‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 72 sur 94 · EXPÉRIENCES ET RECHERCHES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES ET RECHERCHES

Corollaires.

C Lorsque la vessie est distendue par une quan-, tité notable d’urine, la percussion médiate peut faire reconnaître la situation , la dimension et l’état de plénitude de l’organe. Ce n’est c[ue dans le cas où ce réservoir membraneux s’élève au dessus du pubis, qu’il m’a été possible de juger de l’état au moyen du plesslmetre.

2° Un son dont la matité approche de celle du foie correspond à la vessie distendue par beaucoup de liquide.

5° Un bruit humorique s’entend , dans certains cas, à l’aide delà percussion du plessimètre , sur lacirconférence de l’organe et sur les points où les in-.

testlns touchent à la vessie.

4" La hauteur à laquelle s’élève 1 espace où 1 on entend le son mat, ainsi que la largeur de cet espace, font juger de la (jimension du réservoir de

l’urine. . i • i

5° Il e-st facile de- distinguer la vessie pleine de

llulde d’un épanchement liquide contenu dans le péritoine : le son très-mat résultant de la percussion de ce viscère s’obtient en effet dans le même lieu, quelle que soit la position du sujet. Or, c’est le contraire de ce qui arrive relativement a la mati de l’ascite, qui, d’ailleurs, change de siège en raison des positions variées du sujet.

6“ Les résultats plesslmétriques que lournit a vessie très-distendue sont les mêmes que ceux donnés par une hydropisle enkystée. L’évacuation spou-

SUR LA VESSIE

Lunée ou artificielle de l’urine détruit tous les illoutes que cette identité pourrait faire naître sur le, w^éritable caractère de lamaladie.

’j° On peut savoir, par la percussion médiate , si lià vessie est séparée ou non des ptirois par des amses Intestinales. U est infiniment utile de tenir icompte de ce faitlorsqu’il s’agit de pratiquer la taille Ipar le haut apparéil.

Je ne possède aucun fait relatif à la percussion imédiate , dans les cas où la vessie est le siège de léssions organiques. Tout me porte a croire qu un calccul dont le volume ou le siège seraient tels qu’il ^pourrait être accessible au piesslmètré , fournirait lun bruit plus mat et beaucoup plus sec que ceux iauxquels donne lieu la percussion médiate des au- Itres parties.

Diagnostic de Vétat physique de la vessie.

Les signes fonctlonels directs que donne la vessie malade sont moins obscm^s que ceux qui sont fournis par les organes précédens. La douleur qui j a son siège, les fluides que sécrète sa membrane interne, l’hématurie, l’issue de corps étrangers- par l’urètre, la manière dont l’excrétion de l’urine s opère, la suppression de cette évacuation , etc., sont des circonstances très-utiles pour faire juger de l’état de la vessie. Les signes fonctlonels indirects, tels que la douleur au bout du gland , la fièvre particulière qui indique la souffrance du réservoir urinaire, \e fades que prennent à la longue les malades qui portent des lésions vésicales, etc., ajou-

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tent. encore plus tic probabilités au diagnostic. Mais I s’il est vrai que de tels phénomènes puissent faire ad- 1 mettre que le siège de la maladie est dans l’appareil | urinaire , ce n’est que par dessignes physiques qu’on I jen décidera la véritable nature. Le cathétérisme , 9 seul ou combiné avec le stéthoscope, donne des ré- ’ sultats infiniment plus certains que toute autre voie d’exploration : son utilité est si grande, que les autres voies de diagnostic lui sont tout-à-fait subordonnées. La palpation même, le toucher du rectum, le spéculum vésical, ingénieux instrument dû à M. SégalaSj peuvent bien avoir quelque avantage; mais aucun chirurgien ne se déciderait à pratiquer la lithotomie, s’il était réduit à ces moyens d’exploration , et s’il n’avait pas recours au cathétérisme.

De là vient cjue la percussion médiate, qui peut être comptée , à mon avis , parmi les moyens les plus sûrs et les plus généraux de diagnostic, dans les affections du péritoine, du foie , delà rate , etc., n’est que d’une importance secondaire relativement à l’appréciation des causes de la souffrance de la vessie. Cependant elle me paraît utile dans les cas sulvans

i” Lorsque l’on craindra l’accumulation de l’urine dans la vessie d’un malade., et que l’on ne voudi\a pas s’exposera le sonder inutilement. S’il ar-' rive en cfî’et c[ue la région vésicale, à quelque profondeur que le plessimètre soit appliqué, continue à donner un son intestinal clair, il n’est pas douteux que la vessie contient peu d’urine , et (pi’il est inutile de tenter le cathétérisme.

SUR LA VESSIE

2° Dans la même circonstance, 11 peut se faire |{iie le médecin ne sache pas sonder, ou qu’il ne ouisse pas parvenir à le faire.

Il peut arriver que le malade se refuse à ce que l’opération soit pratiquée ; alors la percusiiion médiate fournira des données importantes, pît cette méthode présentera de très-grands avan-

ciages.

5“ Dans le cas où il pourrait y avoir de l’inconivénient à pratiquer le cathétérisme, et où l’on ne ri^oudrait faire usage de celui-ci que pour s’assurer si ;a vessie contient de l’urine, le plessimètre présen- !æra une grande utilité. Lorsqu’ en effet la région ^fésicale, superficiellement comme profondément iiiercutée, donnera Heu à un son tympanique, l’or- Jîjane ne contiendra qu’une petite quantité de liquide.

4° Le plessimètre servira encore à déterminer si, Hans l’hématurie, il y a beaucoup de sang accumulé Hans le réservoir de l’urine.

5° L’usage de cet instrument sera utile pour cconnaître les rapports de la vessie avec les organes [qui l’entourent , et pour déterminer si elle est en ccontact médiat ou immédiat avec les parois abdominales.

6° La percussion médiate fera juger de la place que la vessie occupe et de la direction qu’elle afftécte.

7° Peut-être pourra-t-elle faire reconnaître, [Uans quelques cas, les épanchemens (P urine dans |œ péritoine.

8'’ Le plessimètre déterminera si la vessie est ou tuon contenue dans une hernie {Voyez p<îge i48).

9° Il fera distinguer l’asclte de la paralysie dont le réservoir de l’urine peut être le siège.

On objectera peut-être à plusieurs de ces propositions, que la palpation pourrait remplacer la percussion médiate. Mais de ce qu’on possède un moyen de diagnostic avantageux > s’ensuit-il qu’il faille se priver d’une autre vole d’exploration non moins utile? D’ailleurs, dans combien de cas la palpation ne laisse-t-elle pas dans l’ignorance sur l’état du réservoir de l’urine ! Ici , c’est un abdomen dont les parois sont trop épaisses pour qu’on puisse arriver avec la main jusqu’à la vessie; là , ce sont des muscles contractés qui s’opposent aux recherches que l’on veut faire; ailleurs, l’organe est trop mou ou n’a pas assez de dimension pour que le toucher puisse le saisir; et , dans tous ces cas j la percussion médiate présente les résultats les plus évidens et les plus certains.

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