HISTORIQUE
La péricardite tuberculeuse fut de toustemps considérée comme une affection grave, dont le pronostie apparaît redoutable ; un des facteurs de cette gravité consiste essentiellement dans la difficulté du diagnostie ; ou bien,on méconnaît la péricardite chez un tuberculeux avéré en attribuant ses troubles dyspnéiques à ses lésions pulmonaires ou à une pleurésie de la base gauche; ou bien la lésion périearditique est la seule manifestation de la tuberculose chez un sujet en apparence indemne de bacillose ; des hésitations se produisent et si l’on intervient trop tardivement, à part quelques exceptions heu-
. reuses, le malade se fatigue, s’anémie et peut géné-
raliser sa lésion tuberculeuse d’abord unique.
Quel que soit le mode de traitement employé, il doit donc être, comme dans toute tuberculose, très précoce.
Cette condition est rendue difficile par la latence souvent constatée des péricardites tuberculeuses. De nombreux auteurs ont insisté sur ce point.
Au début du xixe siècle, Laënnee écrivait que le diagnostic des hydropéricardes inférieurs à 500 gr. était très difficile : « Je pense, disait-il, que les épanchements tuberculeux dépassant 2 ou 3 litres peuvent être soupçonnés. »
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À une date plus récente, Thaon, rapporteur d'une candidature, citait à la gloire de l’auteur une ohservation datée de 1865 et intitulée : Un cas de péricardite tuberculeuse soupçonnée et presque diagnostiquée pendant la vie.
En 1880, Leclerc publiait un cas de péricardite tuberculeuse absolument latent en clinique.
Chez une enfant de 11 ans, morte de tuberculose généralisée, M. le professeur Sergent découvre à l’autopsie un épanchement séro-hématique de 800 gr. : aucun signe n’avait alliré l'attention du côté du cœur el la péricardite ne fut qu’une découverte d'aulopsie.
Cette absence de symptômes nels est soulignée dans les thèses de Lafabrègue, de Pelthier qui, sur 6 observations, en cite 3 dans lesquelles le diagnostic ne put être fait, faute de signes cliniques.
Et il semble que l’on puisse se rattacher à l'opinion de M. le professeur Letulle, exprimée dans son travail sur les péricardites latentes : latentes, écrivait-il, veut très nellement dire que le diagnostic était diflicile ou impossible. |
M. Blechmann rappelle qu’en 1910 au cours d’une discussion sur le diagnostic des péricardites à la Société royale de Médecine de Londres, dans les paroles des meilleurs cliniciens anglais, reviennent sans cesse Ces mots : « unsuspected, indiscovered. »
Un peu plus tard le professeur Hutinel déclarait : «Huit fois sur dix les lésions de la péricardite sont
latentes : huit fois sur dix vous passerez à côté de la péricardite. »
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Dans une observation récente que M. le professeur Sergent (à qui nous renouvelons ici l'expression de notre gralilude) a eu l’amabilité de nous communiquer, le seul signe attirant l'attention du côté du cœur élait une augmentalion de i’aire mate précordiale.M. le D' Lian signale dans le Traité de Pathologie médicale et de Thérapeutique appliquée, les erreurs de diagnostic fréquentes et parfois fatales dans les cas où l’épanchement est strictement limité à la face postérieure du sac péricardique, car dans ces cas l’augmentation de l’aire mate précordiale
est si légère qu’elle peut passer inaperçue.
Nous avons rappelé ces quelques notions historiques pour montrer l'importance d’une critique attentive de tous les signes qui peuvent attirer l’attention du côté du péricarde.
Dece diagnostic précoce dépend souvent l’efficacité du traitement.
Le malade atteint de péricardite tuberculeuse à grand épanchement, que nous avons observé avec M. le D' Lian présentait les signes cliniques les plus frustres ; M. le D' Lian a soupçoané chez lui l’existence d’une péricardite avec épanchement en constatant une augmentalion très notable de l’aire mate cardiohépalique, la présence d’un pouls dit paradoxal. La radiographie permit de porter un diagnoslic de très grande probabilité. L’étude de ce malade nous a incilé à préciser la valeur diagnostique du
pouls paradoxal.