‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 43 sur 94 · DANS L ABDOMEN · texte numérisé non relu

DANS L ABDOMEN

8° Si des organes creux contenant des gaz sont au dessus de la tumeur, ce n’est pas sur une ligne de niveau que l’on rencontre les différences du son clair au son mat.

9° Les changemens alternatifs de position sur le côté droit et sur le côté gauche n’empêchent pas c{ue sur les mêmes points on continue à obtenir le son tympanique.

io° Si les parois du kyste sont très- minces, si le fluide qui s’y trouve est très-clair, enfin si des anses d’intestins touchent aux parois du kyste , le bruit humorique pourra être obtenu.

11“ Si le kyste est recouvert par beaucoup d’intestins, la dépression plus ou moins profonde des parois avec le plessimètre fera obtenir un son mat sur le sommet de la tumeur; sur les côtés- de cell e-ci une résonnance tympanique se fera entendre à une grande profondeur.

12° Le côté vers lecjuel les intestins se trouvent placés indique que la tumeur a son siège sur le côté opposé.

Diagnostic des hjdropisies abdominales enkystées.

C’est principalement dans les signes physiques qu’il faut rechercher les moyens de distinguer l’ascite de l’hydropisle enkystée : les indices fonctionels sont insuffisans pour établir cette dlITérence. L’inspection fait voir, dans cette dernière maladiè, que la forme de l’abdomen est inégale, que cette partie est peu large, peu déprimée sur les flancs, qu’elle est saillante, soit au milieu, soit en haut, soit' sur les côtés; variations qui correspondent à la place

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qu’occupe la tumeur, dont la surface est quelquefois irrégulièrement bosselée. Cette forme est tres-différente de celle de l’abdomen dans 1 ascite. Il est cependant des cas nombreux où cette différence est à peu près nulle, et c’était surtout celui d’un malade qui l’année dernière était à la clinique de la Faculté.

M. Rostan a fait l’application du signe indiqué par Franck au diagnostic de 1 ascite , et de 1 hydro— pisie enkystée. 11 admet aussi que les intestins se rencontrent sur les côtés quand il s agit d un kyste, et qu’ils sont placés supérieurement au liquide dans riiydropisie péritonéale. Je n’avais, avant la publication de son ouvrage, aucune connaissance de ses opinions sur ce sujet, ni des deux observations qu’il cite pour les étayer.

Mes recherches ont été faites publiquement a la Pitié dès le commencement de 1 année 1 826 , et le livre dont il s’agit ne parut que quelques mois plus tard : je suis convaincu que l’examen des faits nous a l’un et l’autre conduits au même résultat.

La fluctuation ne se rencontre pas d’ordinaire dans l’hydropisie enkystée : M. Rostan admet que, dans cette maladie, on trouve le flot vers les parties les plus élevées du ventre (le malade étant couche sur le dos), et non pas aux parties déclives : cela peut avoir lieu dans beaucoup de cas , mais non pas toujours. J’ai inutilement, dans plusieurs cas de kyste ovai'ique, recherché ce signe à l’aide du procédé indiqué par M. Rostan j d’ailleurs la fluctuation , infidèle, insuffisante quand il s’agit d’epanchemens libres dans l’abdomen , l’est à bien plus orte raison dans les cas de tumeur enkystee. U tau

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donc avouer avec l’auteur de l’article Ascite du Dictionnaire abrégé, que les signes de cette dernière affection sont insuffisans et que cette maladie peut donner lieu à plus d’une erreur de diagnostic.

Je crois que la percussion médiate lèvera tous les doutes à ce sujet; et ce que j’ai dit a 1 occasion des généralités prouve, ce me semble, c[u ici comme ailleurs elle est très-supérieure à la percussion directe.

Article v. Complication de Vhydropisie enkystée

avec V ascite.

L’observation suivante, que je pourrais étayer de quelques autres semblables, me paraît très-propre à démontrer que la percussion médiate peut faire reconnaître, avec la plus grande exactitude, la complication d’une tumeur abdominale ou d’un kyste, avec un épanchement libre dans le péritoine :

Le cadavre d’une femme avancée en âge et cjue, je n’avais pas observée pendant la vie, fut ouvert à la clinicjue de la faculté devant MM. Cayol, Uerard et Miquel. La percussion médiate donnait les résultats suivans :

Le cadavre étant couché sur le dos, on trouvait à une assez grande hauteur, un son ascitique sur les parties déclives ; un bruit tympanlque se rencontrait au dessus, et une ligne de niveau séparait les points où l’on obtenait ces deux résonnances. A la partie moyenne du ventre , le plessimètre donnait un son qui s’étendait vers la région cœcale. Quelle que fût la position du sujet, on n’entendait pas dans

l84 HYDR0PI31E ENKYSTEE

celle-ci le bruit très-clair qu’on y observe dans l’état normal. Vers les régions hépato-gastrique et colique moyenne, on rencontrait, dans la largeur de la paume de la m^in , une résonnance stomacale très-claire. La circonférence des points oîi s’obtenait le son mat donnait ILeu à gauche au bruit intestinal. Le foie était reconnaissable par sa matité : il paraissait avoir trois pouces en avant et quatre pouces latéralement. L’inclinaison du cadavre sur le cqté gauche donnait le son ascitique à la partie déclive, etau dessus le bruit intestinal; mais si plus haut on déprimait l’intestin , la matité était profondément très-grande.

D’après ces faits, il était facile de porter le diagnostic suivant, que M. le professeur Cayol proposa d’écrire avant l’ouverture du corps : hydropisie enkystée ou tumeur abdominale, ascite; le liquide est épanché en quantité considérable, le foie a trois pouces de hauteur en avant et quatre pouces sur le *côté , l’estomac Hotte au devant et au dessus de la tumeur, tous les intestins sont situés à gauche de celle-ci. L’autopsie véiifia sur tous les points ce diagnostic, cj[ui , sous le rapport de la tumeur et de l’ascite, était le même que celui porté du vivant de la malade par M. le professeur Cayol.

Ici la tumeur était petite et l’ascite considérable; dans plusieurs autres cas, le contraire avait lieu et les phénomènes étaient les mêmes.

De cette observation et de plusieurs autres semblables que je possède, on peut déduire les corollaires snlvans :

i" Le son ascitique, dans le cas de complication

A.VKG ascite;. i85

d’hydroplsie péritonéale et de kyste abdominal , \arle de Heu en raison des positions du malade , comme s’il s’agissait de 1 ascite simple.

2'’ On observe le niveau supérieur du liquide, et au dessus de lui se rencontre aussi le tube intestinal.

3” La tumeur enkystée , fixe ou mobile suivant son siège, a un son mat bien distinct du son plus clair qu’offre le liquide qui serait accumulé en même temps dans le péritoine.

4° Si l’épanchement est considérable et que la tumeur soit assez volumineuse pour s elever au dessus du niveau du liquide, on trouvera souvent le bruit tympanique du tube intestinal entre les points où se trouve la résonnance et ceux où l’on observe la matité de la tumeur ; c’est qu’alors les intestins recouvrent celle-ci. Si on déprime ces viscères, on obtient profondément le son mat qui est propre au kyste.

5° Si la tumeur est considérable et qu il y ait peu de sérosité dans le péritoine , il faudra percuter les points où se trouvent des intestins, et faire ensuite Incliner le malade sur ce côté. Si le son reste alors le même , il sera démontré que l’abdomen ne contient pas de liquide; si la résonnance, au contraire, devient ascitique, il y aura une substance fluide dans l’intérieur même de la cavité péritonéale.

l86 PNEUMO-ABDOMEN.

Article vi. Pneumo-abdomen.

Je n’ai que des faits cadavériques à citer au sujet de raccumulatioii de gaz dans la cavité du péritoine.

Expérience. Sur un cadavre putréfié, dont le, ventre était très-météorisé , et sur lequel l’épiderme était soulevé par une sérosité putride , le sujet étant couché sur le dos, M. Jules de Dervieu et moi nous percutâmes l’abdomen. L’application très-superficielle de l’instrument donna partout un son encore .plus tympanique que celui de l’estomac. Cette résonnance était partout égale, même sur la région du foie ; tandis que la dépression forte des parois donnait des différences de son en rapport avec les densités et les capacités diverses des viscères. A l’ouverture des parois, il s’échappa de la cavité même du péritoine une énorme quantité de gaz fétides. Les organes avalent des rapports qui correspondaient aux différences de son que le plessimètre fortement appliqué avait fait découvrir.

2® Expérience. Sur un cadavre putréfié et dont l’abdomen était moins distendu que dans le cas précédent, nous trouvâmes les mêmes phénomènes, et les résultats de l’ouverture cadavérlc^ue furent les mêmes , seulement il y avait un épanchement de gaz moins considérable que dans le sujet de 1 observation précédente.

Le même fait s’est présenté un très-grand nombre de fois à notre observation ; cjuelquefois le pneumoabdomen était réuni à l’ascite :

Expérience. Sur le cadavre d’une vieille femme

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