NU'UX
gneur,sila perfection religieuse consiste dans la parfaite charité et dans l'union avec voua, qui êtes noire souverain bien, ne suffirait-il pas de nous appliquer entièrement à cette vertu eomme S notre unique la, et quel besoin au- HMMiaapròfl cela de nous occuper des autres? Vous I . Seigneur, la charité est la reine
des vertUfl et sur elle seule repose toute la lui de ;l'avantag [uérir mérite bien qu'on
lui consacre tout son zèle et tout son travail. Il ne paraît donc pas nécessaire de chercher autre se: avec elle, on a tout.
— 11 est bien vrai , mon li!s, qu'en aspirant à h perfection religieuse, tu dois avoir pour but la parfaite charité et l'union avec ton Créateur; mais comment veux-tu obtenir la fin, sans empioyer les m 13 maires"? Gomment pré-
tends-tu parvenir a l'intime union avec moi, si d'abord tu n'éloignes pas de toi ce qui s'y oppose? Pour obtenir cette union qui est le propre de la charité parfaite, il faut que ton cœur vienne a moi tout entier, selon l'esprit de la vocation. Mais il y a trois choses qui y mettraient obstacle.
La première est la convoitise. Il est impossible que le cœur vienne entièrement à moi, quand il est retenu par l'attachement aux biens de ce monde. C'est ce qui est arrivé à ce jeune homme auquel je disais que , s'il voulait être parfait, il lui fallait vendre ses biens, les distribuer aux pauvres et venir ensuite avec moi. Il n'écouta pas mon invitation avec plaisir, et il me quitta , parce que son cœur était affectionné aux grands biens qu'il possédait. Or cette affection aux biens de la terre se retranche par le vœu de pauvreté, qui fait que le religieux abandonne tout ce qu'il a dans le monde, pour s'unir à moi sans partage.
Le second empêchement vient de la concupiscence de la chair qui appesantit l'âme et la rend incapable de l'union divine. Tel fut, dans la parabole de l'Évangile, celui qui fut invité au festin du roi, et qui répondit qu'il lui était impossible d'y aller, parce qu'il venait de se marier. L'obstacle de cette concupiscence est ôté par le vœu de chasteté.
Enfin le troisième empêchement et le plus grand de tous, quoique souvent on ne le comprenne pas, se trouve dans le désordre de la volonté , qui se soumet difficilement, son inclination naturelle étant toujours de dominer. C'est pour suivre sa volonté que l'homme se sépare de moi. Aussi ai-je dit dans l'Evangile que, pour venir après moi, il était nécessaire de sacrifier sa propre volonté et de renoncer à soi-même
effet, qu'est-ce que s'unir à moi, Binon
.1 moi tout
entier ? en vain rait-on '1" s'unir a moi ,
si l'on oe voul nt p la commenc >r par se quitter soi-même. Or ce dernier en . nt est dé-
iruit par le vœu d' ibéiss ince , qui fail que le iux, en se soumettant à un supérieur, se toujours gouvi «1 ma vol
Si donc il esl vrai quo c'est la parfaite charité el l'uni r >i qui fait la perfection reli-
gieuse , et si les trois vœux sont le meilleur ir \ parvenir, en détruisant les obsqui s'j opposent, on peut en conclure jusnt que inule la perfection religieuse est renfermée dans les trois vœux.
Ce qui prouve encore celte vérité , c'est que les trois vœux sont les fondements de l'élat religieux , et que la perfection d'un édifice ind de ses fondements.
Il y a trois considérations à faire par rapport aux fondements d'un édifice. Premièrement, c'est x qu'il faut donner le soin principal ; car la sûreté de tout le lilice dépend de la solidité des uents. Secondement, ils ont besoin d'une attention continuelle pour qu'ils soient toujours mtacis , car le moindre dérangement qu'ils éprouveraient en causerait un grand dans les murailles. Troisièmement, si les fondements viennent à manquer . tout l'édifice s'écroule , et BU lieu d maison, ce n'est plus qu'un amas
de ruines , ou une masure abandonnée et remplie d'immondices.
Il faut en dire autant des trois vœux, qui sont comme les fondements de l'état religieux. Ils doivent être l'objet de la première et de la principale attention : tant qu'ils seront fermes et inébranlables , tout l'édifice de la vie religieuse aura aussi de la solidité. Il faut en second lieu que les vœux soient conservés intacts et inviolables; car le moindre manquement dans les vœux cause un notable dommage à la discipline religieuse. Enfin si les vœux viennent à manquer tout à fait, celui qui les a reniés n'est plus un religieux, mais un apostat; et dans l'état de ruine où il tombe, il devient bientôt le réceptacle de toutes sortes d'immondices. Quand les racines, qui sont comme les fondements d'un arbre, sont attaquées, l'arbre se dessèche et dépérit.
Un des privilèges de l'état religieux consiste dans la paix de 1 ame. C'est comme un port sûr et tranquille, où l'homme à l'abri des tempêtes et délivré des dangers de la mer du monde , jouit sans trouble et sans agitation de tous les biens de la vie spirituelle. Mais d'où lui vient cet avantage , sinon des vœux ? Ce sont les vœux qui protègent et qui conservent la paix du religieux , en le délivrant de toutes les sollicitudes et de tous les embarras du siècle , et pour cette raison encore , il est juste de dire que la perfection religieuse consiste dans les trois vœux.
\ >t-il [us vrni d'abord que par te voeu de pauvreté le religieux n'est plus inquiété par la pensée des biens de le terre ? il ne B'en occupe m pour les conserver . ni pour les augmenter, ni pour en disposer. Le vœu de chasteté le délivre des soucis du ménage; il n'a ni femme, ni ciifants, m serviteurs à entretenir,et il ignoi peines domestiques, si communes dansle monde el quelquefois si désespérantes. Enfin par le voeu d'obéissance, le religieux n'ayant plus à délibérer- sure- qu'il doit faire est délivré d'une grande source d'inquiétudes. Car un homme qui osi maitre eie lui-même est parfois dans la perplexité . ne sachant a quoi se résoudre quand il faut se déterminer; souvent c'est un cruel embarras d'avoir à se dire : Le ferai-je, ou ne le ferai-je pas? Faut-il agir de cette manière , ou d'une autre? Grâce au vœu d'obéissance, le religieux n'est pas exposé à cette anxiété , et il n'a aucune délibération à prendre ; en tout et pour tout, l<i disposition de lui-même est entre les mains du supérieur.
La paix de l'âme, mon fils , est précieuse, et lu dois l'aimer, puisque ton bien dépend d'elle , et que L'esprit de dévotion ne peut habiter avelli' trouble et l'inquiétude; mais sache «pie les seuls garants eie cet avantage Bout les trois vœux de religion : tant que lu les conserveras li lèlemenl , ils te conserveront toi-même dans le
calme et dans la paix.
Une dernière raison qui doit faire attribuer aux vœux la perfection religieuse, c'est que ce sont eux qui rendent parfait l'holocauste que le religieux m'offre de lui-même. Dans l'ancienne loi la victime qu'on offrait en holocauste était entièrement consumée dans le feu en odeur de suavité, et le sacrifice était bientôt terminé; mais l'holocauste du religieux dure toute sa vie, et plus il avance , plus l'odeur de son sacrifice me paraît suave. En effet , il fait voeu de perpétuelle pauvreté, de perpétuelle chasteté, de perpétuelle obéissance; il m'offre en holocauste tous les biens extérieurs, tous les biens du corps , tous les biens de lame, et il se sacrifie tout entier, car la volonté m'étant sacrifiée, toutes les autres facultés qui en dépendent , le sont en même temps , et comme il n'est pas possible de m'offrir davantage, c'est à bon droit que les trois vœux sont appelés un véritable et parfait holocauste. La virginité est un état de perfection qui m'est cher , mais l'état religieux m'est bien plus cher encore, parce qu'il est beaucoup plus parfait. Les vierges, pour l'amour de moi , se privent seulement des plaisirs de la chair , mais le religieux se prive même de sa propre volonté, et me donne tout ce qu'il a : un tel don est le plus grand qu'il puisse me faire, et une grande récompense lui est réservée dans le ciel.
Juge maintenant, mon fiJs, combien les vœux
doivent être estimes, puisqu'ils sont les fondements de lVt.it religieux . qu'ils conservent cette paix il" l'âme si désirable et qu'ils sont les moyens les plus efficaces pour parvenir .1 la perfection el offrir un parfait sacrifice au I leur. Si le soldat tait tant de cas de ses armes el prend môme un si grand soin de son cheval . • que c'est - »urs qu'il d
■ et qu'il obtienl la victoire, quelle estime un religieux nedoit-il pas avoir pour ses vœux qui lui conservent la vie spirituelle? Combien ne doit-il pas mettre de pris, à des armes au !i desquelles il triomphe non-seulement de nnemis, mais encore de lui-même"/ Ou !
combien ces trois veux, resplendiront dans le ciel, lorsque semblabl >s .1 trois pierres précieuses ils seront places dans une couronn gloire, puisque maintenant qu'ils sont encore couverts et cachés , leur éclat ravit d'admiration •es princes môme de la terre! Heureux celui qui pourra les posséder, il sera comblé d'allégr malheureux celui qui ne les aura pas estimes selon leur valeur , le repentir et la confusion seront son partage. 0 mon (ils , si tu n'estimes pas un bien si excellent et si glorieux, y a-t-il donc en celte vie quelque chose qui soit digne de ton estime "