aux vastes replis qui constituent les épiploons , forme une grande cavité qui , chez l’homme, n’a pas de communication.
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avec l’extérieur. Chez la femme, les ouvertures imperceptibles des trompes utérines sont lés seules ouvertures que présente la séreuse abdominale. La grande cavité embrassée par celle-ci est cependant divisée en deux parties qui ne communiquent entre elles que par l’ouverture deWinslow. Partout mince, immédiatement appliqué sur les parties qu’il recouvre , le péritoine , dans 1 état normal , ne peut altérer par lui-même les sons auxquels donnent lieu leS organes explorés par la percussion médiate.
On ne trouve point de gaz entre son feuillet viscéral et sa lame pariétale; et si quelqvies observateurs en ont observé lorsqu’ils ouvraient l’abdomen sous l’eau, la quantité qu’ils en obtenaient était si petite €{u’elle mérite à peine d’être mentionnée.
Le péritoine sain ne contient pas non plus de liquide. M. Roux croit qu’une vapeur séreuse lubrl- Oe ses surfaces contiguës.
Dans l’état physiologique, les deux feuillets péritonéaux n’ont point entre eux de continuité; ils sont seulement appliqués l’un sur 1 autre , en sorte qu’ils peuvent être facilement écartés par les fluides accidentellement renfermés dans la cavité péritonéale. Les viscères abdominaux , dont la mobilité est très-grande , peuvent en effet se porter aisément d’un point vers un autre ; et la plupai't d entre eux , très-compressibles, cèdent, ainsi que les parois, aux liquides qui tendent par leur propre poids a s interposer entre ces organes.
Dans la station et dans la position assise , le petit bassin est la partie la plus déclive de la cavité abdominale; dans le coucher sur le côté, la région colique
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droite ou gauche, suivant que le corps repose sur le côté droit ou gauche , sont inférieurement placées par * rapport aux autres points delà cavité abdominale.
Dans la supination, la colonne vertébrale fait sur la ligne médiane de la paroi postérieure de l’abdomen une saillie de laquelle résulte a droite et a gauche un large enfoncement. Cette saillie, se prolongeant jusqu’à l’angle ^sacro-vertéb'ral , cesse au dessous de lui pour faire place à une troisième excavation, qui est celle du petit bassin. Celle-ci est encore, dans la supination , plus inférieurement placée que les autres points de l’abdomen.
ÉTAT ANORMAL. Le péritoine peut être le siège d’un grand nombre de lésions. Je ne ferai mention que de celles dans lesquelles la percussion médiate peut fournir des résultats utiles.
A. Adhérences. Rien n’est plus fréquent que les adhérences qui réunissent entre eux les viscères abdominaux, les parois aux organes, ou les replis péritonéaux aux uns ou aux autres. La longueur, la forme , l’épaisseur de ces productions accidentelles varient; et il est des cirfionstances dans lesquelles elles fixent presque immédiatement les viscères aux enveloppes abdominales.
Le plus souvent, toutefois, ces liens membraneux sont assez longs pour permettre à l’intestin de s’éloigner beaucoup de la paroi antérieure. Dans le plus grand nombre de cas, les adhérences n’ont lieu que sur quelques points , et ne forment pas une couche continue qui, existant d’un bout à l’autre d’un des diamètres de l’abdomen, sépare la cavité péritonéale en deux parties, l’une droite et
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l’autre gauche, üne adhérence complète entre tes viscères d’une part, entre les organes et les parois de l’autre, suppose une péritonite si générale et si Intense qu’il est difficile de concevoir qu’un malade puisse y survivre quelque temps. On pourrait cependant citer quelques faits de ce genre. Entre les membranes accidentelles qui réunissent les intestins, il y a presque toujours des espaces libres qui établissent des communications entre les diverses parties de la cavité abdominale.
B. Épaississement. Les productions déposées a la surface du péritoine, ou cette membrane elle-même, ou bien encore le tissu cellulaire sous-péritonéal , peuvent s’épaissir et devenir le siège de diverses
'transformations , telles que leur conversion en tissu cartilagineux ou osseux; ou bien être atteints de diverses dégénérations , parmi lesquelles les productions tuberculeuse et carcinomateuse tiennent le premier rang.
Il résulte du développement de ces divers tissus accidentels que, sur un point circonscrit, les parois de l’abdomen sont quelquefois plus épaisses que sur les autres.
C. Épanchemens libres. Le liquide qui lubrifie la face contiguë du péritoine augmente quelquefois de quantité; et tantôt quelques onces d eau seulement sont contenues dans la cavité péritonéale, tantôt il s’y en accumule un grand nombre de litiges. Le fluide dont il s’agit a ordinairement une consistance analogue à celle de leau; d autres fois il est plus épais et contient des flocons albumineux et des fausses membranes qui y nagent. Des épanchemens