‹ De la Perforation Intestinale: Dans les Rechutes de Fièvre TyphoïdeChapitre 9 sur 18 · OBSERVATION VIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION VIII

(In Reunert, Deut. med. Wochenschrift, 1889)

Jeune fille ayant eu une fièvre typhoïde grave. Après huit jours d’apyrexie, survint une rechute. Au quatorzième jour de cette nouvelle maladie, la malade se plaignit brusquement de douleurs violentes dans la moitié droite de l'abdomen; il survint rapidement du collapsus avec pouls à peine sensible, accélération de la respiration et chute de la température de 1°. Le ventre n’était pas très tuméfié, l'épigastre un peu ballonné, la matité hépatique de deux travers de doigt seu— lement. La malade eut pendant trois jours des phénomènes très accusés de péritonite. Les symptômes observés, mais surtout la diminution de la matité hépatique, rendaient le diagnostic de perforation comme très probable. L’autopsie confirma le diagnostic. À côté d’une péritonite diffuse, il y avait des ulcérations typhiques nombreuses dans l'iléon et arrivées à la période de cicatrisation. Quelques-unes de ces ulcérations apparaissaient comme des ulcérations de date plus récente, à bords taillés à pic et avec un fond irrégulièrement granuleux. La paroi intestinale était très amincie en ces points, et l’iléon prenait à travers la sérosité une teinte bleuâtre. Tout près de la valvule il y avait, au niveau d’une ulcération, une perforation de la grosseur d’une tête d’épingle; par la pression on en faisait sourdre une petite

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quantité de matière semi-liquide. A l'ouverture de la cavité abdominale, il n’y avait aucun gaz. Il faut bien admettre là qu'il y avait un agglutinement de l’orifice par une anse intestinale voisine qui fut rompue par la recherche du lieu de la perforation. Le foie était repoussé en haut et touchait partout les côtes. Le tympanisme, trouvé à la place de la matité nor— male du foie, était produit par l’estomac fortement distendu et atteignant l’hypochondre droit.

OBSERVATION IX (personnelle)

(Prise par M. Bonnet, service de M. Colrat)

B. V., âgé de treize ans et demi, entré à Sainte-Aline, le 5 décembre 1890, décédé le 12 janvier 4891.

Rien à noter dans les antécédents héréditaires ou personnels. Est malade depuis quatorze jours. Début par abattement profond. Céphalée. Epistaxis trois jours après. Diarrhée légère au début, mais pas de douleurs abdominales bien vives.

Ou constate à l'entrée les signes habituels de la fièvre typhoïde : céphalée, somnolence, soif assez vive, langue sale, un peu sèche ; plaques nacrées sur les gencives, etc. Palpation abdominale non douloureuse ; pas de gargouillement, pas de météorisme. Il n'existe pas de taches rosées. Diarrhée peu marquée, mais fétide. Albumine dans les urines. Congestion pulmonaire intense; toux très fréquente, peu d'expectoration. Bains à 28° quand la température dépassera 39°,5.

Marche régulière de la maladie. Congestion pulmonaire disparue rapidement. État général très bon.

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Le 24 décembre, on permet des aliments solides, du poulet.

Le 29 décembre, le malade considéré comme convalescent est autorisé à sortir.

Le 2 janvier, le malade se plaint d’abattement et de constipation; la peau estun peu chaude.

3 janvier, la température est élevée. Aspect typhique : langue sale, etc.; mais pas de douleurs abdominales, pas de météorisme. Diète liquide.

Du 4 au 10 janvier, la température reste élevée, malgré le sulfate de quinine. On n’ose donner des bains à cause du froid intense et de quelques râles de bronchite aux deux bases.

Le 10 janvier, à 10 heures du soir, douleurs très vives dans l'abdomen.

Le 11 janvier à 1 heure du matin, vomissements et douleurs très vives. Le matin, les vomissements et les douleurs continuent ; vomissements verdâtres ; l’état général est mauvais, le pouls petit, le facies grippé. La température est de 40°,2.

12 janvier. Les vomissements ont continué depuis la veille. L'état général est très grave. Le malade meurt à

4 heures du soir.

Autopsie. — Un peu de liquide louche dans le petit bassin, avec des exsudats fibrineux dans ce liquide ainsi que sur les feuillets pariétaux et viscéraux du péritoine.

Au premier abord, il semble que l'intestin ne présente aucune lésion, et que les plaques de Peyer apparaissent seu lement sous l'aspect de la peau d’une barbe récemment faite. Mais en examinant plus attentivement la surface de l'intestin, on découvre sur la valvule iléo-cæcale une ulcération lenti culaire pour la forme et les dimensions, et qui ne paraît pas

MODE dépasser en profondeur la couche musculaire en raison de l'aspect rougeâtre et de l'épaisseur que présente le fond de cette petite ulcération.

À 10 ou 12 centimètres plus haut, dans l'intestin grêle, on trouve une deuxième ulcération un peu plus petite que la précédente, mais paraissant plus profonde, avec des bords qui ne sont pas très nets et d’aspect plus jaunâtre. (Elle est enlevée pour être examinée sur des coupes après durcissement).

En remontant encore plus haut dans l'intestin, on trouve une troisième ulcération un peu plus grande que les prècédentes, mesurant environ 1 centimètre dans son plus grand diamètre qui est transversal, et tout au plus un demi-centi- ‘ mètre dans l’autre sens. Toutefois, lorsque l'intestin repose sur la table, les deux bords de l’ulcération se touchent, et il semble qu’elle n’existe pas. Mais lorsque l’on étend l'intestin, on voit parfaitement cette ulcération dont les bords sont à pic, et dont la base se présente sous la forme d’une membrane perforée au centre, de manière à laisser passer la tête d’une épingle. Une des extrémités de cette ulcération en forme de ganse présente sur le bord de la muqueuse quelques points jaunâtres qui sont peut-être des parties nécrosées non éliminées, mais Je fond de l’ulcération est absolument détergé. Du côté du péritoine, on remarque des exsudats fibrineux assez abondants au voisinage de l’ulcération.

Aucune autre ulcération sur l'intestin.

Congestion très prononcée des poumons, que nous n'avons

pas vus.

Les autres organes auraient été (rouvés sains.

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