‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 71 sur 94 · EXPÉRIENCES ET RECHERCHES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES ET RECHERCHES

assez analogue à celui du foie , plus mat que celui de l’ascite, et semblable au bruit qu’on observe dans l’hydropisie enkystee. L’espace où l’on obtenait cette résonnance variait selon la quantité du liquide accumulé dans l’organe. Souvent il S'élevait à peine au dessus du rebord pubien, et c’était lorsque la vessie contenait peu d’eau; tandis qu’il s’étendait plus ou moins vers l’ombilic quand le réservoir urinaire en renfermait davantage. Le plus souvent le son mat existait dans une plus grande étendue à gauche qu ’àdroite. Une résonnance intestinale se trouvait presque toujours autour de l’espace où la vessie était rétonnaissable par la matité à laquelle elle donnait lieu. Une résonnance tympanique plus claire encore correspondait au point où le cæcum touchait au réservoir de l’urine. Suivant que les intestins grêles ou les gros intestins étaient ou n’étaient pas interposés entre le fond de l’organe et les parois, la percussion, légèrement pratiquée sur ce point, fournissait une résonnance claire ou un son mat. Le bruit était toujours obscur quand le plesslmètre était fortement appuyé , parce qu’alors les intestins étaient déprimés , et que l’instrument n’était séparé de la vessie que pa rdes corps solides.

Chez un assez grand nombre de sujets , les points où les intestins et la vessie se touchaient faisaient entendre soit au dessus, soit à gauche, soit à droite du réservoir de l’urine, la résonnance humorique.

Dans tous les cas , l’espace où le son mat de la vessie était obtenu n’occupait pas toute la partie inférieure de l’abdomen. On rencontrait en elfet, à droite et à gauche, et dans les régions cœcale et

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îîiaqiie , un son tympanlque très-manifeste. Sur la iione médiane , au contraire , et à une hauteur bien pins grande, se trouvait un bruit obscur, résultat (îe la présence de la vessie pleine d’urine.

Si l’on évacuait le liquide avec la sonde, et si l’on percutait à plusieurs reprises pendant cette évacuation , on trouvait que successivement le bruit humorique disparaissait , que l’espace où se^ trouvait le son mat diminuait de largeur, puis s’abaissait, et qu’il arrivait un moment ou on ne pouvait le découvrir au dessus de la symphyse pubienne.

Injectant successivement dans la vessie des quantités d’eau de plus en plus considérables , et percutant à plusieurs reprises, j’obtins des résultats analogues aux précéderas , mais dans une progression croissante.

J’avais d’abord cru que la percussion de cette symphys e pourrait apprendre si la vessie contenait de petites quantités d’urine; mais l’observation a bientôt détruit cet espoir. Je n’ai jamais pu bien distinguer, par la clarté ou l’obscurité du bruit obtenu sur ce point, si la vessie était pleine ou vide. Peut-être qu’en faisant pencher le sujet en avant, pour rapprocher de la symphyse la vessie médiocï»ement distendue , et qu’en percutant alors sur cetes-pace, on obtiendrait un son mat; Peut-être aussi qu’en faisant ensuite placer le malade sur le dos, et qu’en explorant de nouveau le pubis à l’aide du plessimètre , on pourrait donner lieu à une réson-nance remarquable et très-distincte de la matité précédente. Mais les faits que je possède ne sont pas asseznoinbreux pour éclaircir cette question.

^4^ expériences et recherches

II fallait que plusieurs onces cFeau fussent conte-* nues clans le réservoir de l’urine , pour que le plessimetre put les reconnaître. Dans ce cas même, cela n était possible qu’en comprimant le bas-ventre avec l’instrument, et en rapprochant beaucoup celui-ci de l’excavation du bassLn.

Des recherches du même genre ont été fréquemment tentées sur l’homme sain ou malade , et elles ont conduit à des résultats analogues.

Le matin, au réveil, quand on n’avait pas uriné dans la nuit, l’espace Correspondant à la vessie donnait un son mat c|ui devenait clair dès qu’on avait expulsé l’urine. Très-souvent le bruit humorique se trouvait sur le point où la vessie et les intestins se touchaient, bien que ce bruit ne fût pas constant. L’application légère du plessimètre sur la région cystique y faisait trouver le son intestinal ; une plus forte donnait lieu au son mat de l’hydropisie enkystée. Tantôt c’était profondément qu’il fillait déprimer les parois abdominales pour arriver a 1 espace où on obtenait le son mat ; d’autres fois il était à peine nécessaire d’exécuter une pression légère. Cette matité, quelle. que fût la position du malade , ne changeait pas de place, lorsque le sujet était couché sur l’un ou sur l’autre côté. Inférieurement et latéralement à l’espace où ce bruit obscur était obtenu , on observait des nuances variées de son tympanique. Le cathétérisme pratiqué sur le vivant a aussi donné lieu^ sous le rapport de la percussion médiate de la vessie, aux mêmes résultats que sur le cadavre (pag. 247) :

Un jeune homme dont le bassin était très-éti“^it.

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(éprouvait depuis long-temps de fréquens besoins (d’uriner. La palpation du bas-ventre n’y faisait recconnaître aucune saillie formée par la vessie, mais lia percussion pratiquée sur le plesslmètre, C[ul déiprlmalt avec une certaine force la région vésicale, \y trouva, dans la hauteur d’un pouce et demi carré ;au dessus du pubis, un son voisin du jécoral. Get eespace était circonscrit à droite, à gauche et en haut, ipar des nuances variées de son intestinal ; sur les fpoints où la réunion de ces bruits divers et de la mattlté avait Heu, on trouvait la résonnance humorifque. Le malade fut percuté plusieurs fois de suite, lies résultats furent toujours les mêmes. J’introduisis alors une sonde dans la vessie. Six onces d’urine sVécoulèrent, le son mat et le bruit humorique dlspDarurent complètement. Toute la région vésicale dlonna lieu alors au bruit intestinal.

M. Tarral a observé des faits du même genre, bien qu’il n’ait jamais saisi le bruit humorique sur Ites points de contact de la vessie et des intestins.

M. Bally a bien voulu me communiquer verba- Itement un fait pareil, et dans lequel le plesslmètre pservit à faire reconnaître qu’une grande quantité [ll’urine était contenue dans la vessie : il ne m’a pas dllt avoir observé non plus, dans ce cas, le bruit liiumorlque.

Lorsqu’il s’agissait de savoir si la vessie conte- |nalt de l’urine , j’ai fréquemment tiré parti du ples- ^Imètre : cet instrument, dans des cas semblables , me m’a jamais induit en erreur, et m’a fait quelfquefois éviter l’emploi du cathétérisme.

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