‹ De la PéritoniteChapitre 8 sur 48 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Physiologie pathologique.

Après avoir étudié les causes principales qui produisent la péritonite par propagation, il nous faut chercher à élucider le mécanisme de cette complication.

Les premiers auteurs qui s’occupèrent de cette variété de péritonite ne cherchérent pas à se rendre compte comment elle se développait, ou plutôt, ils trouvérent l'explication dans la théorie de l’inflammation alors toute puissante. « La péritonite, dit Bourdon, peut survenir intercurremment ou comme complication de la fièvre trphoïde, à la manière des

érysipêles ou des autres phlegmasies qui viennent si souvent la compliquer ».

Ce n’était là qu’un semblant d'explication ; nous devons, à notre époque, nous baser sur des données scientifiques plus sûres.

D'une part, nous avons une infection partie de l'intestin, de l’autre une seconde infection, celle du péritoine ; or, qui dit infection dit microbes. Ce sont

DAME CALE eux qui sont en cause. Nous allons le prouver en montrant qu'ils passent bien au travers des tuniques intestinales, puis nous éiudierons comment s’effectue ce passage.

Nepveu, le premier, voit, en 1867, des bactéries dans le liquide des sacs herniaires; ses comptes-rendus à la Société de Biologie (1875 et {883) confirment ses premières idées. — Les auteurs qui le suivent ne partagent pastous son opinion. Garré ne constate de micro-organismes dans le liquide du sac herniaire qu'une seule fois sur huit. Grawitz, Waterhouse, Paulowsky vont même plus loin; ils concluent que le passage des microbes est impossible, tant que l'intestin n'est pas perforé. Clado, en 1889, trouve dans le liquide de hernies étranglées la bactérie de l'infection herniaire (Obs. 1 et 2). Malgré cette découverte, Kraft et Ziegler persistent à nier la filtration microbienne, mais d’autres expériences, entreprises en Allemagne et en France par Bonnecken et de Klecki, démontrent la réalité des idées de Nepveu.C'est maintenant une chose admise par tous que ce passage des microbes à travers les tuniques intestinales.

Comment va s'effectuer ce passage? On pourrait, a priori, assigner trois voies aux bacilles : la voie directe, la voie sanguine et la voie lymphatique. Bonnecken se déclare partisan de la voie lymphatique;il dit que les microbes sont épars dans les tuniques intestinales, mais queles lymphatiques en sont gorgés, et qu'avec la coloration Gram on obtient une masse bleue, homogène. Pour Max Oker-

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