‹ De la péricardite blennorrhagiqueChapitre 18 sur 30 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Observation publiée par M. Lacassagne.)

Tabarau (Alexis), sapeur au 2° génie, âgé de 21 ans, entre le 48 juillet 4871 à l'hôpital Saint-Éloi. Il est couché dans le service de M. Lacassagne au n° 16 de la salle Saint-Barthélemy. C'est un garçon d’une bonne constitution; jusqu’à l'époque de la campagne de 1870-1871, il s’est toujours bien porté, sauf quelques

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chaudepisses qui n’ont jamais amené de complications articulaires ou autres. Pendant sa captivité en Prusse, il a eu une pneumonie, des fièvres intermittentes et de la dysenterie. Sous l'influence du froid humide il a ressenti quelques douleurs articulaires, c’est la seule fois qu’il a pu constater des douleurs rhumatoïdes. Dès sa jeunesse et avant sa captivité, il était sujet à éprouver quelques palpitations quand il courait ou montait trop vite un escalier.

Tels sont les antécédents qu'il raconte à son entrée à l'hôpital.

À ce moment, il avait une assez forte diarrhée qui attire tout d’abord l'attention. Mais, deux jours après, il accuse de vives douleurs constrictives en barre, à la base de la poitrine, et une sorte d'angoisse précordiale.

La position horizontale est impossible, le malade reste assis sur son lit.

Dans la poitrine, il n’y aqu’un peu de bronchite. Pour le cœur, on sent à la palpation un frémissement caractéristique ; la matité est plus étendue et enfin on entend un bruit de rappel ou de galop parfaitement accusé. Le bruit systolique était normal (peut-être un peu soufflé), le second bruit était un frottement port-systolique occupant le petit silence, le troisième bruit était le son normal.

Il y avait en même temps de la céphalalgie et de la fièvre. Température : 39° 3. Le pouls plein, résistant : 406 pulsations. La maladie évolue régulièrement, de temps en temps quelques accès de palpitation. Syncope. Le premier jour on appliqua quelques ventouses scarifiées, puis on donna des calmants et un peu de digitale.

Le 25, le malade est définitivement mieux : la température est redevenue normale : 37° 2. À la visite, il nous apprend qu'il a constaté le matin en s'éveillant un écoulement blennorrhagique assez abondant. Et alors il raconte, pour la première fois, quil avait la chaudepisse avant son entrée à l'hôpital, c’est-à-dire le jour même, où a commencé sa maladie. Pendant tout le temps de la péricardite, il n’a pas trouvé la moindre trace d'écoulement (rien sur sa chemise, sur ses draps) et le 25 au matin il a été très étonné de le voir reparaitre.

À partir de ce moment, les signes de la péricardite ont complètement disparu et la chaudepisse a évolué régulièrement.

ai, 7e

Sans avoir au cœur des signes stéthoscopiques appréciables, le malade est toujours sujet aux palpitations. L'organe central est tel que nous l'avons constaté le jour de son entrée à l'hôpital, le 19.

6 août. — À 2 heures de l'après-midi, il ressent de violentes palpitations. Celles-ci durent toute la nuit et empêchent le somineil; elles ne disparaissent que le 7 au matin. Pendant ce temps, l'écoulement blennorrhagique s’apaise.

LeT,à la visite du matin, l'écoulement est insignifiant, quelques palpitations comme hier. Digitale en potion. Le 8, submatité à la percussion dans la région précordiale; à l’auscultation, le premier ton est légèrement soufflé. Écoulement presque nul.

Bromure de potassium : 1 gr. 50.

Digitale.

Le 10, on commence les injections uréthrales; les palpitations sont moins fortes.

Cet état s'améliore chaque jour, et le 15, le malade va en convalescence.

L'examen complet fait ce jour-là montre l'écoulement à peu près tari. Du côté du cœur, pas de palpitation. A la percussion, rien d’anormal ; à la palpation, on sent surtout le bruit systolique et l’auscultation montre celui-ci un peu éclatant.

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