‹ De la PéritoniteChapitre 18 sur 48 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Traitement.

La péritonite par propagation est une complication grave, nous l’avons vu, par la mortalité qu’elle entraine. Il faut donc y parer par tous les moyens que nous offre la chirurgie moderne; il faut agir et agir vite.

A. — Dans la fièvre typhoïde, il serait peut-être irèés osé de suivre à la lettre ce principe ; on se trouve, en effet, en face d’un sujet en pleine infection typhique ou en convalescence d’une maladie grave qui l’a considérablement déprimé. Ira-t-on, à l'apparition des symptômes de péritonite, le laparatomiser ? Certainement non, et c’est bien là le moment de se rappeler le primum non nocere des anciens. [Il faudra, dans ces cas, employer des moyens palliatifs : repos absolu du malade et du tube digestif ; morphine donnée sous forme de lavements laudanisés, ou en injections hypodermiques ; jamais de purgatifs, quel que soit le degré de la constipation ; faire de l’antisepsie intestinale avec

Le

2 fo te du naphtol; glace sur le ventre, en ayant soin d’interposer entre la peau et la vessie de glace une étoffe quelconque (toile, flanelle), pour éviter le sphacèle de la peau. La pratique des bains sera suspendue pendant la durée de la péritonite. Injections sous-cutanées ou intra-veineuses de sérum, selon que l’on veut agir plus ou moins vite; cette pratique aura l'avantage de combattre l'infection générale produite par la résorption des toxines au niveau du péritoine et qui est signalée dans l'Obs. 14 (myosite suppurée des muscles grand droit, infection du psoas, etc.) et dans l’Obs. 17 (sang noir, fluide, dissous). On emploiera soit la solution physiologique de Hayem, contenant du sel marin et du sulfate de soude,soitla solution simple de NaCL au 7/1,000 qu’on injecte à doses variables, 500, 1,000 grammes et plus par jour.

Enfin, dans certains cas, il sera peut-être permis de tenter l'intervention; si une péritonite survient dans le cours de la convalescence chez un malade dont l’état général soit assez bon, si la douleur plus vive en‘ un point, l'empâtement d’une région déterminée peuvent fairèé prévoir la présence d’une collection limitée, nous croyons que, toutes ces précautions réunies, on pourra aller à la recherche du pus; nous en étudierons les moyens plus loin.

B. — En face d’un malade atteint au préalable d’appendicite, d'occlusion intestinale, ou ayant recu un traumatisme violent et chez lequel se développent les symptômes d'une péritonite, quelle conduite devra tenir le chirurgien ?

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Lorsque les premierssymptômes viennent d'a pparaitre, les révulsifs divers, sangsues, vésicatoires, pointes de feu pourront être prescrits dès le début ; on pourra ajouter, en outre, lerepos, la morphine, la glace sur le ventre, mais il ne faudra pas S’attarder dans cette voie et attendre l'apparition de signes plus alarmants; il ne faut pas hésiter à prendre le bistouri, si les symptômes persistent, car le succès dépend,le plus souvent, de la rapidité dela décision.

Il faut, cependant, que le malade soit en état de supporter l'intervention, toujours grave, et c'est l’état de son cœur qu'on doit tout d’abord consulter. Les injections sous-cutanées de cafèine, d’éther, permettront,en peu de temps.au pouls de se relever, à la température de monter de quelques dizièmes de degré, aux extrémités de se réchauffer, car le malade est souvent dans le collapsus lorsqu'on décide l'intervention.

La laparotomie est le seul moÿen, soit d'enrayer une infection commençante, soit surtout de remédier à l'infection aiguë du péritoine. Nous nous bornerons à indiquer les principales règles qu'on devra suivre.

:) Dans les cas de péritonite circonscrite, surtout d'origine appendiculaire, c’est, en somme, un simple abcès qu'on a à soigner; inciser au centre même de la collection; si l’on voit l’appendice, le réséquer, sinon, ne pas s’acharner à sa recherche; on pourrait ainsi, par la rupture d’adhérences protectrices, infecter le reste de la séreuse, jusqu'alors intact.

8). Dans les cas de péritonite généralisée, faire une incision médiane, plus ou moins étendue sui-

ENT es vant les cas, ou latérale si l'on connaît la localisation primitive de l'affection ; évacuer le mieux possible la cavité péritonéale de son contenu; s'abstenir de lavages, même à l’eau bouillie, car, non seulement ils ont une action nocive sur l’épithélium péritonéal, mais aussi ils peuvent transporter l’inflammation dans des points de la séreuse qui auraient pu en être préservés; établir un drainage avec des tubes de caoutchouc dont on porte les extrémités aussi profondément que possible: ce drainage est très important ; il se fera par l’incision cutanée, et aussi par les différentes voies déclives qu'on à indiquées : voie vaginale chez la femme, voie parasacrée, enfin voie rectale que M. le professeur agrégé Jaboulay recommande dans certains cas de péritonite généralisée, d’origine appendiculaire. La plaie cutanée sera ensuite rétrécie par quelques points de suture. On fera, le jour de l’opération et les jours suivants, des injections souscutanées de sérum.

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