RÉ
pratiquer la ponction du péricarde. Nous estimons que cette ponction ne peut être faite qu'au bistouri à ciel ouvert.
Péricardotomie immédiate. — Malade en position demiassise. Angsthésie locale (novocaïne-adrénaline). Procédé de Délorme et Mignon. |
Le champ opératoire est de l'étendue d’une piècede5 francs On aperçoit dans le fond de la plaie les follioles graisseuses pré péricardiques.
Libération dupéricarde dont l’amarrage à la pince est diflicile, en raison de sa tension et surtout de son épaisseur et n'est réalisée seulement qu'à la quatrième tentative. Incision du sac péricardique sur une étendue de 3 centimètres : il a l'épaisseur d’un faux col. Ecoulement de 40 grammes de liquide séro-hématique. En raison de cette fuible quantité, soupçonnant un épanchement cloisonné postérieure, on introduit l'index dans la cavité péricardique et on fait le tour de la base du cœur, d’abord en avant, puis en arrière. Il s'écoule à chaque exploration plusieurs jets de liquide mélangés de membranes fibrineuses (en tout 70 à 8o grammes).
Bien qu’anesthésie localement à la novocaïne, le malade n’a éprouvé aucun trouble au moment de ces manœuvresde cardiolyse intra-péricardique. On passe un seul point de suture lâche au milieu de la brèche péricardique, laissant à chaque extrémité deux orifices béants pour l'écoulement ultérieur du liquide. Suture des plans flbreux sous-cutanés et de la peau sans drainage,
L'examen cytologique du liquide prélevé au moment de l'opération a donné « Hématies nombreuses, quelques rares cellules endothéliales. Lymphocytes prédominants sur
polynucléaires dans la proportion de 65 à 55 ».
Suites au point de oue opératoire. — Pansement le troisième jour, assez abondamment imprégné de liquide sérohématique. A
Fils enlevés le septième jour. Cicatrisation per primam. Le malade quittera notre service le dixième jour pour retourner dans celui de M. de Lavergne qui dirigera le traitement médical sur lequel nous n'insistons pas. :
Au point de vue fonctionnel : opération bien supportée. Il n’y aura plus de menaces syncopales. La. dyspnée, accusée le soir de l'opération et ies trois jours suivants (entre 4o et 45 respirations) disparaîtra progressivement et la respiration sera normale le dixième jour.
La température, qui atteint 40%, le soir de l'intervention, descendra progressivement à 38 degrés le sixième jour pour remonter pendant dix jours en raison de complications séreuses {arthrite du coude, pleurésie double, péritonite et ascite). Le pouls suivra la marche de la température : maintenu autour de 130-140 pendant quatre jours il descendra à 100 le septième jour, pour remonter vers 120, et ne retrouvera son équilibre qu'au bout de deux mois, après de nombreuses menaces de défaillance (myocardite). L'épanchement péricardique se drainera les premiers jours par transsudation dans le pansement et ne se reproduira pas, tout au moins de façon perceptible, à l'auscultation.
Au sixième jour : bruits du cœur normaux, réguliers, légèrement assourdis, sans frottements.
Cet assourdissement disparaîtra le dixième jour. Radioscopie le huitième jour «l'ombre péricardique est normale au niveau de la pointe, mais un peu accrue dans le sens transversal au niveau de la baseët empiète légérement sur
le bord droit du sternum. »
L'auscultation au bout de trois mois donne « souflle mésosystoliqüe et méso ou télésystolique de la pointe, donc à préciser morganique ; symphyse péricardique plus ou moins complète. Dyspnée d'effort,
Complications. — Alors que l'orage péricardique s'éteignait progressivement, des complications diverses survenaient.
19 Rénales. — Néphrite intense l’albuminurie atteint 9 gr. 4o le quatrième jour et 11 grammes le septième jour, obligeant à une saignée de 300 grammes. Cette albuminurie disparaît rapidement. La diurèse a toujours été abondante
ot Séreuses. — Le 12 janvier, pleurésie gauche (300 grs.) liquide hémorragique dont la formule se superpose à celle
du liquide péricardique :
Hématies Polynucléaires 30 Lymphocytes 70
Pas de bacille de koch
Le 15 janvier, pleurésie droite peu abondante avec congestion sous corlicale.
Le 16 janvier, arthrite séreuse du coude qui rétrocède en une semaine.
Le 20 janvier, péritonite avec épanchement,.
G. Corneau 3