‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 55 sur 94 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

DE LA RATE, ET DE LA PERCUSSION MEDIATE DANS LES MALADIES DE CET ORGANE.

Art. De la disposition physique de la rate dans les états normaux et anormaux.

ÉTAT NORMAL. La rato , profondément placée dans l’abdomen, dont elle occupe la partie supérieure, postérieure et gaufclie , est situee immédiatement au. dessous du diaphragme et à gauche de la colonne vertébrale. Elle est, dans l’état normal, très-éloignée de la paroi abdominale antérieure j tandis qu’en arrière elle se trouve en contact avec la paroi postérieure et gauche de la grande cavité abdominale. Elle est quelquefois séparée de cette paroi par la capsule surrénale gauche. Lâchement unie aux parties voisines par un repli du péritoine , la rate est susceptible d’être le siège d’un déplacement réel ; en raison^ de l’état de plénitude ou de vacuité de l’estomac, elle peut se porter plus en arrière ou plus sur le côté. De là vient qu’à l’ouverture des cadavres elle suit le déplacement du ventricule , qu’on écarte pour la chercher , et qu’elle paraît être située plus en dehors qu’elle ne l’est en effet. L’estomac , même lorsqu’il est vide , est beaucoup plus large que la rate , qui est juxta-poséeà sa grosse extrémité. Le colon descendant, les intestins grêles, sont situés aussi en dehors de la circonférence du viscère splénique. L’extrémité supérieure delà rate est en rapport avec le dia-

DISPOSITION DE LA RATE

j3hnigme^ et une lame mince du poumon gauche se rencontre entre ce muscle et les côtes qui la recouvrent. Ce prolongement pulmonaire s’étend encore entre la colonne vertébrale et la rate , dont il est séparé par le diaphragme. Il peut se faire en outre que l’estomab lui-même, débordant la rate en dedans, se trouve placé entre elle et le corps des vertèbres correspondantes. Ainsi la rate, organe dense , est de toutes parts entourée par des viscères creux, dans la capacité desquels des fluides élastiques sont le plus souvent accumulés ; en effet, entre le point où l’extrémité Inférieure de la rate se trouve et celui où l’extrémité supérieure du rein commence, se rencontrent le plus souvent l’estomac ou des portions d’intestins.

Le volume de la rate est très-variable , soit chez les différens hommes, soit chez le même individu dans des circonstances variées. Meckel lui donne en général , chez l’adulte , environ quatre pouces de long sur trois de large et un peu moins d’épaisseur. Ce sont à peu près les dimensions que MM. Dupuytren et Rlbes lui reconnaissent. La mesure indiquée par Meckel me paraît exacte : sur un très^grand nombre de cadavres, j’ai trouvé le plus souvent les proportions qu’il assigne à cet organe; mais un fait qui me paraît plus important , c’est que sur le vivant je lui ai encore reconnu la même dimension. La rate, au moment de la mort , ne se gonfle donc pas par l’agonie, autant qu’on serait porté à le supposer d’après la nature spongieuse de ce viscère. Les dimensions de celui-ci sont quelquefois plus grandes ou plus petites (|ué celles qui viennent d’être Indiquées, sans que

DISPOSITION DE LA RATE

irieii ait annoncé pendant la vie la lésion de cet organe , C|ul dans certains cas est très-mince et dans id’autres trsè-épals.

La rate , formée par un tissu caverneux rempli de lllquide, a une densité un peu moindre que celle du ifoie, et.cjui surpasse celle du poumon engoué.

ÉTAT ANORMAL. Daiis l’état aiiormal , la rate peut varrier de nombre^, de position , déformé, de volume, ide dimensions et de densité. Je ne répéterai point ttoiit ce qui se trouve sur ce sujet dans les ouvrages eclassiques , et principalement dans ceux de Portai, (de Meckel, et dans l’excellent article Rate du Dicttionnaire des sciences médicales , article dont ;M. Ribes est l’auteur.

On s’est occupé beaucoup , dans ces derniers Itemps , des altérations patliologic[ues que larate peut (éprouver; et la grande question des fièvres intermit- Itentes et de leur siège a conduit MM. Bally , Au- (douard, Baker, Gendrln, à des recherches sur les .altérations morbides de larate observées sur les ca- (davres. Dans l’épidémie de Gronlngue observée en 1826, on trouva, sijr 107 ouvertures, soixante-six Ifols des ramolllssemens ou une augmentation du vo- : lume de ce viscère ‘O.u l’induration de sa membrane I externe. Suivant M. Gendrin, le développement de la rate, dans les fièvres intermittentes , a lieu en tous sens , mais surtout dans celui de la longueur; et la rate tuméfiée peut e'prouver- par son propre poids un certain degré de déplacement.

PERCUSSrON MÉDIATE

Art. Il, Résultats de la percussion médiate de La rate dans Vétat normal et anormal.

I*'® Expérience. La percussion médiate de la région splénique d’un cadavre maigre donna un son un peu moins mat que le bruit jécoral , et cela dans une hauteur de quatre pouces sur une largeur do trois pouces. Cet espace était limité en haut par un son pulmonal, en dedans et en dehors par une résonnance stomacale, en bas par le bruit intestinal. On enfonça quatre carrelets sur les points ou Ion saisissait ces dilTérences de sonorélté : à l’autop- “Sle , la rate se trouva exactement circonscrite par les quatre aiguilles ; elle avait le volume qui avait été mesuré extérieurement, et les viscères qui l’entouraient correspondaient aux nuances de son précédemment obtenues (Guyon, Lambert).

2® Expérience. Sur le cadavre d’une femme grasse, MM. Jules de Dervieu, Lamorier et moi nous trouvâmes, dans la région splénique, un son mat dans la hauteur de quatre pouces sur trois pouces de largeur. L’espace oii l’on obtenait ce bruit était circonscrit par une résonnance puhnonale qu’on trouvait en haut, et par des nuances variées de son tympan jque qu’on entendait en bas, en dedans et en dehors. Quatre carrelets introduits autour de l’espace où la matité se faisait observer, prouvèrent que la rate était bien sur ce point el circonscrivirent cet organe d’une manière exacte : son volume était celui qu’on avait reconnu avant l’ouverture.

Sur beaucoup d’autres cadavres les mêmes épreu-

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