DIAGNOSTIC DES- LÉSIONS PHYSIQUES
c{iii puissent instantanément modifier le son fourni par ces intestins.
La palpation, dans l’exploration des intestins grêles , présente sans doute un haut degré d’importance.' Ce moyen d’investigation n’est pas surtout à dédaigner quand il s’agit d’apprécier le siège d’une douleur que l’on peut attribuer au péritoine ou au jéjunum et a 1 iléon. Quoi qu on en. p.ît dit, en effet, la j3artie moyenne du tube digestif enflammée est quelquefois le siège d’une souffrance très-aiguë. L’histoire de l’empoisonnement et de la colique des peintres en fournit la preuve. La douleur qui se declaie pour peu que l’on touche a 1 abdomen , 1 extreme souffrance qui a lieu si la main, appliquée a plat sui les tégumens, cherche à faire glisser la paroi du ventre sur les surfaces intestinales, sont d’assez bons moyens pour faire reconnaître la péritonite.
Mais la douleur est quelquefois faible dans l’inflammation du péritoine; la sensibilité du ventre, dans la péritonite chronique, est quelquefois à peine au dessus de l’état normal ; d’un autre côté l’entérite est quelquefois accompagnée d’une extrême douleur. C’est donc 1^ présence ou l’absenee de ,
l’épanchement qui caractérise prineipalement ces deux maladies. Or, la percussion médiate fournit les moyens de constater cet épanchement, et elle donne par là un moyen précieux de distinguer la phlogose des intestins de l’inflammation péritonéale.
Un jeune homme, peintre en bâtimens, éprouvait depuis irente-six heures des douleurs horribles dans l’abdomen ; cette cavité était très-météoriséc, la fice était assez peu altérée, mais le pouls était
DES INTESTINS CHÉLES. 323
déprimé et accéléré. Ou était fort incertain desavoir s’il s’agissait d’une entérite ou d’une péritonite. Avec l’aide de plusieurs personnes (pour éviter au malade des mouvemens spontanés et douloureux) , le corps fut incliné sur le côté droit, puis sur le gauche, puis enfin couché sur le dos. La percussion fut, da^ns ces diverses attitudes, pratiquée sur les parties déclives. Elle fut à peine douloureuse. Le son était partout tres-clair , et nous ne trouvâmes pas le moindre indice d’épanchement. M. Colon, élève très-instruit , et moi , tenant compte de ce fait, des Cil constances commémoratives et de l’etat général des fonctions , qui n’était pas aussi grave que dans un cas de péritonite, nous ne vîmes dans cette affection qu’une colique métallique très-aigué. La suite de la maladie démontra ce fait jusqu’à l’évidence.
J’ai recueilli plusieurs observations plus ou moins analogues a celle-ci. Dans un assez grand nombre de^ cas j’ai tiré quelque parti de la percussion médiate pour distinguer l’entérite qui suit quelquefois l’accouchement , de la métrite et de la péritonite qui peuvent aussi lui succéder.