‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 44 sur 94 · PNEUMO-ABDOMEN · texte numérisé non relu

PNEUMO-ABDOMEN

dont la putréfaction était déjà avancée et dont le ventre était volumineux, M. Lambert et moi nous obtînmes de la percussion abdominale les résultats suivans : la percussion superficielle des régions supérieures de l’abdomen ( le corps étant couché sur le dos) donna un son tympanique plus clair encore que le stomacal; et partout la résonnance était la même. Lorsque le plessimètre était applic[ue avec plus de force , on trouvait les différences de son que les organes présentent dans l’état normal.

Dans les flancs et tout-à-fait en dehors et en bas, le son ascitique était obtenu ; la couche supérieure de l’espace où il se trouvait était de niveau. La matité était d’autant plus grande qu’on l’observait sur des points plus cTéclives. Le cadavre étant incliné a droite, le son ascitique s’éleva de ce côté jusqu’à la hauteur de l’ombilic. La contre-expérience à gauche donna un résultat du même genre. Le côté opposé à l’épanchement de sérosité fournissait toujours une résonnance plus claire que le bruit stomacal. La couche de niveau donnait un bruit humorique très-prononcé. On admit, d’après ces caractères, qu’il y avait à la fois du gaz et du liquide dans la cavité péritonéale.

Corollaires déduits des faits précédens.

1° Lorsque l’abdomen , même sur la région du foie, fournira par la percussion médiate un son plus tympanique que celui de l’estomac; lorsque le timbre sera partout égal et que la dépression des parois par l’application du plessimètre donnera des bruits en rapport avec la capacité et la densité connue des viscères , le péritoine contiendra des fluides élastiques.

rNEUMO-ABDOMEN.

2° Par la profondeur à laquelle il faudra porter r Instrument pour obtenir des sons normaux et variés, on jugera de la quantité des gaz épanchés.

3° Si les fluides élastiques sont peu abondans , ce sera dans les parties les plus élevées de l’abdomen qu’il faudra les rechercher.

4^ Dans le cas de complication d’ascite, le fluide se comportera comme dans l’hydropisie simple , les gaz et les viscères comme dans le pneumo-abdomen sans épanchement liquide ; la réunion des signes apprendra la coexistence des deux lésions physiques ; la couche de niveau de l’ascite fournira un bruit humorique manifeste.

Diagnostic. La percussion directe de l’abdomen, bien que l’on s’en servît à peu près uniquement pour juger du météorisme, n’a jamais pu faire distinguer la tympanite intestinale de la pneumatose péritonéale. Elle ne peut faille connaître le siège précis de la collection gazeuse, puisque le diagnostic est fondé sur la dépression des viscères à l’aide du plessimètre. D’un autre côté, le bruit de parchemin, indiqué par Laennec dans le péritoine récemment enflammé , est un signe de peu de valeur. La percussion médiate est donc à peu près ici le seul moyen de diagnostic : ce moyen peut être précieux dans le cas de perforation intestinale, car il peut démontrer, d’une part , l’épanchement de gaz , et de l’autre , l’accumulation des liquides dans le péritoine.

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