ÉPANCHEMENS DE LIQUIDES
(Quantité de liquide : c’est ce qui avait surtout lieu dans la xxvi" et dans la xvi' observations , où M. Andral rend raison du défaut de fluctuation par la flaccidité des parois de la grande cavité splanchnic[ue.
Les neuf autres observations, où l’on ne fait aucune mention du liquide, pourraient peut-être servir à prouver que la fluctuation n’est point un signe constant de l’ascite; mais je les passe sous silence pour m’en tenir aux faits dont les résultats
ont été bien constatés.
Ainsi, sur dix-sept observations d’épanchemens abdominaux, six fois la Iluctuation a été évidente , et alors on reconnaissait le liquide avec la plus grande facilité, parce qu’il y en avait beaucoup; six fois elle était obscure, ce qui veut dire qu’eUe était plutôt soupçonnée que démontrée; cinq fois enfin on ne la trouvait pas. Ce relevé est d autant plus lemarquable, qu’il se rapporte à des faits recueillis par un de nos observateurs les plus expérimentés.
■ La fluctuation ne peut indiquer que des quantités de liquide considérables. Quand il y a peu de sérosité, celle ci occupe les flancs et l’excavation du bassin , et le Ilot ne peut être communiqué d’un cote i l’autre , parce quela saillie vertébrale estaumilieu.
Si le malade est assis , la fluctuation pourra quelquefois être reconnue lorsqu’une main sera appliquée sur un des côtés du bas-ventre, et que l’autre frappera en sens opposé : mais ce résultat ne s obtient encore que dans des épancheraens portes tres-loin.
L’anasarque , la flaccidité des parois abdominales ( Andral ) , les intestins réunis en masse lidem) , une
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tumeur enkystée^, rendent la sensation du Ilot inappréciable ou obscure. La fluctuation , souvent utile , est donc fréquemment insuffisante. Bien pluSj elle est sujette à erreur : dans plus d’un fait que je pourrais citer, on admettait une ascite quand il s’agissait d’une pneumatose intestinale ou d’une tumeur enkystée.
On ne peut enfin mesurer la quantité du liquide contenu dans l’abdomen par le flot qu il communique à la main.
La fluctuation, auscultée à l’aide du stéthoscope, n’a conduit jusqu’ici qu’à peu de résultats. Des boissons renfermées dans l’estomac ou dans les intestins pourraient donner lieu au bruit du flot communiqué à l’oreille.
Franck a remarque que , dans 1 ascite , les intestins se trouvent vers l’ombilic, et qu’on peut les y découvrira l’aide de la percussion. On a attaché si peu de prix à ce fait , que l’auteur de l’article Ascite du Dictionnaire abrégé des Sciences médicales, s’exprime ainsi : « Telle est du moins 1 opinion de Franck : nous la rapportons sans y attacher une grande importance ». H paraît cependant que M. Rostan et quelques autres praticiens se servent de la percussion directe pour reconnaître 1 ascite.
Il résulte des considérations précédentes sur 1 état actuel de la science, relativement aux moyens de reconnaître les épanchemens abdominaux, que le diagnostic en est souvent obscur. Or la percussion médiate donne des résultats tellement évldens, quelle peut faire reconnaître les plus petites quantités de liquide , avantage que n’a pas la percussion
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directe. Ces résultats sont d’ailleurs si constans , que sur plus de deux cents cas d’ascite naturelle ou artificielle, ils ont été toujours appréciables. Le plessiinètre mesure très-approximativement le volume des liquides épanchés , et peut faire distinguer la péritonite de l’entérite. Les signes qu’il fournit sontévidens, faciles à saisir, et tout-à-fait caractéristiques. Des faits prouveront bientôt que la complication de l’hydropisie enkystée, de l’anasarque, delà flaccidité des parois abdominales, etc., avec l’ascite, n’empêche pas d’obtenir des résultats certains par l’emploi de la percussion médiate. Les principaux reproches que l’on puisse faire à cette méthode, dans la péritonite, et quand le ventre est très-douloureux, ce sont les mouvemens qu’il faut faire exécuter au malade ; mais, dans ce cas, le procédé qu’il faut employer pour rechercher la fluctuation a bien plus d’incoiwéniens encore, et ne peut être mis en usage. C’est sans doute à cause de cela que M. le professeur Andral ne l’a pas employée, et par conséquent n’en a pas fait mention dans les iv% viii®, xi®, XIII® observations , ainsi que dans les vi®, vu® et xv®, où il s’agissait de péritonites puerpérales. 11 suffit d’ailleurs, pour obtenir les signes plessimétriques, de soulever et d’incliner légèrement le malade sur le côté et en avant, ce qui , avec quelques aides , est facile et peu douloureux.
On peut encore craindre l’effet du déplacement du liquide dans le péritoine enflammé ; mais les malades le déplacent bien plus encore dans les moiivemens qu’ils exécutent souvent eux-mêmes. Si 1 on agit avec prudence et lenteur , cet Inconvénient est
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tout-à-fait nul. Il est d’ailleurs douteux que le fluide formé dans le péritoine plilogosé soit susceptible d’irriter cette membrane séreuse.
Je terminerai cet article par la note suivante que je dois à la bienveillance de M. le docteur Bally. (( Plusieurs exemples d’ascites se sont présentés, dans lesquels on n’a pu saisir par la fluctuation , même avec l’attention la plus scrupuleuse, la colonne du liquide, soit parce qu’il n’occupait que les parties les plus basses de l’abdomen et le bassin, soit parce que toute autre cause y mettait obstacle : le plessimètre a toujours fait découvrir le liquide. »
Article iv. Hjdropisies abdominales enkystées explorées par la percussion médiate.
Je ne mentionnerai pas en détail tous les cas d’hydropisle abdominale enkystée qui se sont offerts à mon observation. Je me bornerai à dire que , sur plus de quarante cas de ce genre observés dans les hôpitaux ou dans les amphithéâtres, les résultats ont été très-dlfférens de ceux que j’ai signalés à l’occasion de l’ascite.
Soit que la tumeur fût très-volumineuse , comme cela avait lieu chez un malade placé dans le service de M. le professeur Fouquier, soit que la dimension en fût peu considérable , les signes plessimétriques étaient à peu près les mêmes ;
1“ Dans l’hydropisie enkystée, la tumeur n’occupe pas toujours la partie déclive; et si elle est plus basse qu’une portion des Intestins, presque
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constamment quelques anses de ceux-ci lui sont inférieurement placées.
2" Ordinairement fixe, quelquefois mobile, la tumeur peut bien, dans quelques cas, se porter à droite ou à gauche , suivant la position du tronc sur tel ou tel côté, mais alors des portions d’intestins pressées par lekysterestentencoreàlapartiedéclive.
5° La tumeur est limitée supérieurement par une surface arrondie , irrégulière et non de niveau, au dessus de laquelle se trouvent soit l’estomac , soit les intestins.
4° Si la tumeur s’est développée à droite, les intestine sont situés à sa gauche , et il peut arriver, quoique rarement , qu’il n’y en ait pas du tout à droite : c’est ce qui a heu pour les kystes de l’ovaire qui ont acquis un grand volume.
5° Le son que fournit la percussion du kyste est beaucoup plus mat que celui de l’ascite; il a de l’analogie avec le bruit auquel donne naissance le foie médiatement percuté ; .11 n’est pas sec ou ostéal quand les parois de la tumeur sont molles et dépresslbles.
6” On trouve tantôt dans toute la partie sousjacente à la tumeur , d’autres fois sur quelquesuns de ces points seulement , une résonnance intestinale ou stomacale en rapport avect^lle ou telle portion du tube digestif.
Quelquefois le son mat auquel donne heu la percussion du kyste se trouve dans un espace situé au dessus de tous les autres points de l’abdomen où les intestins et l’estomac donnent lieu au bruit tym panique.