‹ De la perfection religieuseChapitre 73 sur 80 · VEUF. M · texte numérisé non relu

VEUF. M

Enfin il y a un dernier défaut de la langue , aussi pernicieux que les autres, c'est l'indiscrétion qui révèle les choses secrètes à ceux qui ne devraient pas les savoir. Ce défaut est d'autant plus grand dans quelques-uns qu'ils tâchent curieusement et par toutes sortes d'artifice de connaître les secrets des autres pour les raconter ensuite à leurs amis. Ici combien de défauts sont renfermés dans un seul! D'abord il y a le défaut de la curiosité et ensuite le péché qui se commet en excitant les autres à dire ce qui devrait être secret. Il y a encore la faute de manifester ce qui devait rester caché. De là naissent les discordes, les inimitiés, les médisances et une foule d'autres inconvénients. Vois, mon fils, de combien de maux la langue peut devenir l'instrument. C'est donc avec raison que mon Apôtre l'appelle un mal inquiet , plein d'un venin mortel , un feu qui brûle indistinctement tout ce qu'il touche. Ce n'est pas sans raison qu'elle a été comparée à une bète féroce; comme une bête féroce dans sa cage , elle a été placée dans la bouche , et la bouche est fermée par les dents et par les lèvres, comme pour signifier que, quand la langue doit sortir par des paroles , il faut que la porte lui soit ouverte par la raison qui est sa gardienne , et que s'il est besoin de se taire , la même raison doit la tenir renfermée, pour l'empêcher de répandre son venin et de faire du ma! à un grand nombre.

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