‹ De La Péricardite Séro-Fibrineuse TuberculeuseChapitre 31 sur 44 · OBSERVATION X · texte numérisé non relu

OBSERVATION X

Péricardite tuberculeuse à très grand épanchement. Péricardo-

tomie, drainage aux crins. Insuccès, par MM. Tavernier et Serr.

MM. Tavernier et Serr, présentent une pièce de péricardite tuberculeuse suppurée à grand épanchemernit qui montirent un énorme épaississement du péricarde dont la face séreuse est recouverte de fibrine granuleuse.

Le malade intoxiqué par les gaz le 24 septembre 1917, avait présenté de la malilé précordiale avec assourdissement des bruits du cœur dès le 14 octobre. Il avait en mème temps une pleurésie double pour laquelle il subit plusieurs thoracentèses. Il présentait à la fin de novembre les signes d'un épanchement péricardique très volumineux. la matité occupant toute la zone antéro-latérale de l'hémi-thorax gauche coïacidant à la radioscopie avec une ombre cardiaque énorme sans battement. L'épanchement était relativement bien toléré sans trop de dyspnée ni d'accélération du pouls

Néanmoins devant le déclin progressif de l'état général,

l'évacualionde lépanchement fut décidée le 4 décembre.Une

tentative de ponction échoua enfoncée à 3 ou 4 centimètres de profondeur dans le cinquième espace intercostal l'aiguille animée de battements ne ramenait aucun liquide.

La péricardotomie après résection du cinquième cartilage costalen montra la raison dans l'épaisseur énorme du péricarde ; elle évacua une très grande quantité de liquide séreux légèrement teinté de sang.Drainage aufaisceau de crins qui fut supprimé au bout de quelques jours car rien ne coulait. L’'épanchement se reproduisit peu à peu, la radioscopie montrait un hydro-pneumopéricarde avec bulle gazeuse et niveau liquide agité par les mouvements du cœur. En même temps l’état général déclinait,.

Le volume de l’épanchement etla petitesse du pouls pousserent à une ponction qui évacua 2.000 grammes de séropus. La mort survint sept heures après. A l’autopsie le péricarde contenait encore 500 grammes de pus.

Des granulations tuberculeuses étaient éparses sur les

plèvres et le péritoine.

Le cas n’est pas en faveur de la péricardotomie qui fut faite à cause de l’échec de la ponction toujours un peu angoissante. Après évacution de-l’'épanchement nous hésitions à refermer le péricarde de crainte de récidive ou à le drainer de crainte d'infection. Le drainage momentané aux crins n'évita ni l’un ni l’autre de ces inconvénients : il n’a pas fonctionné à cause de sa situation au point le plus élevé de sa séreuse dans le décubitus dorsal, il est pourtant probablement responsable de l'infection atténuée qui a évolué par la suite. La ponction répétée paraît donc préférable, et si un premieréchec conduisait à une incision, il vaudrait mieux croyons-nous, la suturer après évacuation de l'épanche-

G. Corneau 7

ment, quitte ensuite si l'épanchement se reproduisait, à ponc:

tionner cette fois à coup sûr.

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