OBSERVATION III
Fièvre typhoïdé, convalescence, rechute, mort par perforation le quarante-neuvième jour.
(Murchison, obs. XVIII).
W. B..., vingt-quatre ans, admis le 29 août 1864, le quinzième jour d’une attaque de fièvre typhoïde. On nota comme symptômes après l'admission la pyrexie avec de
nombreuses taches rosées; lasgue sèche, rouge et fendue; abdomen distendu, diarrhée avec une hémorragie modérée ; esprit agité; bronchite généralisée et pneumonie à la base du poumon droit.
Le 16 septembre (trente-troisième jour), il était tout à fait convalescent, et il continua à aller mieux jusqu’au 26 septembre où il eut un retour de pyrexie et de diarrhée. Le 30 septembre, de nouvelles taches rosées apparurent. A 11 heures du soir, le 1* octobre, des symptômes de péritonite aiguë survinrent subitement et se terminèrenf par la mort au bout de deux jours.
Autopsie. — Péritonite genéralisée, 2 litres de liquide fécal dans le péritoine. Deux larges perforations ovales dans l’iléon, l’une à 35 centimètres au-dessus de la valvule mesurant 19 millimètres sur 10, et la seconde à 60 centimètres au-dessus de la valvule, mesurant environ 8 millimètres sur 5. Tout près dela valvule, se trouvait une ulcération étendue en voie de cicatrisation. Au-dessus d’elle, on rencontrait de nombreuses ulcérations dont la base était formée par les fibres musculaires transverses, et encore plus haut à 90 centimètres environ au-dessus de la valvule, les glandes étaient distendues par une matière opaque, jaunâtre, de formation récente. La rate pesait 420 grammes.
OBSERYATION IV
Fièvre typhoïde, convalescence, rechute, perforalion du côlon, le soixante-treizième jour, adherence de l'intestin perforé à la vésicule biliaire, mort le quatre-vingt-quatorzième jour. (Murchison, obs. XXXIT).
S. W..., quarante-huit ans, tomba malade le 5 février 1872, et le 13 février fut admis au London Fever Hospital, où il resta jusqu'au 5 mars, époque à laquelle il sortit convalescent. Parmi les symptômes notés au Fever Hospital, on remarquait la langue sèche et rouge, l'abdomen distendu, la diarrhée, le délire et les taches rosées. Le 23 mars (quarante-huitième jour), il fut repris de pyrexie et de diarrhée, et le 3 avril (cinquante-neuvième jour), il fut admis dans mon service à Saint-Thomas’s Hospital. Il était alors abattu et amaigri ; langue sèche et brune, beaucoup de délire ; diarrhée persistante et sensibilité dans la région du cæcum. Au bout de quelques jours, la fièvre diminua et les symptômes généraux s’améliorèrent, cependant il n’y avait pas de convalescence réelle, et le 18 avril (soixante-quatorzième jour), il fut subitement pris de douleurs aiguës à l’épigastre, respiration thoracique et rapide. Ces attaques se reproduisirent plusieurs fois ; la région hépatique devint très sensible, et le malade retomba dans un état typhoïde, mais n'eut ni frissons ni sueurs nocturnes. Il mourut le 8 mai (quatre-vingt quatorzième jour) ; plusieurs jours avant la mort, les extrémités étaient froides, livides, et la température au-dessous de la normale, 36 degrés.
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Autopsie. — Nombreuses ulcérations typhoïdes pour la plupart cicatrisées à la partie inférieure de l’iléon. Récente périhépatite de la face supérieure du foie. La courbure hépatique du cèlon était adhérente à la vésicule biliaire ; un abcès de la grosseur d’une cerise occupait le point d’adhérence. Sa surface muqueuse correspondant à la vésicule biliaire était intacte, mais celle du côlon était ulcérée, et paraissait avoir ête le siège d’une perforation communiquant avec l’abcès.
OBSERVATION V (Bucquoy, France médicale, 15 novembre 1879).
Un homme de quarante-cinq ans (malade observé pendant l'épidémie de 1876), en traitement à l'hôpital du Midi pour une blennorragie, fut atteint d’une affection aiguë dont on ne détermina pas la nature, et qui fut d'abord considérée comme insignifiante. Au bout de quelque temps, la maladie, se prolongeant, parut assez sérieuse pour qu'on transférât le malade à Cochin.
À son entrée dans mon service, il ne présentait plus de fièvre ; on constatait seulement quelques râles sous-crépitants dans les poumons, surtout à droite ; l’état général était bon, l’appétit commençait à revenir, en un mot le malade semblait convalescent. Mais le 6 décembre, un mois environ après le début, il était repris de fièvre avec exacerbations vespérales bien accusées; perte d’appétit, diarrhée, faiblesse extrême. L'hypothèse d’une tuberculisation pulmonaire était démentie par l'intégrité absolue des sommets.
Le 14 décembre, on constatait des taches rosées lenticulaires dans le dos; la température du soir dépassait 40 degrés.
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À partir du 15, nous le vimes tomber dans une adynamie complète; son ventre se ballonna un peu, mais sans sensibilité à la pression, la diarrhée augmenta, les selles devinrent involontaires.
Le 20 au soir, la température s’éleva à 410,8, et le malade expira le lendemain.
À l’autopsie, nous constatâmes une distension exagérée du gros intestin et des traces manifestes de péritonite ancienne caractérisée par des adhérences autour du cæcum et du côlon ascendant. L’intestin une fois ouvert, nous reconnûmes deux séries de lésions : en premier lieu sept ou huit plaques épaisses, blanchâtres, formant un relief appréciable sur la surface muqueuse, et constituées par des plaques de Peyer cicatrisées en voie de réparation; et en second lieu, au milieu de ces plaques, d’autres encore ulcérées, avec l’escarre jaunâtre qu’elles présentent avant l'élimination ; ces plaques occupaient, comme les premières, la deuxième portion de l'intestin grêle. A3 centimètres au-dessus de la valvule iléo-cæcale, on remarquait une ulcération circulaire de la largeur d’une pièce de 50 centimes, offrant un bord épais, taillé à pic, noirâtre et bien marqué; un peu plus haut, à 20 centimètres du bord libre de la valvule, une perforation d’un diamètre à peu près égal, répondant aux adhérences signalées plus haut, dont les bords, formant un relief noirâtre également cicatrisé, indiquaient une lésion ancienne et qui remontait certainement à la première phase de La maladie.
Ainsi, voilà un cas bien constaté de perforation qui n'avait déterminé qu'une péritonite circonscrite, latente, dont les symptômes avaient échappé à l'observation, et qui n'aurait pas empêché la guérison si une rechute de la fiévre typhoïde n’avait déterminé la mort du malade.