‹ De la percussion médiate et des signes obtenus à l'aide de ce nouveau moyen d'exploration, dans les maladies des organes thoraciques et abdominauxChapitre 73 sur 94 · CHAPITRE IIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IIL

DE l’utÉrUS, et de la PERCUSSION MÉDIATE APPLIQUÉE A l’exploration de CET ORGANE.

Je n’ai pas fait assez de recherches sur la percussion médiate de l’utérus, dans l’état de vacuité ou de grossesse, pour qu il soit utile de suivre ici l’ordre que j’ai jusqu’à présent adopté. D’ailleurs la plupart des considérations précédentes , relatives au diagnostic des lésions delà vessie, le sont aussi à l’exploration de la matrice- Ce que j’ai dit de 1 importance du cathéter pour l’une, je le pense, à

DE l/uTÉnUS. .^55

Ibleii plus forte raison, du spéculum et du doigt jpour l’autre. Je me bornerai à citer un petit nom-

Ibre de faits. ^

1° La matrice, dans l’état de vacuité et dans d’état normal , est trop enfoncée dans le bassin pour jpouvoir être explorée avec le plessimètre; A quel- (que profondeur que t’instrument déprime les parois de l’abdomen dans la région vésicale, la pericussion médiate fait obtenir, chez la femme dont H’iitériis est vide, la résonnance tympanique des iintestins, comme cela a lieu chez l’homme.

2® Quand la matrice a pris du développement ]par la grossesse, elle est accessible à la percussion imédlate, qui donne lieu, dans ce cas,' à un son dont la matité se rapproche du caractère jécoral.

. 3° Je ne puis dire à quelle époque de la gesta- Itlon on peut commencer à obtenir un son mat au (dessus du détroit supérieur du bassin. 11 faudrait, ]pour cela , avoir suivi l’utérus dans les diverses périodes de son développement, et c’est ce que je n’al pas fait. Il y a tout lieu de croire qu’on obtiendra ici des faits importans. Il sera possible, par exemple,

I de noter exactement la hauteur à laquelle parvient le viscère aux différentes époques de la gestation.

‘ Le sou obscur qu’on obtiendra donnera la mesure de cette élévation.

4“ L’espace où la matrice distendue fait entendre un son mat est limité par une circonférence arrondie qui correspond à celle de l’utérus dilaté; des anses d’intestins occupent les régions latérales î de la tumeur. Sur les côtés de celle-ci et inféneure- ' ment par rapport à elle, se trouve un bruit lynipa-

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nique résultant de la présence du tube digestif et I surtout des gros intestins. U

5° On trouve au dessus de l’utérus distendu par le produit de la conception , les intestins et l’estomac. Le plus souvent ces organes sont situés ' entre le fond de la matrice et les parois cibdomlnales. Une légère application du plesslmètre fait reconnaître les viscères creux superficiellement placés; une application plus forte fait obtenir le son utérin , et fait juger de la distance qui sépare le fond de l’organe des parois du ventre. Sur le poiiT>t où la • matrice cesse de correspondre , on trouve , à quelque profondeur que l’instrument soit porté , un son manifestement tympanique.

6" Si la matrice s’élève jusqu’au niveau du foie et de la rate j on peut le plus souvent limiter ces viscères. Presque toujours, en effet, l’estomac ou des anses d’intestins séparent l’utérus de ces organes denses et solides.

17° Dans un cas de grossesse à terme où les parois de la matrice étaient molles et non contractées , j’ai pu reconnaître, à l’extérieur, la position de la tête de l’enfant. La matrice étant bien circonscrite avec le plesslmètre, je trouvai à droite, près du sommet de l’organe , dans la largeur de ■ trois pouces , un son très-sec et semblable à celui d’un os : ailleurs le bruit était mat , mais bien différent du précédent. Une sage-femme termina cet accouchement : l’enfant présentait les pieds, et la tête correspondait manifestement au point où j’avais trouvé, à l’extérieur, un son mat et ostéal.

8" I^es intestins de l’enfant renfermé dans l’ii-

DE l’utérus. 257

lerus, contiennent des gaz. Dès-lors il sera possible de reconnaître, dans certains cas, si le ventre du fœtus correspond à la partie anterieure des parois ute'rines.

9°. Dans le cas d’hémorragie interne , et lorsque la palpation ne peut distinguer une matrice trop molle, la percussion médiate pourra faire reconnaître la maladie et son degré. Le son mat s’étendra à une grande partie de la surface de l’abdomen et correspondra à la matrice dilatée; la mesure de l’espace où la matité sera obtenue donnera des lumières sur la quantité de sang accumulée dans l’organe.

M. le docteur Bureau vient de me communiquer^ à ce sujet, un fait des plus curieux. Dans un cas de perte utérine Interne après l’accouchement, la matrice donnait lieu à un son mat , et cela dans une grande étendue de l’abdomen. Quand il s’écoulait du sang (et alors l’utérus se contractait), la matité prenait une sécheresse marquée; elle participait^ en un mot , du caractère ostéal. Quand la perte externe cessait (et, dans ce cas, la matrice était dans le relâchement), le son jécoral se faisait entendre. Un muscle contracté qu’on percute médiateraent , donne en effet un son plus sec que s’il n’est pas en action. M. Magendie avait déjà remarqué que, pendant la contraction, lesfibres musculaires sont susceptibles de vibrations sonores.

10°. Dans la tympanite de la matrice, on devra trouver, dans les réglons qui correspondent à l’utérus, un son stomacal très-clair, et, autour de cet espace, on obtiendra des nuances varléesde son intestinal et stomacal.

:i5S PERCCSSION MliDIATK üli l’üTFRUS.

1 1°. S’il y a en meme temps et de l’air et des liquides dans la matrice, on pourra reconnaître le déplacement du fluide, déplacement qui correspon- ' dra aux variations de position du sujet. Le niveau sera encore plus manifeste dans ce cas que cela n’a lieu dans les épanchemens péritolnéaux de liquides et de gaz. Ce déplacement, ce niveau, n’auront jamais lieu que dans une région correspondant à la capacité de l’organe utérin.

T 2°. En tenant compte de tous les faits précé- (V'sns, il ne sera plus, je crois, possible de confondre avec l’ascite, soit une grossessè , soit l’accumulation d’un liquide dans l’utérus.

i5”. Des tumeurs, développées à la face extérieure de la matrice, pourront-elles être reconnues par la percussion médiate? L’expérience seule peut répondre à cette question.

i4°. La complication dç la grossesse avec des épanchemens péritonéaux serait reconnue par les signes plessimétriques propres à constater l’état de la matrice , joints à ceux qui font juger de la collection de liquides dans la cavité abdominale. Ce qui a été dit à l’occasion de l’hydropisie enkystée compliquant l’ascite, trouve ici une utile application (pag. 1 85). ,

Je n’ignore pas combien cette partie de mon travail est incomplète. Mon ami, M. le docteur Hureaii, se propose de faire des recherches suivies à ce sujet.

(3RGANES

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