DIAGNOSTIC
Il résulte de ce relevé que la palpation , prati-^ quée par un médecin très-instruit et très-versé dans la pratique, n’a été presque jamais suffisante pour établir un diagnostic certain sur le volume du foie. L’hypertrophie en hauteur, si l!on se contente de la mesurer seulement par la saillie du bord inférieur de l’organe , ne peut être bien reconnue , car j’ai vu le foie déborder les' côtes d’un pouce et demi , et cependant être d’un volume médiocre ; mais c’est q'ii’alors la convexité de l’organe s’élevait très-peu vers le thorax. Quant à* l’hypertrophie en largeur, on la méconnaît presque toujours , car la main ne peut rechercher le foie sous les fausses côtes gauches. Le volume naturel de la glande biliaire , son atrophie , ne peuvent être appréciés par la pal- 'pation. Dans certains cas, en effet, où le viscère ne dépassait pas le rebord costal , j’ai vu cet organe s’élever très-haut vers le thorax, et avoir une très-grande dimension. Les épanchemens abdominaux rendent le diagnostic du volume du foie à peu près impossible à l’aidé du toucher. Dans des cas d’ascite compliquant une hypertrophie du foie (i4% ifiS 17% 34'' obs.), dans ùn cas d’épanchement abdominal où le volume de 1 organe était naturel ^i3 dans trois cas où le viscere était atrophié et ou il existait une collection de liquide dans le péritoine (18% 19% 57Q7 on distingua imparfaitement, ou l’on méconnut pendant la vie, le volume de la glande biliaire. Dans tous les cas précédens , les erreurs ou l’incertitude du diagnostic étalent évidemment dues à l’insuffisance de l’art, et ne pouvaient être attribuées au médecin explorateur.
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Mais l’appréciation même du bord inférieur du foie par le toucher exige une très-grande habitude : ce moyen de diagnostic est peut-être un des plus dilTiciles à bien employer. Les intersections aponévrotiques du muscle sterno-pubien en imposent, non seulement pour le rebord du foie, mais encore pour des tumeurs abdominales. J’ai vu bien souvent cette méprise avoir lieu, et je l’ai quelquefois commise moi-même. Si les tégumens sont minces , si les corps charnus du muscle sont épais, si ses intersections sont très-déprimées , si leur forme et leur direction sont analogues à celle du bord du foie, si le muscle droit abdominal se contracte par le moindre attouchement , si ce muscle est laige et s’étend beaucoup à droite, la main qui [lalpe l’abdomen presse sur le corps charnu supérieur contracté, et, arrivant à l’intersection sous-jacente, prend celle-ci pour la limite inférieure du foie.
La percussion directe du côté droit peut, jusqu a un certain point, faire reconnaître la hauteur du foie; mais sous ce rapport elle est à peu près inusitée. Toutes les observations consignées dans la Clinique médicale n’en font aucune mention. On Ht cependant à la page 4^ du tome iv , le passage suivant : « La percussion de la partie infeiieuie droite du thorax ne doit pas être négligée parmi les moyens qui peuvent être rais en usage pour découvrir le volume du foie. » A l’époque où M. Andral publia son ouvrage, mes recherches sur la percussion du foie lui étaient connues.
M. Rostan ne comprend pas non plus la percussion parmi les moyens de mesurer la dimension du
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foie ou de la rate. Quoi qu’il en soit, k méthode d’Avenbrugger peut être utile dans les cas dont il s’agit, mais tous les inconvénlens et toutes les imperfections que nous lui avons reconnus page 27 et suivantes trouvent encore ici leur application.
L’auscultation fait en général bien distinguer, par la cessation du murmure respiratoire , le point où le poumon finit complètement, et par conséquent celui où le foie est en contact avec les côtes. Mais, outre que la respiration ne s’entend pas dans plusieurs lésions des poumons et de la plèvre, on ne peut reconnaître, par l’auscultation, la hauteur précisé de la convexité du foie dans les points où il est recouvert par une lame mince du poumon. Celle-ci , quelque faible que soit son épaisseur, donne Heu en effet au bruit de la respiration.
Cet examen rapide de l’état de la science sur le diagnostic des changemens physiques survenus dans le foie , me paraît démontrer que les moyens d’exploration fournis par la percussion médiate et exposés dans les corollaires précédens , sont indispensables. Ils substituent le certain au conjectural, des mesures exactes à des spéculations probables. Avec leurs secours on ne prendra pas, comme je l’ai vu faire trop souvent, un foie hypertrophié pourun épanchement pleurétique.
DISPOSITION DE LA RATE