DU PÉRITOINE
fondant sur une longue expérience et usant d’une sage hardresse, ce médecin , après avoir déterminé des adhérences entre la tumeur et les parois par plusieurs applications de pierre à cautère, ouvrit le kyste sur l’eschare : il s’écoula d’abord beaucoup de liquide, et le jour suivant un grand nombre d’hydatides s’échappèrent.
Or, dans un très-grand nombre d’ascites que j’ai observées à toutes les périodes , soit avec très-peu, soit avec beaucoup d’eau, dans plus de vingt-cinq ou trente hydropisies enkystées , dans un nombre très-considérable d’épanchemens artificiels, je n’al jamais trouvé le bruit ou le frémissement dont il s’agit. Une fols cependant j’ai cru le rencontrer dans une ascite traitée avec succès par M. le professeur Foucjuier; mais c’était d’une manière fort obscure et dans une seule expérimentation : un Instant après je ne pus l’obtenir. Chez ce malade, que j’observai plus de quinze jours de suite, ce symptôme ne se manifesta plus : c’était sans doute une erreur de sensation. Pour décider quelque chose en diagnostic et par quelque moyen que ce soit, il faut 8*6 décider après plusieurs examens et non pas établir des conclusions sur un seul.
Les faits précédens me portent à penser cjue le bruit et la sensation dont j’ai fait mention, existant d’une manière évidente et se rencontrant hal^ltuellement sur un malade, indicjuent la présence de petits kystes hydatlfères nageant dans un autre kyste plus grand et rempli de liquide. De nouveaux faits feront apprécier la réalité de ces expériences.
E. Tumeur abdominale. Le siège, la profon-
l6o * percussion médiate
tleur d’une tumeur abdominale peuvent encore etre éclairés par la percussion médiate. Si un son intestinal ou stomacal est fourni par la percussion du plessimètre légèrement appliqué , tandis qu’en appuyant celul-cl à un , deux ou trois pouces de profondeur , le son prend des caractères en rapport avec la nature de la tumeur, 11 deviendra certain que celle-ci est située à douze, vingt-quatre ou trente-six lignes
des parois.
F. Rapports de cette tumeur. Bientôt nous verrons par quels moyens on peut préciser la place qu’occupe chaque viscère dans l’abdomen; or, si d’une part on peut reconnaître la tumeur, et si, de l’autre, les viscères peuvent être distingués, les rapports de ces parties pourront être établis d’une
manière plus ou moins exacte.
Je suis bien loin de penser que la percussion médiate doive faire négliger l’exploration des tumeurs abdominales par la palpation , la pression, la fluctuation ; mais je dis que le plessimetre fourni,; des données de plus, et que celles-ci ne seront
pas à négliger. ,
Je citerai l’observation suivante comme exemple
du degré de valeur que peut présenter la percussion
médiate relativement au diagnostic des tumeurs ab-
domlnales : •
üne femme d’un âge ava.ice, d’une figure maigre, portait au niveau de l’ombilic une tiimeui de la grosseur du poing , et que la palpation fabdomen faisait très-bien reconnaître. La surface, était inégale. Se déplaçant facilement suivant la position do la malade, elle présentait des
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Ibattemeiis qui se rapportaient plutôt au soulèvement qu’à l’expansion. Le stéthoscope ne faisait pas entendre sur l’onibilic de battemens simples. On était assez indécis sur le siège de la production morbide. Leplessimètre donna les résultats suivans : dit dc^cint de la titniBur , lôrs(ju6 l insti uni6iit etciit supevjic'^llenient applicjué , on obtenait un son intestinal j lorscj^u^ au contraire la plaque diooiie appuyait sur les parties proj ondes , le bi uit participait des caractères jecoral et osteal j c était en déprimant les parois a deuoc pouces de pi (yj^ojideui (jue le son mat était obtenu ^ du leste^ le Jbie ^ là rate, l’estomac, nettement circonscrits par la percussion médiate , étaient independans de la tumeur. Celle-ci était mobile j ce qui n eut pas eu lieu si elle eût été formée par un anévrysme aortic{ue, ou si elle eût appartenu soit à la paroi postérieure de l abdomen^ soit aux leins ou au pancieas. Si ce dernier cas eût existé , \ estomac se serait trouvé au devant de la production anormale, tandis cju il lui était beaucoup supérieur. La maladie ne pouvait guère appartenir à l’épiploon, car les intestins étaient situés au-devant d’elle. Tout portait donc à croire que le mésentère en était le siège.
Le son très-mat et prescpiostéal de cette tumeur, la surface bosselée qu’elle présentait, les douleurs lancinantes qui y avaient lieu, l’âge avancé de la malade, leyttc/e^ propre aux affections cancéreuses, le défaut de signes physiques ou fonctionels de tubercules pulmonaires, nous portèrent à regarder comme à peu près certain qu’il s’agissait d’une aifection carcinomateuse du mésentère.