OBSERVATION XIV
Un cas de péricardite tuberculeuse à grand épanchement, traitée et guérie par péricardotomie sans drainage,
par H. Rouvillois, 1921.
Homme entre au Val de Grâce le 15 décembre 1919, pour bronchite, et fièvre, (anorexie, amaigrissement, dyspnée), En février 1920, il présente des signes de congestion pul-
monaire double avec épanchement pleural gauche.
er mars. — Bruit de frottement dans la région méso-cardiaque.
12 mars. — Signes d'épanchement péricardiques nets,
Radioscopie : l'ombre cardiaque augmentée de volume, la pointe du cœur n’est pas visible.
Dans la soirée violente crise de dyspnée qui inquiète son médecin. ;
On décide la péricardotomie qui est faite le 13 mars.
Anesthésie locale. Procédé de Delorme et Mignon.
Péricardotomie. — Un litre environ de liquide sérohématique, la face interne du péricarde est recouverte de nombreuses granulations qui ne laissent aucun doute sur la nature tuberculeuse de la lésion.
Pas de suture du péricarde, mais suture totale et aussi serrée que possible des plans superficiels sans aucun drainage,
Suites opératoires simples.
À signaler quelques jours après l'opération une tuméfac-
tion douloureuse de la région droite du cou et du creux
sus-clavisculaire -du même côté qui finit par se résoudre
peu à peu.
Dans les jours qui suivent l'intervention Je malade est très nettement amélioré, les bruits du cœur qui avant l'opération étaient à peine perceptibles sont nettement entendus et la dyspnée est beaucoup moins vive. Cette amélioration des troubles cardiaques fonctionnels, n’empêche pas malheureusement les lésions tuberculeuses d’évoluer ailleurs et à la date du 30 avril, M. Rieux a constaté l'existence d’une pleurésie double à moyen épanchement et d’une péritonite avec ascite.
Au cours des mois suivants, toutes ces lésions cessent d'évoluer et regressent sensiblement.
31 août. — M. Rieux constate l'existence d’une sym-
physe péricardite totale, ainsi que le reliquat des lésions
pleurales et peritonéales qui sont la signature tuberculeuse de l'affection.
L'état général s'améliore et le malade peut sortir de l'hôpital à la date du 17 septembre.
Quelques semaines après son départ M. Rouvillois recevait une lettre de lui dans laquelle il disait que son état
s’améliorait toujours et que ses forcesrevenaient peu à peu.