‹ De La Péricardite Séro-Fibrineuse TuberculeuseChapitre 13 sur 44 · PARACENTÈSE ÉVACUATRICE DU PÉRICARDE SUIVIE D'INJECTION DE GAZ · texte numérisé non relu

PARACENTÈSE ÉVACUATRICE DU PÉRICARDE SUIVIE D'INJECTION DE GAZ

Le premier péricarde artificiel semble avoir été réalisé, de façon bien involontaire, d’ailleurs, par Aran en 1855 : à la suite du lavage du péricarde par une solution iodo-iodurée, de l'air pénétra dans le péricarde et Aran constata chez son malade les signes d’un hydro-pneumo-péricarde avec sonorité tympanique et gargouillement.

Peut-être nous sera-t-il permis de supposer que cette injection d'air involontaire ne fut pas étrangère à l’heureux résultat obtenu par Aran.

A la suite des travaux de Potain, puis des Professeurs Achard et Vaquez sur le traitement des pleurésies séro-fibrineuses à grand épanchement par les injections d'air, on pensa appliquer cette méthode au traitement des péricardites tuberculeuses. En effet dans les pleurésies l'injection d'air modère la reproduction du liquide ; elle le tarit plus vite ; elle atténue le processus tuberculeux de sorte que des pleurésies hémorragiques ou séro-purulentes font place assez rapidement à des épanchements clairs el citrins.

S’inspirant de ces travaux, Weckenbach tenta en

G, Corneau 3

1910, dans un cas de péricardite tuberculeuse à grand épanchement hémorragique l’insufflation du péricarde après ponction évacuatrice. Il espérait ainsi empêcher la reproduction du liquide; le résultat ne fut qu’à demi encourageant ; malgré .des injections d’air successives dans le péricarde, l’exsudat tuberculeux se reproduisait, d’une façon, plus lente sans doute, mais huit mois après la première injection. Weckenbach pouvait constater que le péricarde très épaissi contenait encore du liquide.

La même année, en juin 1910, Geselschap, de Groningue, obtenait cependant par cette métbode un résultat plus favorable. | ù

Il s'agissait d’un malade atteint de tuberculose pulmonaire avec péricardite à grand épanchement.

Une ponction du péricarde permit d'extraire 1.200 grammes de liquide : on interrompit l’évacuation, une hémoptysie brusque étant survenue.

Une deuxième ponction fut par la suite pratiquée : elle permit d’évacuer 1,100 grammes de liquide séro-sanguinolent ; elle fut suivie d’une injection d'air stérilisé de 550 centimètres cubes dans le péricarde,

Ce pneumospéricarde a paru agir d’une façon salisfaisante. Les ponctions ont pu être supprimées et le malade a guéri sans paraître présenter de RESTES cardiaque.

L'année suivante Alexander tenta des essais expérimentaux de pneumo-péricarde dans le but d'éviter la production d’adhérences si fréquentes et qu'il

estime à 58 0/0, à la suite de Éénearafe Il provoqua des inflammations séro-fibrineuses chez des chiens et tenta ensuite par l’insufflation de séparer les deux feuillets. Ces essais aboutirent à des insuccès, peutêtre par suite d'un défaut de technique entraînant la production consécutive d’un pneumo-thorax.

Ces tentatives permirent néanmoins à Alexander de iriompher des objections qu’on lui faisait : à savoir si les injections d'air dans le péricarde ne risquaient pas d'imposer une courbure dangereuse aux gros vaisseaux de la base du cœur. :

Le pneumo-péricarde thérapeutique fut tenté en France pour la première fois par MM. P.-E. Weil et Loiseleur en 1916. Ils traitèrent par cette méthode un enfant de 14 ans atteint d'une péricardite tuberculeuse à grand épanchement et le résultat obtenu fut un « si beau succès que les auteurs voudraient « le voir adopter de façon courante à la thérapeutique « de cette affection grave ».

Cet enfant présenta en mars 1916, une infection qualifiée de grippe avec broncho-pneumonie et signes de défaillance cardiaque. En juin 1916 le diagnostic de grand épanchement péricardique avec cirrhose cardio-tuberculeuse fut posé par P.-E. Weil, con- firmé par la radioscopie.

On fit une première séance de paracentèse pratiquée d’abord par le procédé Marfan (40 centimètres cubes de liquide hémorragique) puis par la voie axillaire qui permit de retirer un litre de liquide ; mais le liquide se reproduisit rapidement: neuf jours

après une ponction permit deretirer 900 centimètres cubes de liquide séro-purulent (purée de pois). On injecte alors 500 centimètres cubes d'air.

A la suite de ce pneumo-péricarde le liquide se reproduit avec plus de lenteur, redevient clair et citrin.

Une semaine après cette première injection on retire 350 centimètres cubes ‘d’un liquide clair sérosanguinolent au lieu de go0o centimètres cubes de liquide séro-purulent.

On injecte 300 centimètres cubes d'air et l’examen radioscopique pratiqué alors montre que l'ombre péricardique est devenue claire, mais on constate sur le bord droit du cœur une poche liquide au niveau de l'oreillette droite. Une troisième ponction est alors pratiquée sous le contrôie de l'écran, avec une longue aiguille de Tuffer qui, passant par la voie épigastrique, va en arrière du cœur aborder le bord droit de la poche. On en retire 4o centimètres cubes de liquide citrin et on injecte 40 centimètres cubes d'air. A la suite de l'injection toute la cavité péricardique est devenue claire.

A la suite de cette ponction l’état général et local de l'enfant s'améliore. Les ponctions, suivies d’une injection d'air égale à la quantité de liquide retirée peuvent êlre espacées.

Après la deuxième injection d'air on retire 400 centimètres cubes au bout de quinze jours.

Après la troisième, 900 centimètres cubes au bout de cinq semaines.

Après le quatrième, 7950 ceutimètres cubes au bout de cin4 semaines.

L'enfant guérit de sa péricardite tuberculeuse, mais l'existence d’une cirrhose cardio-tuberculeuse contraint M. Weil à faire des réserves sur l’évolution ultérieure de la bacillose.

En 1916, Th. Begtrup Hausen publie également un résultat favorable. A la suite de trois ponctions du péricarde suivies d’injections d’air dans un cas de péricardite séro-fibrineuse tuberculeuse, consécutive à une pleurésie, il obtint la guérison clinique de son malade. Ce dernier ne présentait aucun signe de svymphyse sterno-péricardique et était capable, l’année suivante, d'effectuer quatre à six heures de travail par jour.

Plus récemment, M. Alfred Martinet pratiqua en 1921 une injection de 300 centimètres cubes d'air dans un cas de péricarditeavec épanchement vraisemblablement tuberculeux (liquide extrait par ponction donnant une formule cytologique à prédominance lymphocytaire). Ce pneumo-péricarde thérapeutique ne donna lieu à auçgun incident notable et, d’après l’auteur, fut suivi d’un résultat tout à fait satisfaisant.

MM. Troisier, Jacquelin et Gayer ont communiqué à la Société Médicale des Hôpitaux de Paris en 1923, un cas de péricardite tuberculeuse à grand épanchement traitée par le pneumo-péricarde artificiel. 11 s’agit d’une malade de 29 ans qui en 1920 présenta une première atteinte de tuberculose avec

: DT pleurésie séro-fibrineuse, Au mois d'avril 1921, après une longüe période fébrile, on constate chez cette femme une péricardite avec épanchement. Neuf ponctions évacuatrices sont pratiquées : les quanlités de liquide retiré oscillent entre 350 et 700 centlimètres cubes ; ce liquide séreux, hémorragique fut inoculé à 5 cobayes : l’un d'eux présenta au bout de trois semaines des lésions de tuberculisation manifestes. Devant l'impossibilité de tarir le liquide par simple paracentèse le 3 décembre 1921, après évacuation de 350 centimètres cubes de liquide péricardique, on injecte une quantité égale d'azote ; cette seule injection suffit à assécher la plèvre, Huit mois après l’épanchement péricardique ne s'est pas reproduit. Une ponction blanche et la radioscopie en témoignent.

Malheureusement les lésions bacillaires évoluent sur les autres viscères. Et après des poussées ascitiques et pleurétiques gauches, la malade meurt le 9 décembre 1922 d’une poussée septicémique consécutive à une bartholinite avec adénite inguinale. Autopsie. — Le péricarde ne contient pas de liquide ; sa paroi n’est que faiblement augmentée de volume mais il existe une symphyse assez lâche, se laissant décoller au doigt, entre le feuillet viscéral et le feuillet pariétal.

Le D' Mariano Castex fit en 1921 un pneumo-péricarde à l'Hôpital Durand de Buenos-Aires dans un cas de péricardite tuberculeuse à épanchement sérohémorragique. Il s’agit d’une femme de 95 ans,

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alteinte de polysérite bacillaire chez laquelle M. Mariano Casiex pratique 6 paracentèses suivies d’injections d'oxygène de volume sensiblement égal à la moitié du liquide évacué. Au hout de quaire mois la malade se trouvant bien, quitte l’hô. pital. Le résultat désiré a été obtenu dans une cer. taine mesure puisqu'il a réussi à enrayer l’évolution progressive de la péricardite, mais les lésions bacillaires ont continué à évoluer.

Le malade que nous avons observé avec M. le Docteur Lian était âgé de 33 ans. Bien portant jusqu’à l’âge de 20 ans il contracte successivement au service militaire la dysenterie et le paludisme, À la suite d’une crise de paludisme en septembre 1922, le malade a maigri de 5 kilogrammes environ en deux mois ; une dyspnée progressivement croissante s’est installée et il interrompt son travail pour venir consulter à l'Hôpital Tenon. Il se plaint d’une douleur en ceinture à la base thoracique ; la dyspnée est assez marquée (30 inspirations par minute). L'examen des poumons ne permet pas d'expliquer ce point de côté, ni cette dyspnée. Par contre la matité de l'aire cardiaque est sensiblement augmentée : elle couvre presque entièrement l’hémi-thorax gauche ; les bruits du cœur sont un peu sourds. On constate l'existence d’un pouls radial paradoxal. En présence de cette triade de symptômes M. le Docteur Lian soupçonne l'existence d'une péricardite avec épanchement. L'exaclitude de cette hypo-

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